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Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, Numéro 1 |
L’évolution de la contraception oraleL’idée d’une contraception orale aux hormones remonte aux années 1920 (170). Cependant, il fallut attendre les années 1940 et 1950 pour disposer d’hormones synthétiques peu coû-teuses, efficaces et administrées par voie buccale (120). En 1960, après plus de dix ans de recherches, la Food and Drug Administration des USA (USFDA) a homologué le premier CO. Cette pilule, l’Enovid-10, fabriquée par G.D. Searle and Company, renfermait 9,85 milligrammes (mg) d’une hormone progestative, le noréthynodrel, et 150 microgrammes (µg) d’une hormone œstrogénique, le mestranol, soit environ 10 fois plus de progestine et 4 fois plus d’œstrogène que ne con-tiennent les pilules d’aujourd’hui. Quand on a commercialisé la pilule, celle-ci répondait aux besoins des femmes qui voulaient une contraception commode, sans danger et fiable. Cependant, elle présentait une série de problèmes. Certaines utilisatrices éprouvaient en effet des effets secondaires tels que maux de tête, nausées, crampes, règles irrégulières, seins douloureux ou gain de poids. D’ordinaire, ces effets secondaires sont temporaires et ne sont pas la manifestation de problèmes plus graves. Cependant, ils peuvent être déroutants et ont conduit beaucoup de femmes à abandonner la pilule. Par ailleurs, des recherches effectuées durant les années 1960 et 1970 ont laissé entendre que, employé aux doses contenues dans les premiers CO, l’œstrogène faisait augmenter le risque de formation de caillots sanguins, d’accidents vasculaires cérébraux et de crise cardiaque (396, 399, 496). Des articles parus dans la presse au sujet de ces observations ont suscité des « paniques de pilule », donnant aux CO une réputation non méritées de danger (150). Entre-temps, d’autres études ont fait d’étonnantes découvertes révélant que l’emploi des CO se soldait par d’importants avantages qui n’avaient rien à voir avec la contraception. En particulier, des études épidémiologiques effectuées durant les années 1980 ont prouvé que les CO offrent une forte protection contre le cancer de l’endomètre et contre le cancer épithélial des ovaires (voir Protection contre certains cancers). Le public reste, pour une large part, ignorant de ces avantages. Aux Etats-Unis, par exemple, 65 % des femmes qui ont fait l’objet d’une enquête en 1993 ne pouvaient pas nommer un seul avantage de la pilule en dehors de la contraception. En même temps, plus de la moitié d’entre elles croyaient que les CO entraînaient de graves risques pour la santé. Qui plus est, près des deux-tiers pensaient que l’emploi de la pilule était au moins aussi dangereux que l’accouchement (172, 352), ce qui n’est pas le cas pour la plupart des femmes (182, 295, 306, 413, 454). Depuis leur lancement, les CO offrent à la grande majorité des femmes une contraception sans danger. Néanmoins, pour atténuer les effets secondaires ordinaires et réduire le risque de complications graves, les entreprises pharmaceutiques et les dispensateurs de soins de santé ont adopté trois approches :
Aujourd’hui, les CO combinés à faible dose renferment moins de 50 µg d’œstrogène, contre 150 µg dans les premiers CO et 50 à 100 µg dans les CO vendus à la fin des années 1960 et durant les années 1970. Des doses d’œstrogène de 30 ou 35 g d’estradiol d’éthinyl sont les plus fréquentes. Les doses de progestine ont elles aussi considérablement diminué. Par exemple, les doses de noréthindrone (noréthistérone) sont tombées de près de 10 mg à 1,0 ou 0,5 mg. On a réduit les doses d’œstrogène après que les premières recherches aient lié la probabilité d’incidents thrombo-emboliques à la dose d’œstrogène (214). Des essais cliniques réalisés aux Etats-Unis ont constaté que des doses d’œstrogène réduites à 20 µg, et conjuguées à une progestine, limitent en général les taux de grossesse à 1 pour 100 femmes par an (27, 28, 39, 141, 209, 248, 400, 404, 499, 543). Par ailleurs, des effets secondaires tels que la nausée, le vomissement, des crampes, des douleurs au sein et des maux de tête se produisaient moins souvent quand on réduisant la dose d’œstrogène. Cependant, les irrégularités initiales de saignement menstruel étaient plus fréquentes (16, 119, 262, 369). Les doses de progestine des CO varient beaucoup, parce que les progestines présentent des différences considérables d’efficacité en fonction du poids (121). A l’heure actuelle, les doses de progestines de la famille du noréthindrone — noréthindrone, acétate de noréthindrone, diacétate d’éthynodiol et lynestrenol — vont de 0,4 à 2 mg. Les pilules contenant du lévonorgestrel, du désogestrel et du gestodène, qui sont des progestines plus efficaces, emploient des doses de 0,05 à 0,15 mg. Les diverses progestines ont des effets physiologiques quelque peu différents et réagissent différemment aux œstrogènes, ce qui modifie peut-être les effets des deux hormones (48, 467). Les recherches semblent indiquer que des doses plus faibles abaissent les risques de certaines pathologies. Par exemple, au fur et à mesure qu’on a davantage em-ployé de pilules à faible dose, les résultats d’études épidémiologiques suggèrent que les risques de thrombose veineuse, de crise cardiaque et d’accident cardio-vasculaire liés aux CO ont diminué. Ce sont uniquement les femmes de plus de 35 ans qui fument ou les femmes souffrant d’hypertension artérielle qui courent un risque sensiblement accru de crise cardiaque et d’accident cardio-vasculaire (voir Maladies de l'appareil circulatoire). |