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Faits saillants
Avril, 1999 Série H, Numéro 9 |
Le comportement sexuel
et les condoms On a dit que le SIDA était une maladie du comportement (12). Si on évitait plus souvent un comportement sexuel dangereux — en employant des condoms ou en s’abstenant de rapports sexuels sauf dans un cadre monogame — on pourrait éviter de contracter des infections sexuellement transmises (IST), comme le SIDA. Or, il est peu probable que les attitudes à l’égard des condoms changent beaucoup, à moins que les normes sociales ne changent elles aussi (74). Dans certaines cultures, de puissantes normes de masculinité découragent l’emploi des condoms et encouragent les hommes à prendre des risques sexuels, par exemple voir des professionnelles du sexe et avoir de multiples partenaires. Certains peuvent penser, à tort, qu’ils ne courent que peu ou pas de risques. D’autres peuvent éviter les condoms parce qu’ils ne leur font pas confiance et n’aiment pas leur image. Bien entendu, les condoms seraient plus utilisés s’ils étaient plus accessibles et si on en faisait davantage la propagande (voir Chapitre 6, Amélioration de l'accès). Cependant, l’accès et la propagande ne suffisent pas. Au fur et à mesure qu’a augmenté le besoin de condoms et qu’on s’est davantage préoccupé de rendre sans danger les rapports sexuels, il est devenu de plus en plus important que les programmes s’occupent des questions de confiance, de négociation et de communication entre les partenaires.
Normes sociales et culturellesL’inégalité entre les sexes — le fait que les femmes ont moins de pouvoir que les hommes — empêche beaucoup de femmes d’employer des condoms, voire d’en parler avec un partenaire sexuel (269, 339, 440, 566, 587). Il faut que la femme ait une attitude plus positive que celle que lui attribue la norme dans la plupart des cultures pour qu’elle demande à son mari d’employer des condoms (237, 563). En règle générale, quand les femmes sont assujetties à l’homme, il leur est plus difficile de protéger leur propre santé reproductive (148, 566, 587). Par exemple, en Afrique orientale et centrale, les femmes qui croient que leur maris sont séropositifs continuent d’accepter des rapports sexuels sans condoms ; en effet, il est important qu’elles aient des enfants si elles veulent préserver leur position dans la famille et dans la communauté (62, 310, 357). Une étude portant sur des Thaïlandaises a constaté que, pour être considérée comme un ‹‹ bon élément ›› de sa société, une femme doit accepter que son mari aient de multiples partenaires sexuels, alors même qu’elle ne peut pas faire de même (241, 297). Même les femmes qui savent que leurs maris ont des rapports extra-conjugaux peuvent craindre de proposer l’emploi de condoms (339, 600). Dans certains cas, elles ont moins peur du SIDA que peur de représailles si elles suggèrent d’employer des condoms (54, 358). De nombreuses épouses craignent que, si elles demandent d’employer le condom, leurs maris les accusent d’infidélité, réagissent violemment, ou les abandonnent (4, 55, 204, 237). Une étude de neuf communautés du Népal a constaté que le désir d’avoir une ‹‹ bonne réputation ›› empêchait souvent les femmes d’employer des condoms. Si une femme se hasardait à mentionner ne fût-ce que l’emploi des condoms, on mettrait alors en doute sa bonne réputation et sa fidélité (490). Au Kenya, les épouses déclaraient qu’elles ne pouvaient pas parler de sexualité à leurs maris de crainte d’être accusées d’en avoir eu connaissance à l’occasion de rapports extra-conjuguaux (45). Comportement des hommes. Dans la plupart des cultures, les hommes ont plus de latitude que les femmes pour choisir des condoms. Or, même quand ils savent que des rapports non protégés peuvent être dangereux, il arrive souvent que les hommes ne se protègent ni eux ni leurs partenaires en raison des pressions exercées par leurs camarades contre l’emploi des condoms (289). Par contre, les hommes utilisent plus volontiers les condoms quand ils pensent que c’est la norme sociale. Par exemple, les Ougandais qui, dans les ateliers, convenaient que ‹‹ beaucoup de leurs camarades emploient désormais des condoms ›› avaient trois fois plus de probabilités d’avoir employé des condoms au cours des deux derniers mois que ceux qui n’étaient pas d’accord sur ce point (345). Par ailleurs, une étude d’adolescents américains a observé qu’ils employaient sans doute plus régulièrement des condoms s’ìls pensaient que leurs camarades en faisaient autant (513). En Thaïlande, avant le programme à succès ‹‹ 100 % de condoms ›› (voir Chapitre 7.4), le taux d’emploi des condoms était même moins élevé parmi les hommes fréquentant les professionnelles du sexe parce que leurs camarades narguaient l’emploi des condoms. Depuis le début de la compagne des condoms, l’emploi des condoms est en hausse, à mesure que les normes évoluent en réponse à la prise de conscience des risques associés au sexe sans protection (241, 297). |