CONTENTS
Chapitres
- Plus nombreux, besoins divers
- Croissance, changement et risque
- Programmes pour jeunes adultes
- Résultats des évaluations
- Obtenir le soutien de la ommunauté et des
jeunes dultes
HIGHLIGHTS
Ce numéro comporte également :
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Volume XXIII, Numéro 3
Octobre, 1997 |
Chaque année, il y a dans le monde des millions de jeunes adultes qui sont atteints de MST (394). Aux
Etats-Unis, par exemple, parmi toutes les tranches d'âge, ce sont les filles âgées de 15 à 19 ans qui ont la plus forte incidence de gonorrhée parmi les femmes, tandis que les garçons de 15 à 19 ans ont la plus forte incidence parmi les hommes (498). (Voir Population Reports, Lutte contre les maladies sexuellement transmises, L-9, Juin 1993). En outre, au moins la moitié — jusqu'à 6 millions — des séropositifs ont moins de 25 ans (394). Sur le million de sidaïques qu'on trouve dans le monde, la forte proportion de malades âgés de 20 à 30 ans montre qu'ils ont contracté l'infection avant d'avoir 20 ans. Aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, les profils de transmission révèlent que les jeunes femmes forment le groupe qui court le plus grand risque d'infection par le VIH à la suite d'un contact hétérosexuel (92). Une étude effectuée récemment au Zimbabwe, par exemple, a révélé que 30 % des femmes enceintes âgées de 15 à 19 ans étaient séropositives (508).
Les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables aux MST car :
- La plupart ne connaissent pas grand chose des MST, même s'ils sont sexuellement actifs (8, 303). Même s'ils se rendent dans des dispensaires de planning familial, les jeunes peuvent ne pas y recevoir d'informations au sujet des MST. Une étude effectuée en Afrique du sud a révélé en effet que les jeunes volontaires qui venaient demander des condoms ne recevaient des conseils au sujet du SIDA qu'une fois seulement sur 48 visites (5).
- Même quand ils connaissent l'existence des MST, les jeunes adultes
emploient irrégulièrement le condom (146, 175) (voir Chapitre
1.7).
- Les jeunes changent d'autant plus fréquemment de partenaire sexuel et, partant, courent d'autant plus de risques de MST qu'ils commencent tôt à être sexuellement actifs.
- Les pathogènes des MST peuvent pénétrer plus facilement dans la glaire cervicale des jeunes femmes que dans celle des femmes plus âgées. Le col d'une jeune femme est plus réceptif à la gonorrhée, aux chlamydia et au virus de papillome humain transmis sexuellement qui cause le cancer du col (64, 312, 340, 341).
- Les jeunes peuvent hésiter plus que les adultes à se faire soigner pour des MST parce qu'on critique leurs activités sexuelles. En outre, il peut arriver qu'ils ne se sachent pas atteints d'une maladie. Il se peut aussi qu'ils se sentent trop gênés pour se rendre dans un dispensaire, qu'ils n'aient pas accès à un tel établissement ou ne soient pas en mesure de payer les services. Beaucoup d'entre eux vont voir des guérisseurs traditionnels incompétents ou se procurent des antibiotiques chez des pharmaciens ou auprès de colporteurs sans avoir reçu un diagnostic convenable. Un traitement inapproprié ou, tout particulièrement, un traitement incomplet des MST peut masquer les symptômes sans guérir complètement la maladie, ce qui rend plus probable sa transmission à d'autres personnes et le déclenchement de complications, par exemple la stérilité (185).
- Partout dans le monde en développement, des millions d'adolescents vivent ou travaillent dans la rue et beaucoup d'entre eux font le commerce du sexe, ce qui augmente leur exposition aux MST (38, 60, 163, 225, 403, 404, 420).
- Les jeunes peuvent être amenés de force à avoir des relations sexuelles ou n'être guère en mesure, dans leurs rapports sexuels, de négocier l'emploi du condom, notamment si leur partenaire est plus âgé (324) — situation qui crée un double risque puisque les hommes plus âgés sont plus susceptibles d'être infectés (76). Dans certaines régions, les adultes qui recherchent des partenaires non infectées pour de brèves rencontres sexuelles sont de plus en plus attirés par les jeunes femmes (305, 352, 484).
Les MST non traitées peuvent causer la stérilité chez les hommes et les femmes et avoir aussi d'autres conséquences dévastatrices pour les jeunes femmes et leurs enfants. Chez les femmes, les MST, et notamment la gonorrhée et la chlamydia, peuvent provoquer une salpingite qui entraîne des lésions irréversibles des trompes de Fallope et se solde donc par la stérilité (65, 286, 411, 521, 541). Même un seul épisode de salpingite fait accroître le risque de grossesse ectopique qui peut être mortelle lorsqu'une forte hémorragie interne se produit soudainement si le foetus mal positionné rompt la trompe de Fallope. La salpingite peut aussi entraîner des douleurs chroniques du bassin, un coït douloureux, des règles irrégulières et des épisodes répétés de la maladie (64). La stérilité est particulièrement tragique pour les jeunes femmes qui vivent dans des cultures où les enfants sont pour elles la principale voie d'accès à la respectabilité sociale (293, 541).
Chez les femmes enceintes, les MST peuvent compromettre la santé du bébé et celle de la mère. Les MST jouent un rôle dans les naissances prématurées et dans le faible poids à la naissance (90, 286). La syphilis et l'herpès génital peuvent provoquer un avortement spontané, la mortinatalité ou la mort périnatale (117). La gonorrhée et la chlamydie peuvent infecter les yeux du bébé durant l'accouchement et compromettre sa vision si on ne les traite pas (293, 541). |