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Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, Numéro 1 |
Emploi actuel des COOn estime que, dans le monde, 8 % de toutes les femmes mariées emploient actuellement la pilule. Les CO viennent au troisième rang des méthodes de planification familiale dont se servent aujourd’hui les femmes mariées. Près de 19 % font appel à la stérilisation féminine, et 13 % aux DIU. Ces pourcentages subissent profondément l’influence des deux pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Inde, qui n’emploient guère la pilule. Les CO sont la principale méthode moderne employée par les femmes mariées de 78 pays sur 150 pour lesquels on possède des statistiques ; si on omet la Chine et l’Inde de l’estimation mondiale, ils sont la méthode de contraception la plus largement utilisée dans l’ensemble. En dehors de la Chine et de l’Inde, environ 12 % des femmes mariées emploient la pilule. A titre de comparaison, 9,5 % font appel à la stérilisation féminine et presque autant emploient des méthodes populaires traditionnelles. Environ 9 % se servent des DIU. (Le tableau 2 présente les données d’emploi des CO avec et sans la Chine et l’Inde) S’agissant des seuls pays en développement, 6 % des femmes mariées emploient la pilule — soit une proportion bien moins grande que celle de la stérilisation féminine, à hauteur de 21 %, et les DIU, à hauteur de 13 %. Cependant, quand on enlève la Chine et l’Inde de ces estimations, les CO deviennent la méthode la plus populaire dans les pays en développement, employés par 10 % des femmes mariées, par rapport à 9 % pour la stérilisation et 8 % pour les méthodes traditionnelles. L’emploi du DIU tombe à 7 %. Dans les pays développés, les CO sont la méthode la plus largement utilisée. Quelque 16 % des femmes mariées emploient la pilule. Les préservatifs et les DIU sont à égalité en seconde place, à hauteur de 14 %, tandis qu’un peu moins de 14 % des femmes mariées font appel à des méthodes traditionnelles ou populaires. Dans le monde entier, les CO sont encore plus largement employés par les femmes célibataires sexuellement actives que par les femmes mariées. Dans les pays pour lesquels ont possède des données, 26 % des célibataires sexuellement actives ont recours à la pilule. On dispose de données concernant la pratique actuelle de la contraception par les femmes célibataires en Afrique, en Europe de l’Est, en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans la plupart des pays développés. Les CO sont la méthode la plus populaire parmi les célibataires de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord, et de l’Europe septentrionale et occidentale. Les profils d’utilisation des méthodes de planification fami-liale varient beaucoup à l’intérieur et entre les pays et régions. Les différences de disponibilité, d’accès, de coût, de promotion, de politique de programme, ainsi que de préférences de la population, aident à expliquer ces différences. En fait, des taux exceptionnellement élevés d’emploi d’une méthode peuvent indiquer que l’accès aux autres méthodes est peut-être limité. Proche-Orient et Afrique du Nord. EDans cette région, près de 10 millions de femmes emploient des CO — soit 13 % des 74 millions de femmes mariées qui y vivent. Trois femmes sur 10 qui pratiquent la planification familiale utilisent la pilule. En Algérie, dans les Emirats arabes unis, en Iran, au Koweit, au Maroc, à Oman, et au Qatar les CO sont la méthode la plus largement employée. En Algérie, 44 % des femmes mariées faisaient appel à la pi-lule en 1995 — soit le niveau le plus élevé d’emploi de la pilule dans le monde en développement, représentant 84 % de la pratique de la contraception dans ce pays. L’Iran et le Koweit signalent aussi des niveaux élevés d’emploi de la pi-lule, avec 23 % et 24 % des femmes mariées. Par contre, les niveaux d’emploi de la pilule sont faibles — 4 % — en Turquie, où le pratique générale de la contraception atteint 64 %, et au Yémen, où elle se situe aux alentours de 21 %. Au Maroc, l’emploi de la pilule a sensiblement augmenté, passant de 14 % des femmes mariées en 1980 à 32 % en 1995. En Egypte, cependant, l’utilisation des CO est tombée de 17 % des femmes mariées en 1980 à 10 % en 1995. Durant les années 1990, beaucoup de femmes égyptiennes ont adopté les DIU (188), qui ont fait l’objet d’une promotion plus active (voir figure 1.) Amérique latine et Caraïbes. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les CO sont, après la stérilisation féminine, la méthode la plus employée par les femmes mariées. Environ 14 % des femmes mariées emploient la pilule — soit presque une sur sept femmes mariées, ou une sur cinq adeptes de la planification familiale. C’est dans des pays d’Amérique latine qu’on trouve quelques-uns des niveaux les plus élevés du monde sur le plan de l’utilisation actuelle, ou antérieure, des CO. Par exemple, au Brésil, 6 millions de femmes se servent de la pilule — mettant ce pays au quatrième rang mondial après la Chine, l’Allemagne et l’Indonésie. Quelque 21 % des femmes mariées employaient des CO en 1996, soit plus du quart de toutes les brésiliennes qui pratiquaient la planification familiale. Une très forte majorité de Brésiliennes emploient la pi- lule ou la stérilisation féminine. L’accès au DIU est limité et un classement de l’accès aux méthodes de planification familiale en 1994 a constaté que le préservatif était d’un accès facile pour moins de 80 % des couples du Brésil (73). Dans certains pays d’Amérique latine, l’emploi des contraceptifs a évolué entre les années 1980 et le milieu de la décennie suivante. Les CO ont perdu du terrain au fur et à mesure qu’augmentait le recours à la stérilisation féminine et au DIU. Dans l’ensemble, les taux des CO sont tombés d’une femme mariée sur six en 1987 à une sur sept en 2000. En Colombie, par exemple, la prévalence de l’emploi des CO a reculé de 17 % des femmes mariées en 1987 à 13 % en 1995 (voir figure 1). Au Mexique, l’utilisation des CO a diminué de 14 % en 1982 à 8 % en 1995. En même temps, la pratique générale de la contraception est passée de 46 % à 72 % en Colombie et de 48 % à 67 % au Mexique. Des chercheurs qui se sont penchés sur les données mexicaines concluent que le passage des CO à d’autres méthodes s’explique par le fait qu’un plus grand nombre d’utilisatrices de la planification familiale sont des femmes plus âgées qui choisissent le DIU et la stérilisation après avoir eu tous les enfants qu’elles souhaitent (519). En Amérique latine, la pilule est la méthode de prédilection des femmes célibataires sexuellement actives qui veulent éviter la grossesse. Le quart de ces femmes emploie la pilule. L’utilisation est la plus élevée au Brésil, à hauteur de 36 %. Afrique subsaharienne. En Afrique subsaharienne, le quart environ des femmes mariées et célibataires qui pratiquent la contraception emploie la pilule. Dans l’ensemble, environ 15 % des femmes mariées pratiquent la planification familiale et un peu moins de 4 % ont recours à la pilule. Parmi les femmes célibataires sexuellement actives, environ 43 % emploient une méthode de contraception et 10 % utilisent la pilule. Dans certains pays africains, les niveaux d’emploi des CO comptent parmi les plus élevés du monde. Au Zimbabwe, par exemple, 33 % des femmes mariées et 32 % des célibataires sexuellement actives employaient la pilule en 1994. Au Zimbabwe, l’accès à la pilule est en général bon, tandis que l’accès au DIU et à la stérilisation féminine et masculine est beaucoup plus difficile (73). En outre, à la Réunion, 40 % des femmes mariées emploient des CO, contre 21 % à Maurice et environ 18 % au Bostwana et au Cap Vert. Parmi les célibataires sexuellement actives, environ 17 % se servent de la pilule au Mali et au Niger, et environ 20 % au Bostwana et en Afrique du Sud.
Néanmoins, des niveaux élevés d’emploi de la pilule sont l’exception plutôt que la règle en Afrique subsaharienne. Dans cinq pays de la région, au maximum 1 % des femmes mariées ont recours à la pilule. Dans huit autres pays, le chiffre se situe entre 1 % et 2 %. Asie. En Asie, la prévalence de la contraception atteint en moyenne 59 % des femmes mariées d’âge fécond ; cependant, seulement 4,5 % d’entre elles emploient la pilule. Ce faible pourcentage des CO s’explique par l’influence massive de la très nombreuse population de la Chine et de l’Inde. Selon les enquêtes les plus récentes, seulement 3 % des Chinoises mariées et 1 % des Indiennes mariées utilisent la pilule. Si on enlève la Chine et l’Inde de l’estimation, on voit que 10 % des asiatiques mariées ont recours à la pilule — soit près du quart de toutes les utilisatrices de la planification familiale. La prévalence de l’emploi des CO est la plus élevée en Asie du Sud-Est, surtout en Thaïlande, où on estime que 27 % des femmes mariées d’âge fécond employaient des CO en 1993. Malgré son faible pourcentage d’emploi de la pilule, la Chine a plus d’utilisatrices de la pilule que tous les autres pays — environ 7,6 millions. L’Indonésie, qui vient au quatrième rang des pays les plus peuplés du monde, compte environ 6,1 millions d’utilisatrices de la pilule. On possède peu de données concernant la pratique de la contraception par les femmes célibataires en Asie. Dans quelques pays d’Asie, l’emploi des CO par les femmes mariées a beaucoup augmenté ces dernières années. Au Bangladesh, par exemple, les CO sont devenus la méthode la plus utilisée, employés en 1996–97 par près de 21 % des femmes mariées d’âge fécond, contre 3 % en 1983 (voir figure 1). La pilule a aussi gagné du terrain récemment au Sri Lanka et au Viêt-nam. Europe de l’Est et Asie centrale. En Europe de l’Est et en Asie centrale, 65 % des femmes mariées pratiquent la planification familiale, mais seulement 6 % environ se servent de la pilule. Les DIU, les méthodes traditionnelles et les préservatifs sont plus largement employés. Dans 8 pays sur 24 qui ont fait l’objet d’enquêtes durant les années 1990, les niveaux d’emploi des CO atteignaient au maximum 5 %. La Hongrie fait exception à cette règle : environ 33 % des femmes mariées emploient la pilule. L’utilisation des CO est la plus faible dans les Républiques d’Asie centrale. Parmi les célibataires sexuellement actives de la région, à peine 6,5 % emploient la pilule, tandis que des pourcentages plus élevés de femmes font appel aux préservatifs ou à des méthodes traditionnelles. Autres régions. Dans la plupart des pays développés, la majorité des femmes mariées emploient la pilule ou se font stériliser. Dans les régions développés en dehors de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale, la pilule vient au premier rang, employée par 21 % des femmes mariées. En Europe occidentale, la moitié de toutes les femmes mariées se servent de la pilule. En Amérique du Nord, la stérilisation est la méthode de choix de 24 % des femmes mariées. La pilule vient au second rang, avec 16 %. Le Japon enregistre les taux les plus faibles d’emploi des CO. En 1994, date de la dernière enquête, moins de 0,5 % des femmes mariées utilisaient la pilule. Au Japon, les CO à faible dose n’ont été homologués à des fins contraceptives qu’en septembre 1999. Avant cette date, on vendait dans ce pays des pilules à dose moyenne et forte, mais uniquement pour soigner des pathologies menstruelles (276). C’est parmi les célibataires sexuellement actives des pays développés que l’emploi de la pilule atteint quelques-uns des niveaux les plus élevés du monde. En dehors de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale, 36 % des célibataires sexuellement actives des pays développés emploient la pilule. En Europe, la proportion est d’environ 45 % ; en Amérique du Nord, 36 %. Pour consulter des statistiques par pays, voir le site Internet du Johns Hopkins Center for Communication Programs au http://www.jhuccp.org/prg/ga9/a9suptab.stm. |