Table des matières

         Chapitres
  1. Emploi des contraceptifs oraux
  2. Persistance et changement de méthode
  3. Comment les médias peuvent aider
  4. Consultation concernant la pilule
  5. Mise à jour des directives
  6. Amélioration de l'accès

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série A, numéro 10
Contraceptifs oraux

Bonnes communications

Pour atteindre les utilisatrices de la pilule, les programmes et les dispensateurs de planification familiale, ainsi que les médias, doivent parvenir à communiquer des informations qui soient exactes, efficaces, faciles à se rappeler et faciles à mettre en œuvre. Dans le feuilleton népalais, par exemple, les messages sont glissés dans une histoire amusante concernant la vie des personnages. Durant un épisode de 15 mi- nutes, les auditeurs peuvent apprendre :

  • Comment les pilules empêchent la grossesse,
  • Qui sont de bonnes candidates à l’emploi de la pilule,
  • Les avantages de la pilule pour la prévention du cancer,
  • Le besoin de prendre la pilule chaque jour au même moment,
  • Comment compenser un oubli de prendre la pilule,
  • Les effets secondaires ordinaires, et
  • Où se procurer des pilules.
Au Népal, des acteurs s'apprêtent à enregistrer le feuilleton intitulé « A chacun son propre habit ».

Harry Nelson

Au Népal, des acteurs s'apprêtent à enregistrer le feuilleton intitulé « A chacun son propre habit ». L’émission, diffusée quatre fois par semaine, donne des informations au sujet des CO, y compris leurs avantages, leurs inconvénients et la bonne façon de les employer. Les messages concernant la contraception sont plus efficaces quand ils présentent agréablement des renseignements exacts.

L’émission conseille aux auditrices intéressées de voir un agent de santé pour obtenir d’autres informations et des conseils (105). Elle exerce un puissant effet positif sur les perceptions des auditrices, et sur leur comportement à l’égard de la planification familiale (214).

La pilule n’est pas la meilleure méthode pour tout le monde. Les médias doivent faire connaître au public la gamme de choix possibles de méthodes de contraception. Chacun pourra d’autant mieux trouver une méthode satisfaisante qu’il existe plus d’options — et qu’on connaît mieux les choix possibles. De cette façon, toutes les méthodes de contraception, CO compris, seront employées plus efficacement.

Renforcement par répétition. On renforce un message en le répétant. Aux Pays-Bas, une étude a observé que même les nouvelles utilisatrices de la pilule qui, au début, observaient à la lettre les instructions, commençaient à sauter des pilules durant leur troisième cycle. Ces femmes déclaraient que, arrivées à la troisième semaine, elles écoutaient beaucoup moins que pendant la première les instructions audio concernant l’emploi de la pilule (40). Une autre étude de la constance d’emploi de la pilule a constaté que, durant une période de trois mois, les femmes sautaient de plus en plus de pilules au fur et à mesure qu’elles ouvraient de nouvelles plaquettes (147).

Le fait que les oublis se multiplient dans le temps a pour conséquence que les femmes ont peut-être besoin qu’on leur répète les messages concernant l’emploi efficace de la pilule. Une autre conséquence est que, au lieu de compter uniquement sur des instructions que les utilisatrices doivent rechercher, les messages doivent aussi atteindre leur public souvent et facilement, par exemple par la radio et la télévision.

Afin d’entretenir l’intérêt, les médias peuvent renforcer de diverses façons les messages concernant l’emploi efficace des CO. Par exemple, un feuilleton radiophonique peut comporter une femme qui, à la suite d’un rappel, prend sa pilule quotidienne. En même temps, de brefs messages peuvent rappeler aux auditrices : « Avez-vous pris votre pilule aujourd’hui ? »

Représentation exacte de la pilule. La façon dont les médias représentent la pilule au public — de façon exacte ou inexacte — conditionne profondément les perceptions des femmes et l’emploi de la pilule. Des nouvelles qui contiennent des représentations négatives ont suscité maintes inquiétudes concernant la sécurité des CO et ont contribué à leur utilisation irrégulière et à leur abandon (88, 235).

Par exemple, au Royaume-Uni et dans d’autres pays européens, les médias ont donné, vers le milieu des années 1990, une vaste publicité aux nouvelles concernant certains types de CO et les risques de maladie cardiovasculaire — nouvelles dont la validité continue à être mise en doute. La publicité a créé une panique-pilule. Beaucoup de femmes ont adopté d’autres CO ou ont cessé complètement de prendre des pilules. Au Royaume-Uni, un dispensateur d’avortements légaux a fait savoir que 61 % des femmes qui voulaient se faire avorter déclaraient avoir cessé de prendre des pilules à la suite de la couverture médiatique, alors qu’elles étaient arrivées au milieu de leur plaquette (43, 76). Les mois suivants, le nombre de grossesses non souhaitées et d’avortements a sensiblement augmenté (9, 26, 27, 101, 171, 242).

Participation des hommes. Dans la plupart des pays du monde, les hommes ont mieux accès que les femmes aux médias ; c’est pourquoi, les messages de planification familiale peuvent toucher les hommes encore mieux que les femmes (238, 239). Souvent, les hommes exercent une influence considérable sur le comportement de leurs partenaires en planification familiale et peuvent les aider à employer plus efficacement la pilule (voir encadré, Les hommes peuvent aider).


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