![]() Table des matières
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202 USA. Avril, 1999 Série H, Numéro 9 |
Réduire la pénurie de condoms On a besoin de plus en plus de condoms au fur et à mesure qu’augmente l’incidence du VIH/SIDA et des infections sexuellement transmises (IST). On sauverait un grand nombre de vies et réduirait les énormes conséquences et coûts des IST et des grossesses non souhaitées si on rendait les condoms plus accessibles, si on les faisait mieux connaître et si on aidait à surmonter les obstacles d’ordre social et personnel qui entravent leur utilisation. En l’absence de rapports mutuellement monogames, toute personne sexuellement active devrait toujours employer des condoms. On estime qu’on devrait utiliser 24 milliards de condoms par an ; or, leur consommation est bien inférieure à ce chiffre ; elle se situe, pense-t-on, entre 6 et 9 milliards par an. Pour éviter le SIDA, une population de plus en plus nombreuse de célibataires modifie son comportement sexuel. Certains évitent entièrement tous rapports sexuels tandis que d’autres ont commencé à employer des condoms. Dans les pays qui ont fait l’objet d’enquêtes, 5 % à 33 % des hommes jamais mariés déclarent avoir commencé à se servir de condoms pour éviter le SIDA. Mais beaucoup d’autres n’ont pas adopté un comportement sexuel dénué de risques. Les taux d’emploi du condom sont moins élevés dans le mariage que parmi les célibataires sexuellement actifs. Or, un grand nombre de couples mariés ont eux aussi besoin de condoms à des fins de planification familiale et pour se protéger contre les IST. Réduction de la pénurieCombler le fossé qui existe entre la demande et l’emploi de condoms pose un grand problème de santé publique. Il y a de par le monde au moins 33 millions d’êtres qui sont atteints de VIH/SIDA ; par ailleurs, l’épidémie a fait 14 millions de morts. On estime qu’il y a chaque jour 16.000 nouvelles infections. Environ 6 fois sur 10, ces nouvelles infections frappent des femmes, et un grand nombre de nouveaux-nés contractent le virus de leurs mères infectées. Les mesures prises pour faire augmenter l’emploi des condoms sont de bons investissements d’ordre social et économique, sans parler de leurs bénéfices sur le plan de la santé. Un emploi accru des condoms réduirait les taux d’infection par le VIH et ralentirait la diffusion du SIDA, permettant ainsi de répondre à d’autres besoins de santé au lieu d’avoir à parer aux conséquences de ce dernier. Pourquoi les condoms ne sont-ils pas davantage employés ?Malgré l’épidémie de SIDA, nombreux sont ceux qui ont un comportement sexuel dangereux — même s’ils savent que les condoms empêchent les infections. Il est peu probable que toute la population sexuellement active aille toujours employer un condom quand elle le devrait. Des normes sociales profondément enracinées encouragent les hommes à courir des risques sexuels, par exemple à voir des professionelles du sexe, et découragent en même temps le recours aux condoms. La tradition veut que les femmes ne doivent ni parler de sexualité ni demander des condoms. Les femmes peuvent savoir que leurs maris ont des rapports sexuels en dehors du mariage mais ne peuvent pas proposer des condoms par crainte que leurs maris ne les maltraitent ou les rejettent. D’autres obstacles s’opposent aussi à l’emploi des condoms. Certains ne connaissent pas grand chose au sujet des condoms, ne les aiment pas, n’ont pas les moyens d’en acheter, ou ne peuvent pas s’en procurer facilement. Des femmes croient, à tort, qu’elles ne courent que peu ou pas de risque de grossesse ou d’IST. Les jeunes célibataires se trouvent dans une situation particulièrement dangereuse : beaucoup font l’objet de pressions sociales qui les incitent à avoir des rapports sexuels mais ont des difficultés à se procurer des condoms. Possibilités offertes par les programmesLes condoms empêchent les infections et la grossesse — mais uniquement quand on s’en sert correctement et constamment. Les campagnes de communication peuvent aider à faire une norme sociale de l’emploi du condom, mais il n’en va pas de même de la prise de risques sexuels. Les programmes de santé de la reproduction doivent aussi évoquer les questions de confiance, de négociation et de communication entre partenaires qui sont importantes pour l’emploi des condoms et sont essentielles aux rapports sexuels dénués de danger. Les condoms devraient être accessibles à tous et fournis non seulement dans des dispensaires et des magasins de vente au détail mais aussi dans des hôtels, des bars, des épiceries et des distributeurs automatiques. Les programmes peuvent toucher davantage de groupes qui ont besoin de condoms, dont les jeunes, les hommes célibataires et les professionnelles du sexe. En particulier, les programmes peuvent, dans le cadre d’un marketing social, offrir des condoms à des prix subventionnés dans des magasins de vente au détail. Dans le monde en développement, le marketing social a fourni environ 900 millions de condoms en 1997. Accès et propagande se renforcent mutuellement. La propagande peut améliorer l’image des condoms, en mettant en relief leur facilité d’emploi, leur fiabilité et leur importance. Le counseling et les médias peuvent encourager un comportement sexuel dénué de danger et apprendre à négocier l’emploi du condom. La plupart des pays doivent, notamment à cause du SIDA, redoubler d’efforts pour encourager l’emploi des condoms. Les gouvernements, les programmes de santé, les fabriquants, les organisations de donateurs, les détaillants et les agents de santé doivent unir leurs efforts pour faire en sorte que les approvisionnements en condoms, les informations et les services les concernant répondent à ce besoin grandissant. |