Table des matières

         Chapitres
  1. Emploi des contraceptifs oraux
  2. Persistance et changement de méthode
  3. Comment les médias peuvent aider
  4. Consultation concernant la pilule
  5. Mise à jour des directives
  6. Amélioration de l'accès

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série A, numéro 10
Contraceptifs oraux

Distribution à base communautaire

Pour certaines femmes, la distribution à base communautaire (DBC) est leur seul moyen d’accès aux CO. Dans le cadre de la DBC, des agents spécialement formés apportent aux communautés et aux foyers des CO et d’autres produits de planification familiale.

Dans certains pays, la DBC est un élément important du programme national de planification familiale. Au Zimbabwe, par exemple, où les taux d’emploi des CO sont parmi les plus élevés du monde, le programme de DBC approvisionne près d’une cliente sur quatre (14). Au Bangladesh, une étude a établi que, en 1993, la pratique de la planification familiale n’aurait atteint, dans certaines régions, que 25 % au lieu de 40 %, si la DBC n’avait pas été un des principaux éléments du programme national (155).

La DBC est particulièrement importante lorsqu’il n’y a pas de centres de santé ou de sources commerciales de produits de contraception. Dans 18 villages du Mali qui ne disposaient d’aucun service de planification familiale, 1 % seulement des femmes la pratiquaient. Six mois après qu’un programme de DBC ait été mis en place dans ces villages et offrait des CO, des spermicides et des préservatifs, la prévalence de la contraception était passée à 31 % dans les villages qui offraient les trois méthodes et à 21 % dans ceux qui offraient des spermicides et des préservatifs, mais pas de CO (45).

Dans une zone rurale du Togo, un agent de santé communautaire parle de contraception à des femmes.

Sara A. Holtz

Dans une zone rurale du Togo, un agent de santé communautaire parle de contraception à des femmes. Les programmes aident à rendre les CO plus abordables, plus commodes et mieux accessibles en intervenant de diverses façons dans les communautés. Souvent, les femmes veulent parler de la pilule avec d'autres personnes du voisinage.


Des visites régulières d’agents de DBC qui fournissent des produits et apportent des conseils améliorent le taux de persistance des CO. Au Bangladesh, les femmes qui avaient reçu chez elles la visite d’agents de planification familiale durant les 90 jours précédents ne risquaient qu’à hauteur des deux-tiers d’avoir cessé d’employer des CO par rapport aux femmes qui n’avaient pas reçu de visite durant les derniers 90 jours. Les visites à domicile exerçaient sur la persistance un effet considérable — qui était analogue pour les femmes de tous les milieux sociaux et économiques — même s’il existait dans la région des points de vente de marketing social et des dispensaires (91).

Sélection des clientes. La sélection des clientes afin d’identifier les femmes qui peuvent utiliser sans danger des méthodes hormonales est un élément important des programmes de DBC. En se servant de listes de pointage, les agents de DBC peuvent, sans compromettre pour autant l’accès des femmes qui veulent prendre des CO, identifier précisément celles qui ne devraient pas employer une méthode (210) (voir encadré Liste de pointage). Les agents de DBC peuvent aussi se servir d’une liste de pointage pour veiller à ce que les clientes qui persistent n’ont pas de pathologie qui puisse rendre la pilule contre-indiquée.

En République dominicaine, les agents de DBC de PROFAMILIA se servent d’une fiche pour sélectionner les utilisatrices éventuelles de CO. En cochant la case colorée appropriée lorsque les clientes répondent oui ou non à huit questions, l’agent décide :

  1. de fournir la pilule,
  2. de fournir la pilule mais de demander à la cliente de voir un médecin dans les trois mois qui suivent pour une visite de suivi, ou
  3. de demander à la cliente de commencer par voir un médecin (87).

N’importe quelle personne qui a reçu une formation spéciale, travaille sous encadrement et reçoit une appréciation de son travail peut fournir des CO en toute sécurité et de manière efficace (246). Les programmes doivent veiller à ce que les directives de sélection soient mises à jour et fassent état des connaissances et pratiques scientifiques courantes (voir Chapitre 5). Ils doivent aussi s’assurer que les agents de DBC ont reçu une formation suffisante et savent comment employer des listes de pointage à des fins de sélection (210).

Animation et participation communautaires. Grâce à son travail d’animation et à sa participation, la communauté aide à créer un milieu social de soutien qui facilite l’emploi correct et continu de la pilule par les femmes. On peut citer en exemple d’une telle participation la réunion mensuelle qui se tient dans la maison d’un membre de la communauté ou dans un centre communautaire. Ces réunions groupent des dispensateurs de soins de santé et des membres de la communauté, ce qui donne aux femmes la possibilité de parler de la planification familiale, de se soutenir mutuellement pour la pratiquer et de recevoir des CO et autres contraceptifs. Cette méthode a réussi au Bangladesh, où on a constaté qu’un soutien social était le meilleur facteur motivant les femmes à décider de recourir à la contraception et de continuer à la pratiquer (113, 156).


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