Table des matières

         Chapitres
  1. Une crise de santé: la pénurie de condoms
  2. Le comportement sexuel et les condoms
  3. La connaissance des condoms et du SIDA
  4. Quelle est l’efficacité des condoms ?
  5. De nouveaux condoms pour le nouveau millénaire
  6. Amélioration de l’accès
  7. Promotion des condoms
  8. Politiques d’emploi du condom

Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202 USA.


Volume XXVII, Numéro 1
Avril, 1999

Série H, Numéro 9
Connaissance des condoms et du SIDA

Pour éviter le SIDA, les personnes sexuellement actives qui ne sont pas mutuellement monogames doivent avoir connaissance du SIDA et des condoms, savoir que les condoms empêchent le SIDA, comment on peut s’en procurer et comment s’en servir correctement. Population Reports a analysé de nouvelles données d’enquêtes démographiques et de santé concernant 27 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine (voir Tableau 5).

Ces données, et d’autres études, conduisent à croire que, si on veut se protéger contre le SIDA, et protéger son partenaire, les niveaux de connaissances doivent s’améliorer. Dans la plupart des pays, presque tout le monde a entendu parler du SIDA. On connait bien aussi les condoms. Or, un grand nombre de personnes qui ont entendu parler du SIDA et des condoms ne savent pas que l’emploi de ces derniers peut empêcher le SIDA. Ce manque de connaissance peut être mortel.

Connaissance du SIDA

Les enquêtes démographiques et de santé comportent deux questions concernant le SIDA. La première demande, sans mentionner le SIDA, d’indiquer ‹‹ toutes les maladies connues qui peuvent être transmises par voie sexuelle ››. L’autre question mentionne nommément la maladie : ‹‹ Avez-vous entendu parler d’une maladie appelée SIDA ? ››.

Quand on cite le nom de la maladie, une forte majorité des personnes interrogées, dans tous les pays, ont déclaré avoir entendu parler du SIDA. Ce taux de réponses ne veut pas nécessairement dire cependant que les personnes savent comment se transmet le SIDA, ou qu’on peut l’empêcher en utilisant des condoms.

Moins de personnes mentionnent le SIDA quand on leur demande de nommer spontanément des maladies, sans leur souffler de réponse ; cela n’est pas surprenant. Par exemple, au Mali, seulement 70 % des hommes mariés ont mentionné spontanément le SIDA, alors que 93 % déclaraient, quand on les aidait, en avoir entendu parler (122). En Haïti, 77 % des femmes jamais mariées mentionnaient spontanément le SIDA, contre 97 % quand on les aidait (87).

Dans beaucoup de pays, les hommes ont mieux conscience du SIDA que les femmes, tandis que les femmes jamais mariées sont légèrement plus susceptibles que les femmes mariées d’avoir entendu parler du SIDA. Cependant, dans la plupart des pays d’Amérique latine, la connaissance du SIDA est quasiment universelle aussi bien parmi les hommes que parmi les femmes. Les différences de connaissance du SIDA entre hommes et femmes sont plus prononcées en Afrique occidentale. Au Niger, qui représente le cas extrême, 90 % des hommes mariés interrogés en 1997 disaient avoir entendu parler du SIDA, contre 51 % des femmes mariées (voir Tableau 5).

D’autres études effectuées en Chine, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Turquie ont également constaté un manque important de connaissance du VIH/SIDA et d’autres IST (59, 299, 320).

Connaissance des condoms

La plupart de ceux qui ont entendu parler du SIDA connaissent aussi les condoms. En règle générale, parmi les personnes mariées qui ont entendu parler du SIDA, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de savoir ce que sont les condoms. Parmi tous les hommes et les femmes qui ont entendu parler du SIDA, les hommes jamais mariés — le groupe qui court le plus de risques de SIDA — ont le plus de chances de connaître les condoms (voir Tableau 5).

Néanmoins, une personne qui dit connaître les condoms peut ne pas savoir grande chose à leur propos, y compris comment s’en servir correctement. En Ouganda, en 1993, une étude a constaté que la quasi-totalité des personnes interrogées avaient entendu parler des condoms mais que seulement environ un sur 10 savait comment s’en servir correctement (283). Au Ghana, en 1997, des recherches qualitatives ont constaté qu’un grand nombre de jeunes femmes évitaient les condoms parce qu’elles croyaient, à tort, que les condoms se déchiraient dans la plupart des cas et causaient une série de problèmes de santé (214). Dans le Gujarat, en Inde, une étude de 1997 a montré que 15 % seulement des personnes interrogées savaient qu’un condom ne devait pas être réutilisé, et que 7 % seulement savant qu’il ne fallait pas employer un lubrifiant à base d’huile avec un condom en latex (485).

Courtesy of JHU/CCP
JHU/CCP
Au Mexique et ailleurs, les condoms se vendent en pharmacie et dans d’autres magasins de détail. Beaucoup de gens savent que les condoms empêchent les IST. Aucune IST, VIH compris, ne peut traverser un condom intact en latex.

Connaissance du fait que l’emploi des
condoms peut empêcher le SIDA

Les enquêtes démographiques et de santé comportent une question qui, sans mentionner les condoms, demande aux personnes interrogées qui ont entendu parler du SIDA ce qu’une personne peut faire pour l’éviter. Parmi ceux qui ont entendu parler du SIDA, les hommes et les femmes jamais mariés sont en général plus susceptibles que les personnes mariées de savoir que les condoms peuvent empêcher le SIDA. Néanmoins, dans plusieurs pays étudiés — Bénin, Tchad, Mozambique et Ouganda — seule une minorité d’hommes jamais mariés qui avaient entendu parler du SIDA savaient que les condoms peuvent l’empêcher (voir Tableau 5).

Dans tous les pays étudiés, une majorité d’hommes jamais mariés qui ont conscience du SIDA et connaissent les condoms savent aussi où s’en procurer. Dans 11 pays étudiés sur 13, il en va de même des femmes jamais mariées. En règle générale, les femmes mariées sont moins susceptibles de connaître une source de condoms.


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Population Reports