Table des matières

         Chapitres
  1. Emploi des contraceptifs oraux
  2. Persistance et changement de méthode
  3. Comment les médias peuvent aider
  4. Consultation concernant la pilule
  5. Mise à jour des directives
  6. Amélioration de l'accès

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série A, numéro 10
Contraceptifs oraux

Répondre aux inquiétudes sur
les effets secondaires communs

On peut améliorer l’emploi des CO si on informe leurs utilisatrices au sujet de leurs effets secondaires éventuels. Plus que toute autre raison, ce sont les effets secondaires qui amènent le plus souvent les femmes à cesser de prendre la pilule. Les utilisatrices de la pilule dont les attentes sont réalistes sont mieux à même de bien gérer des effets secondaires communs de continuer ainsi à prendre la pilule (38, 88, 180, 235).

Par exemple, dans la Province de Bukidnon, aux Philippines, les femmes qu’on avait informées au sujet des effets secon- daires éventuels des CO et qui jugeaient leur dispensateur sympathique risquaient moins de cesser de prendre la pilule que les femmes qui ne recevaient pas ce genre de conseils. Sur la base de ces observations, la formation des dispensateurs aux Philippines met désormais l’accent sur des rapports amicaux et sur l’explication des effets secondaires communs (191, 196).

Malgré ces observations, d’autres études montrent qu’un grand nombre de clientes des CO ne connaissent pas grand chose au sujet des effets secondaires possibles et de la façon de les traiter. Par exemple, des études effectuées dans 10 pays d’Afrique subsaharienne ont constaté que seulement 25 % à 54 % des femmes qui pratiquent la contraception sont informées des effets secondaires durant les consultations. Les femmes qui reçoivent des informations au sujet de la gestion des effets secondaires sont encore moins nombreuses — dans les cinq pays pour lesquels on possède des données, les chiffres vont de 1 % à peine en Côte d’Ivoire à 42 % au Burkina Faso (138).

Des explications que les femmes peuvent comprendre les aident à continuer à prendre la pilule jusqu’à ce que s’atténuent ses effets secondaires. Au Népal, un programme place les effets secondaires dans un contexte familier en les comparant aux changements qui se produisent durant la grossesse. « Tout comme le corps d’une femme change quand elle est enceinte, des changements se produisent aussi quand elle empêche la grossesse. Mais ces changements ne sont pas dangereux » (105).

Formation

La formation peut améliorer les consultations. Durant leur formation, les dispensateurs peuvent apprendre à mieux connaître les méthodes de contraception et à faire un travail efficace. Les connaissances que possèdent les dispensateurs au sujet de la pilule conditionnent les réactions de leurs clientes. Par exemple, en Colombie, des dispensateurs qui disaient avoir facilement accès à des informations concernant la pilule recevaient de leurs clientes des appréciations élogieuses de leurs aptitudes aux communications interpersonnelles et de la qualité de leurs prestations (62).

La formation peut aider des dispensateurs très divers, dont le personnel des établissements de santé, les pharmaciens, les agents du marketing social, et les agents de santé à base communautaire. Au Gujarat, en Inde, par exemple, les gynécologues, les médecins généralistes et les pédiatres qui avaient reçu une formation spéciale concernant la pilule ont amélioré leurs aptitudes de consultation. Comparés aux collègues qui n’avaient pas reçu de formation spéciale, les dispensateurs qualifiés montraient plus volontiers aux clientes comment utiliser la pilule et leur remettaient une plaquette durant la séance de consultation. Pour leur part, les clientes percevaient une amélioration de la qualité des soins. Dans une étude qui utilisaient des « clientes mystères » — femmes locales qui venaient au dispensaire en se faisant passer pour des clientes — les conseils reçus étaient jugés satisfaisants à hauteur de 83 % dans le cas des médecins qui avaient reçu une formation spéciale contre 56 % dans celui des médecins qui n’avaient pas reçu cette formation (204).

Souvent, une formation permanente à la clinique même durant les heures de service peut aider les dispensateurs à utiliser leurs nouvelles aptitudes plus efficacement que ne le fait une formation structurée ; en effet, l’apprentissage se fait alors dans un environnement de travail (215). Au Kenya, des formateurs ont observé que les dispensateurs formés en clinique étaient de meilleurs conseillers que leurs homologues qui avaient reçu une formation différente. La raison en était que les dispensateurs se trouvaient alors en contact avec des clientes diverses, ce qui leur permettait de perfectionner leurs aptitudes (68).

Amélioration des résultats

On entend par amélioration des résultats les modalités qui conduisent des organisations et des individus à obtenir de meilleurs résultats. En matière de planification familiale, il s’agit de fournir des services de santé qui soient de qualité élevée et donnent des résultats durables (188).

L’amélioration des résultats va plus loin que la formation : elle porte sur les facteurs (institution, organisation et gestion) qui interviennent dans la prestation des soins de santé. La notion d’amélioration des résultats reconnaît que, pour obtenir des soins de santé de meilleure qualité, consultations comprises, c’est l’ensemble du système de soins de santé qui doit intervenir, et non pas uniquement les dispensateurs et les for-mateurs eux-mêmes. Tous les éléments d’un système de prestations de soins de santé ont un rôle à jouer dans l’amélioration de la qualité (107, 116).

En particulier, on améliorerait la qualité des soins offerts si on donnait aux dispensateurs suffisamment de temps pour conseiller leurs clientes. En effet, la plupart des dispensateurs ont tant de travail et tant de clientes qu’ils n’ont que peu de temps à consacrer aux consultations. Au Bangladesh, par exemple, l’accroissement de la demande de pilules a réduit le temps dont disposaient les agents de terrain pour donner à chaque femme des conseils au sujet du bon emploi de la pilule. Le résultat a été que, à mesure qu’un plus grand nombre de femmes utilisaient la pilule, moins d’entre elles savaient exactement quand commencer la plaquette suivante (123). On peut libérer du temps pour les consultations en éliminant des charges administratives, telles qu’une paperasserie excessive, qui alourdissent le travail des dispensateurs.

Si on donne aux employés la possibilité d’améliorer leur cadre de travail, on peut augmenter la qualité des soins qu’ils fournissent et renforcer ainsi leur sentiment de satisfaction personnelle (116). Quand le personnel a l’impression qu’on lui fait confiance, il trouve souvent des solutions aux problèmes institutionnels, au lieu de continuer de travailler dans un climat qu’il ne juge pas satisfaisant (56).


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