Table des matières

         Chapitres
  1. Emploi des contraceptifs oraux
  2. Persistance et changement de méthode
  3. Comment les médias peuvent aider
  4. Consultation concernant la pilule
  5. Mise à jour des directives
  6. Amélioration de l'accès

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni- versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série A, numéro 10
Contraceptifs oraux

Marketing social

Le marketing social améliore l’accès à des méthodes telles que les CO en les rendant largement disponibles, bien connues et abordables. La formule du marketing social consiste à mettre des contraceptifs en vente dans le secteur commercial, à des prix subventionnés, tout en faisant une publicité dans les médias et sur les lieux de vente. Le marketing social offre la pilule dans des lieux où les utilisatrices font généralement leur courses, tels que marchés, kiosques et magasins d’épicerie, éliminant ainsi, dans de nombreux cas, le besoin de se déplacer spécialement pour aller chercher les pilules.

Le marketing social est étendu. En 1998, 40 programmes de marketing social ont vendu près de 66 millions de plaquettes de pilules dans 34 pays. Ces chiffres dépassent sensiblement ceux de 1991, quand 18 programmes de marketing social ont vendu 22 millions de plaquettes dans 17 pays (82, 83).

Secteur commercial

Certaines clientes, qui ont suffisamment de moyens, sont prêtes à payer intégralement le prix des services de planification familiale. De plus en plus, les utilisatrices préfèrent acheter leurs pilules dans le secteur privé, où elles peuvent obtenir la qualité, la commodité et la continuité de service que sont souvent à même d’offrir des dispensateurs privés. Le secteur commercial englobe des médecins, des pharmacies, des dispensaires et des hôpitaux qui, en général, sont financièrement indépendants de subventions de l’Etat ou d’organismes donateurs (61).

Quand on encourage l’expansion du secteur commercial, on améliore l’accès aux CO car il existe alors un plus grand nombre de lieux où on peut se procurer des pilules. En outre, quand les utilisatrices de la planification familiale abandonnent le secteur public pour le secteur commercial, les fonds publics ainsi libérés peuvent servir à améliorer l’accès pour la population qui n’a pas les moyens de payer le prix af-fiché. L’intervention du gouvernement peut stimuler la croissance du secteur commercial. Par exemple, si on met la pilule sur la liste des médicaments essentiels, on peut réduire les obstacles à l’importation, ce qui rend les CO moins coûteux. De tels changements peuvent rendre plus rentables et plus attrayants les investissements du secteur privé dans des biens et services de planification familiale (61).

Les gouvernements peuvent beaucoup faire pour élargir l’offre de CO et d’autres contraceptifs par le secteur commercial. En Indonésie, le gouvernement a lancé en 1987 la campagne du Cercle bleu à la fois pour stimuler la demande de services privés de planification familiale et pour faire augmenter le nombre de dispensateurs privés. A la suite de cette campagne, le pourcentage d’utilisatrices de la planification familiale qui obtenaient leurs produits du secteur privé est passé de 12 % au départ à 57 % dix ans plus tard (23, 24, 99).

Liens entre la fourniture de pilules
et les autres services de santé

Un lien établi entre les services de planification familiale et les autres services de santé peut rendre la pilule plus accessible, notamment pour les femmes qui n’ont pas employé d’autres méthodes de contraception. Les clientes qui n’ont peut-être pas recherché un établissement de planification familiale peuvent obtenir des CO ou d’autres méthodes lorsqu’elles reçoivent d’autres soins de santé. Il existe plusieurs sortes de liens :

Planification familiale après l’accouchement. Les programmes de soins de maternité peuvent offrir la pilule et d’autres options de planification familiale. Au Honduras, quand on a offert des pilules progestatives et des préservatifs aux femmes qui venaient d’accoucher, le pourcentage de celles qui choisissaient la planification familiale après l’accouchement est passé de 9 % à 30 %. Environ 61 % des femmes qui revenaient pour la visite de contrôle postpartum ont choisi une méthode de contraception durant cette visite (21, 196).

Les femmes qui donnent le sein peuvent commencer à prendre des CO combinés 21 jour après l’accouchement, ou des CO progestatifs immédiatement. Les femmes allaitantes peuvent commencer à prendre des pilules progestatives six semaines après l’accouchement ou, si elles peuvent commencer les contraceptifs combinés soit six mois après l’accouchement ou quand elles cessent de donner le sein (85, 245). Dans les deux cas, on peut remettre la pilule aux femmes à n’importe quel moment où cela est pratique, par exemple après l’accouchement, ou lors d’une visite de contrôle, en lui indiquant quand elle peut commencer à la prendre. De cette façon, ces femmes n’auront pas à se déplacer spécialement pour obtenir des CO quand elles seront prêtes à en prendre.

Planification familiale après un avortement. Moins du tiers des femmes d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie qui reçoivent des soins pour des complications consécutives à un avortement n’ont jamais employé de contraceptif moderne (185). Les femmes qui ont un avortement spontané ou provoqué redeviennent presque immédiatement fécondes. C’est pourquoi, les établissements qui traitent les femmes pour complications consécutives à un avortement doivent aussi offrir des conseils et des services de planification familiale.

Le fait d’offrir la planification familiale dans le cadre des soins consécutifs à un avortement peut se solder par une évolution spectaculaire de la pratique de la contraception. Beaucoup de femmes qui sont soignées pour des complications de l’avortement veulent pratiquer la planification familiale. En Egypte, par exemple, 62 % des femmes en traitement après un avortement ont décidé d’employer une méthode de planification familiale après avoir reçu des conseils d’un dispensateur spécialement formé à cet effet. Avant que les consultations de planification familiale ne deviennent un élément des soins donnés après un avortement, 37 % seulement des patientes décidaient de la pratiquer (98). De même, au Kenya, avant que les consultations de planification familiale ne deviennent un élément des soins après l’avortement, seulement 7 % des femmes en traitement participaient à des consultations portant sur la contraception, et 3 % à peine obtenaient des moyens de contraception. Par la suite, 68 % des femmes en traitement ont reçu des conseils et 48 % ont obtenu la méthode de leur choix (205).

Dispensaires pour enfants. Des services de planification familiale offerts en même temps que des services de vaccination et d’autres services sanitaires pour enfants peuvent être une formule à la fois simple et bénéfique. Par exemple, au Togo, des agents de vaccination ont choisi 1000 femmes au hasard pendant que leurs enfants étaient vaccinés et ont dit à chacune d’elles trois phrases indiquant que l’établissement disposait de méthodes de planification familiale et faisant ressortir les bénéfices de l’espacement des naissances. Six mois plus tard, le nombre mensuel moyen de nouvelles adeptes de la contraception qui venaient à l’établissement avait augmenté de 54 % (97, 196).


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