Table des matières
Faites saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, numéro 2, |
Effets secondariesLes effets secondaires sont souvent la raison principale pour laquelle les femmes cessent de prendre la pilule après un bref laps de temps. Au Bangladesh, par exemple, parmi les 45 % d’utilisatrices de la pilule qui cessaient de la prendre dès la première année, la moitié le faisait à cause d’effets secondaires. Un nombre beaucoup plus réduit — seulement 16 % — le faisait pour devenir enceintes. Des raisons telles que la désapprobation du mari, des problèmes d’accessibilité, le coût, le désir de trouver une méthode plus efficace, la commodité et des prob-lèmes de santé expliquaient 13 % des interruptions (139). De même, les effets secondaires étaient la raison avancée par plus de la moitié des femmes qui cessaient de prendre la pilule en Equateur, en Egypte et en Tunisie après un ou deux ans d’utilisation (4, 139, 153, 186) (voir Tableau 1). Irrégularité de l’emploi de la pilule. Le rythme d’emploi de la pilule peut se répercuter sur l’incidence des effets secondaires. Les oublis ou les retards peuvent faire augmenter l’incidence de nausées, de vomissements, de saignotement et d’hémorragies intercurrentes (37, 124, 163, 179). De fait, l’irrégularité de l’emploi de la pilule peut susciter une série de réactions contraires au but recherché. Par exemple, une femme oublie une pilule, provoquant ainsi un saignotement ou une hémorragie utérine secondaire. Elle peut alors prendre deux pilules le lendemain pour compenser son oubli ; or, il en résulte des nausées et peut-être des vomissements. A cause de ces problèmes, elle saute d’autres pilules croyant — à tort, que l’interruption va atténuer les effets secondaires — qu’elle ne fait qu’intensifier. Cette série d’évènements peut l’amener rapidement à cesser purement et simplement de prendre la pilule. Beaucoup de femmes cessent de prendre la pilule parce qu’on ne leur a pas dit, avant le début du traitement, qu’elles pourraient avoir des effets secondaires (180, 235). Quand les effets secondaires sont inattendus, ils peuvent susciter des craintes. L’un des messages les plus importants que peuvent communiquer les dispensateurs est le fait que l’irrégularité d’emploi peut accroître les effets secondaires ordinaires (voir Chapitre 4.2). Hémorragie utérine secondaire et saignotement. Pour un grand nombre de femmes, l’emploi de la pilule rend les règles plus régulières et réduit les pertes de sang. Cependant, certaines utilisatrices ont des hémorragies utérines secondaires et des saignotements qui se répercutent sur l’emploi de la pilule, quand les femmes ne comprennent pas pourquoi elles saignent. Certaines femmes croient, à tort, qu’un saignement irrégulier indique de graves problèmes de santé, tel qu’un cancer (88, 166), et peuvent donc cesser de prendre la pilule.Les utilisatrices clandestines de la pilule — c’est-à-dire les femmes qui emploient la pilule sans que leurs partenaires le sachent — craignent que des hémorragies utérines secondaires ne révèlent à leurs partenaires et à leurs familles qu’elles se servent de la pilule. Les changements du calendrier menstruel, des saignements irréguliers et l’aménorrhée sont les plus grands sujets d’inquiétude et constituent souvent la raison principale de l’abandon parmi les utilisatrices clandestines de la pilule (22). Les femmes islamiques, par exemple, ne peuvent pas prier durant leurs règles. Le fait de ne pas assister à la prière pendant des semaines pourrait faire comprendre aux maris et aux membres de la famille élargie que la femme utilise clandestinement des contraceptifs (22). Dans les cultures qui limitent les activités des femmes durant la menstruation, les hémorragies utérines secondaires sont bien autre chose qu’un effet secondaire déplaisant ou inquiétant. La participation des femmes à la préparation des aliments, aux rites religieux, à la vie communautaire, à l’école — de façon générale, leur mobilité — est fortement limitée durant la menstruation (13, 134). Par exemple, en Inde, la femme ne peut pas toucher ses enfants durant la menstruation, alors que d’autres sont obligées d’aller dormir en dehors de leur foyer (77). Des épisodes de saignement fréquents et prolongés qui limitent les activités quotidiennes des femmes peuvent contribuer fortement à l’abandon des CO. |