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Faits saillants
Avril, 1999 Série H, Numéro 9 |
Promotion à double but et par deux méthodesPromotion à double but. De nombreuses formules mettent en exergue les doubles avantages à retirer des condoms (219, 234). Un nombre grandissant de programmes de planification familiale fournissent des informations et donnent des conseils au sujet des IST et font la propagande des condoms aux fins de prévention des IST et de contraception. Il reste néanmoins encore beaucoup à faire. Une étude des dispensaires de neuf pays africains a constaté que seulement 2 % à 36 % des nouvelles clientes étaient informées du fait que les condoms étaient une méthode efficace de prévention des IST (359). En offrant un choix de raisons d’employer des condoms, on encourage leur emploi (171). Au Ghana, des recherches qui ont utilisé la formule des groupes d’expression ont constaté que les femmes se sentaient plus à l’aise lorsqu’elle parlaient à leur mari de l’emploi des condoms à des fins de planification familiale, même si elles s’inquiétaient aussi des possibilités d’attraper une maladie (31, 426). Au Zimbabwe, les femmes ont déclaré que parler de contraception était une bonne formule de négociation pour conduire à l’utilisation des condoms (424).
Promotion pour deux méthodes. Un autre problème en matière de propagande des condoms est celui qui se pose quand il faut faire parvenir à des gens qui emploient déjà une autre méthode efficace de contraception le message qu’ils doivent aussi se servir de condoms pour se protéger contre les IST (28, 104). Une promotion en faveur de deux méthodes risque de faire diminuer l’emploi de l’une d’elles (104, 126, 155, 180, 237, 499). En effet, une double méthode peut faire augmenter les coûts à la charge de l’utilisateur (480). En régle générale, l’emploi constant des condoms comme méthode secondaire diminue au fur et à mesure qu’augmente l’efficacité de la méthode principale de contraception (174, 472). Aux Etats-Unis, l’emploi du condom a diminué parmi les femmes qui ont adopté les implants Norplant ou les injectables Depo-Provera En particulier, le recul était surtout prononcé parmi les femmes n’ayant qu’un seul partenaire, alors que l’emploi du condom augmentait parmi les femmes qui avaient de multiples partenaires (126). Beaucoup de couples ont des difficultés à employer deux méthodes de contraception (237). Certains dispensateurs recommandent désormais que tous les utilisateurs de condoms et d’autres méthodes mécaniques disposent de pilules contraceptives d’urgence à titre de méthode de secours. Toutefois, ces méthodes de secours n’empêchent pas les IST (48). Liens entre prévention des IST et programmes de planification familiale. Dans la plupart des pays, les programmes de planification familiale et les programmes de prévention des IST ont fonctionné séparément, avec des objectifs différents, des raisons différentes d’encourager l’emploi des condoms, des débouchés différents, voire une clientèle et des publics différents. L’idée d’employer des condoms pour empêcher le VIH/SIDA s’est répandue surtout en marge des programmes de planification familiale et de santé materno-infantile (SMI), dont beaucoup avaient le souci de ne pas ternir leur réputation en s’occupant du SIDA et d’autres IST. Néanmoins, au fur et à mesure que les condoms ont été largement préconisés à des fins de double protection, il est devenu plus acceptable de lier planification familiale et programmes de lutte contre les IST. Beaucoup d’observateurs ont insisté sur une meilleure liaison ou intégration de ces deux éléments (49, 105). En 1994, le Programme d’action de la Conférence du Caire sur la population et le développement (CIPD) a affirmé que ‹‹ les programmes de planification familiale donnent de meilleurs résultats quand ils font partie de programmes plus larges de santé reproductive, ou leur sont liés ›› (542). Les différences entre les deux sortes de services peuvent rendre difficile leur intégration (12, 84, 294), mais beaucoup d’observateurs concluent cependant que les bénéfices l’emportent sur les difficultés (51, 52, 294, 328, 334, 545, 554). Néanmoins, une étude récente de cinq pays africains a constaté que les programmes non gouvernementaux qui visent uniquement la planification familiale sont souvent plus efficaces que les programmes intégrés gouvernementaux de soins de santé reproductive. Les chercheurs concluent que les programmes doivent s’adapter à la situation locale (514). Souvent, le manque de financement et les hésitations des institutions et du personnel font obstacle à l’intégration (554) mais, dans plusieurs pays, les programmes de planification familiale et de santé materno-infantile ont réussi à ajouter la prévention des IST à leur activités. Au Népal, par exemple, les craintes que suscitaient des stigmates éventuels d’IST se sont révélées pour la plupart sans fondement (12). Ailleurs, la publicité accrue des condoms aux fins de prévention du SIDA a amélioré leur image et a donc fait également intensifier leur emploi à des fins de contraception. Au Mexique, à la Jamaïque et au Brésil, des enquêtes ont constaté que l’inclusion de messages concernant le SIDA dans les communications de planification familiale ne modifiait pas l’image du condom en tant que méthode de planification familiale (102, 176). Par ailleurs, en Colombie, une campagne à la radio qui faisait la promotion des condoms pour la prévention du SIDA mentionnait la Asociación Pro-Bienestar de la Familia (PROFAMILIA), qui est l’organisation de planification familiale. Des enquêtes ont constaté que l’image des condoms s’améliorait, tandis que les attitudes à l’égard de PROFAMILIA restaient positives (36, 385). L’Association de planification familiale de la Jamaïque (FAMPLAN) a ajouté le counseling en matière de ‹‹ sexe sans danger ›› et de prévention du VIH au programme de travail de ses dispensaires de planification familiale, à ses antennes en milieu rural et à ses programmes à l’intention des nomades, des ouvriers d’usine et de la jeunesse. Le conditionnement des condoms FAMPLAN souligne le double avantage des condoms et préconise l’emploi de deux méthodes (481). Au bout d’un an, en 1994, le programme intégré avait distribué 213.000 condoms, contre 60.000 en 1992, c’est-à dire l’année qui précédait l’intégration (481). Il faut soigneusement examiner la question de l’intégration ; en effet, l’intégration du diagnostic et du traitement des IST aux services de planification familiale n’est PAS nécessairement la façon la plus efficace de réduire la prévalence des IST. Pour les programmes que soutient l’USAID, on recommande de s’attacher au contraire à la prévention des IST en préconisant et en distribuant des condoms et en encourageant un comportement sexuel sans danger, notamment parmi les groupes à risques élevés (553). |