Table des matières

         Chapitres
  1. Une crise de santé: la pénurie de condoms
  2. Le comportement sexuel et les condoms
  3. La connaissance des condoms et du SIDA
  4. Quelle est l’efficacité des condoms ?
  5. De nouveaux condoms pour le nouveau millénaire
  6. Amélioration de l’accès
  7. Promotion des condoms
  8. Politiques d’emploi du condom

Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202 USA.


Volume XXVII, Numéro 1
Avril, 1999

Série H, Numéro 9

La promotion des condoms donne des résultats

La promotion des condoms est efficace. Elle peut faire augmenter leur emploi et aider à réduire les taux d’infection (338). Au Sénégal, par exemple, le gouvernement a commencé à faire la promotion des condoms dès qu’on a découvert le SIDA dans le pays, ce qui a aidé à maintenir la prévalence du VIH à moins de 2 % des adultes, soit l’un des taux les plus faibles de l’Afrique sub-saharienne. La prévalence des IST parmi les professionnelles du sexe a été réduite de plus de moitié, de 45 % en 1991 à 20 % en 1996 (478).

Les exemples de la Thaïlande, de l’Ouganda et du Népal montrent comment peut fonctionner la promotion des condoms.

Thaïlande. Le Programme de 100 pour cent de condoms, en Thaïlande, a été l’une des campagnes les plus réussies de promotion des condoms (308). Ce programme se donnait pour but de rendre l’emploi des condoms universel parmi les professionnelles du sexe. Si un client refusait d’utiliser un condom, la femme était censée lui refuser ses services et lui rendre son argent. Le gouvernement a fermé les bordels qui ne respectaient par le programme (226, 304, 308, 456).

Entre 1989 et 1994, l’emploi des condoms dans les établissements de commerce du sexe est passé d’environ 25 % à plus de 90 % de tous les actes sexuels. Les taux d’IST parmi les professionnelles du sexe ont reculé de plus de 85 % (226, 456). Par ailleurs, une enquête auprès des nouvelles recrues de l’armée effectuée en 1991, quand la campagne a commencé, puis dix ans plus tard, a montré que non seulement les nouvelles recrues de l’armée étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir employé des condoms que le groupe précédent, mais se rendaient aussi moins souvent au bordel (100, 308).

Le SIDA continue à poser problème en Thaïlande, mais on impute à la promotion des condoms et à d’autres activités de prévention un recul de la prévalence générale du VIH et d’autres IST (321) (voir Figure 2). Une vigoureuse campagne dans les médias et la distribution de condoms gratuits ont ralenti l’épidémie de SIDA (157). Comme le déclare un fonctionnaire de l’ONUSIDA : ‹‹ La Thaïlande est un bon exemple montrant que, si l’on fait quelque chose de bien, on peut effectivement exercer une influence importante sur le déroulement de l’épidémie de SIDA ›› (308).

Ouganda. A un moment donné, l’Ouganda avait le taux d’infection du SIDA le plus élevé du monde (133). Tandis que la plupart des autres pays en développement ont vu depuis lors augmenter l’incidence du VIH/SIDA, l’Ouganda a enregistré une diminution du taux d’infection qui va jusqu’à 25 % par rapport à son chiffre des années 1880. L’Ouganda est le seul pays de l’Afrique sub-saharienne où l’incidence du SIDA a baissé (330, 603).

Yoweri Museveni, président de l’Ouganda depuis 1986, a été un activiste et un vigoureux solliciteur d’appui des programmes de prévention du SIDA (133). L’Equipe nationale spécialisée sur le SIDA a été constituée en 1990 (32). En 1991, on a commencé un programme multisectoriel comportant la distribution de condoms et une campagne faisant intervenir des chansons, des troupes théâtrales, le counseling et des services de soutien (21). En 1995, on a commencé une campagne nationale de promotion — avec des chansons, des feuilletons radiodiffusés et télévisés, des affiches et d’autres formules qui préconisaient le ‹‹ sexe sans danger ››, la continence, la réduction du nombre de partenaires sexuels et l’emploi du condom par les jeunes (286).

On a constaté par la suite une élévation de l’âge des premiers rapports sexuels et un accroissement de la monogamie, en même temps qu’une diminution de la prévalence du VIH, notamment parmi les jeunes (147, 270). D’après des analyses de sang effectués dans cinq localités, le pourcentage de femmes enceintes atteintes de VIH diminue depuis 1991 (2, 270, 338). L’emploi de condoms a sensiblement augmenté parmi les jeunes. Parmi les hommes âgés de 15 à 19 ans, le pourcentage de ceux qui avaient employé des condoms est passé de 20 % en 1989 à 60 % environ en 1995 (270).

Népal. Au Népal, une campagne de promotion a ciblé les professionnelles du sexe et leurs clients camionneurs. Ces derniers forment un public important parce qu’ils font souvent de longs parcours et vont voir les professionnelles quand ils restent pendant longtemps loin de chez eux (382, 453, 493, 587). La fourniture de condoms et de renseignements le long de l’itinéraire des camions a aidé à atténuer le comportement dangereux des professionnelles et des camionneurs. Entre 1994 et 1996, le nombre de condoms employés par les professionnelles du sexe le long des parcours a presque doublé, pour atteindre 61 %. Par contre, l’emploi des condoms a reculé dans un groupe de comparaison composé de professionnelles qui n’avaient reçu ni informations ni condoms (269).


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