Photo of an Egyptian woman taking a pill.
Ministerio de Salud de Egipto

Table des matières

Chapitres
  1. Contexte
  2. Emploi des contraceptifs oraux
  3. Avantages des contraceptifs oraux
  4. Risques des contraceptifs oraux pour la santé
  5. Pilules contraceptives d’urgence
  6. Guide pratique des pilules d’urgence
  7. Problèmes de santé non résolus

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, Numéro 1
Printemps 2000
Série A, Numéro 9
Contraceptifs oraux

Protection contre certains cancers

Les contraceptifs oraux aident à protéger les femmes contre deux cancers de l’appareil reproductif :

  • le cancer de l’endomètre (cancer du revêtement de l’utérus) et
  • le cancer épithélial de l’ovaire.

Des études effectuées au Royaume-Uni et aux Etats-Unis suggèrent que ces cancers sont moitié moins fréquents chez les utilisatrices de CO que chez les autres femmes (59, 196, 210, 234, 236, 375, 516).

Les CO combinés aident sans doute à protéger contre ces cancers en réduisant le taux de division cellulaire dans le revêtement de l’endomètre et dans les ovaires. Dans le cas de l’endomètre de l’utérus, on pense que la progestine contenue dans la pilule neutralise les effets de l’œstrogène qui, sans sa présence, encouragerait la division cellulaire. Le CO peut protéger contre le cancer ovarien en réduisant la production de gonadotropine par la glande pituitaire, atténuant ainsi les effets de stimulation que la gonadotropine exerce sur les cel-lules superficielles des ovaires (62, 359).

Cancer de l’endomètre. L’emploi des contraceptifs oraux, même pendant un an, réduit sensiblement le risque de cancer de l’endomètre ; leur protection dure longtemps après que les femmes cessent d’utiliser les CO. Une analyse groupant huit études de cas avec témoins et deux études de cohortes a constaté qu’un emploi plus long faisait sensiblement augmenter la protection (409, 535). Un an de CO réduisait le risque à 77 % de celui des non utilisatrices, deux ans le réduisaient à 62 %, 4 ans à 49 %, 8 ans à 36 % et 12 ans à 30 %. Des études antérieures avaient indiqué que la protection persistait pendant 3 à 10 ans (195, 210, 234, 516).

On n’est pas sûr que le degré de protection contre le cancer de l’endomètre varie en fonction de la dose d’œstrogène et/ou de progestine. En 1985, l’étude du cancer et de l’hormone stéroïde (étude CASH) effectuée par les US Centers for Disease Control n’a constaté aucun rapport entre la dose de proges-tine et le degré de protection (58). Bien que le nombre de femmes employant une des formulations de l’étude CASH ait été trop réduit pour qu’on puisse faire une analyse par formulation, les pilules à forte et faible doses avaient toutes deux un effet protecteur. Par contre, en 1991, une étude de l’OMS a laissé entendre que la protection était meilleure quand on employait des formulations renfermant de fortes doses de progestine (393, 460). Bien qu’on n’ait pas fait d’étude pour voir si les CO progestatifs protégeaient contre le cancer de l’endomètre, des études des effets des progestines sur l’endomètre suggèrent que c’est la progestine, plutôt que l’œstrogène, qui confère un effet de protection (243, 297, 360). En outre, en 1991, une étude de l’OMS portant sur un injectable progestatif, l’acétate de médroxyprogestérone dépôt retard (DMPA), a constaté qu’il protégeait contre le cancer de l’endomètre, tout comme les CO combinés (461). Il se peut donc que les CO progestatifs aient au moins un certain effet de protection (297).

Cancer épithélial ovarien. Les CO combinés aident à protéger contre le cancer épithélial ovarien (12, 59, 62, 92, 200, 299, 325, 391, 474, 515, 524). Cette constatation, faite à la suite de la grande étude CASH effectuée en 1985 et d’un grand nombre de petites études antérieures, a été confirmée durant les dix dernières années (180, 345, 386, 390).

Dans l’étude CASH, les femmes qui employaient des CO pendant 10 ans ou plus réduisaient le risque de cancer de l’ovaire à 20 % du taux des non utilisatrices. L’étude CASH a également constaté que la protection contre le cancer épithélial de l’ovaire persiste bien après que les femmes aient cessé de prendre des CO. Même les femmes qui avaient arrêté l’emploi des CO depuis 15 ans ou plus couraient à peine la moitié des risques des femmes qui ne s’en étaient jamais servies. Les 11 formulations de la pilule qui ont été étudiées offraient une protection analogue, que la formulation contienne une forte ou une faible dose (59).

L’effet de protection des CO contre le cancer épithélial de l’ovaire peut prendre de l’importance au cours des prochaines années. Toutes les études effectuées jusqu’ici ont porté sur les femmes de moins de 55 ans, puisque la plupart des utilisatrices, actuelles et passées, des CO appartiennent à ce groupe d’âge. Le cancer de l’ovaire se rencontre cependant le plus fréquemment chez les femmes de plus de 60 ans. Comme l’effet de protection des CO semble persister pendant de longues années, un emploi généralisé des CO pourraient finir par susciter une diminution de l’incidence de cette maladie souvent mortelle. Le cancer épithélial de l’ovaire est de loin le type le plus fréquent de cancer de l’ovaire (59).


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