Table des matières

         Chapitres
  1. Emploi des contraceptifs oraux
  2. Persistance et changement de méthode
  3. Comment les médias peuvent aider
  4. Consultation concernant la pilule
  5. Mise à jour des directives
  6. Amélioration de l'accès

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série A, numéro 10
Contraceptifs oraux

Qui prend les pilules incorrectement ?

Quels que soient sa éducation, son niveau d’alphabétisation ou sa condition sociale, toute femme peut mal comprendre ou oublier les instructions concernant la pilule. L’ensemble de facteurs qui influencent la façon dont les femmes prennent les pilules varie de façon considérable dans les pays et d’un pays à l’autre (86, 94).

Le niveau de l’éducation, le revenu des ménages et d’autres facteurs sociaux peuvent prédire assez exactement l’efficacité de l’emploi de la pilule dans un pays, mais pas dans un autre (33, 94, 123, 139). En Egypte, par exemple, une étude a ob- servé que le fait de ne pas savoir lire était un élément permettant de prédire un mauvais usage de la pilule. Cependant, au Bostwana et au Zimbabwe, la même étude n’a pas pu identifier un ensemble quelconque d’indicateurs qui identifient uniformément les femmes qui emploient incorrectement la pilule (94).

Certaines études ont constaté que les jeunes femmes — les adolescentes en particulier — risquent plus que leurs aînées de prendre incorrectement la pilule (89, 94, 163). Cependant, d’autres études n’ont constaté aucune association constante entre l’âge et l’emploi approprié des CO. L’âge joue souvent un rôle de remplaçant d’autres facteurs qui exercent une influence sur la prise de la pilule, tels que l’éducation, la motivation, les effets secondaires et la façon dont la cliente perçoit la qualité de l’interaction entre dispensateur et cliente (178, 182).

La motivation qui est d’éviter la grossesse joue un rôle important dans l’efficacité de l’emploi de la pilule. Les femmes qui sont sûres de ne plus vouloir d’enfants sont en général des utilisatrices plus efficaces de la pilule que celles qui ne veulent pas actuellement tomber enceintes mais souhaitent avoir plus tard d’autres enfants. Aux Philippines, par exemple, les femmes d’un certain âge, les mères de famille nombreuse, et les femmes qui pratiquaient la contraception pour limiter les naissances au lieu de les espacer avaient les taux de grossesse les plus bas de toutes les utilisatrices de la pilule (153).

Conséquences de l’échec de la pilule

Les échecs de pilule peuvent avoir des conséquences nuisibles sur la santé des femmes et sur les sociétés et les économies. Des grossesses imprévues et des enfants non souhaités peuvent imposer de lourdes charges économiques aux femmes et à leurs familles, et interdire tout espoir de progrès (132). Dans les pays en développement, les complications associées à la grossesse, à l’accouchement et à l’avortement dangereux comptent parmi les causes principales de mort et d’incapacité des femmes d’âge fécond (144, 211). La grossesse peut avoir pour conséquences, entre autres, la stérilité, une réduction de la mobilité, une profonde anémie et une faiblesse chronique, des douleurs au bassin, une rupture de l’utérus et des fistules (53, 229).

Pour beaucoup de femmes du monde, une utilisation efficace de la planification familiale peut sauver non seulement leur vie, mais aussi celle de leurs enfants. Le million d’enfants, sinon plus, qui deviennent orphelins chaque année à la suite de la mort de leur mère courent de 3 à 10 fois plus de risques de mourir dans les deux ans qui suivent que les enfants qui vivent avec leurs deux parents (229).

Certaines femmes qui deviennent enceintes alors qu’elles prennent la pilule se font avorter. En Angleterre, 17 % des femmes qui voulaient se faire avorter employaient la pilule quand elles étaient devenues enceintes (173). En Australie, une enquête portant sur plus de 2.000 femmes qui avaient eu un avortement en 1992 a observé que 14 % d’entre elles employaient la pilule au moment de la conception (235). Lorsque l’avortement est dangereux, il a pour conséquence, entre autres, près de 80.000 morts maternelles par an et des centaines de milliers d’incapacités. En fait, dans certains pays, les complications de l’avortement dangereux causent plus de morts maternelles que tout autre facteur (243). Une utilisation plus efficace de la pilule peut éviter cette morbidité et cette mortalité des femmes d’âge fécond.


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