CONTENTS
Chapitres
- Plus nombreux, besoins divers
- Croissance, changement et risque
- Programmes pour jeunes adultes
- Résultats des évaluations
- Obtenir le soutien de la ommunauté et des
jeunes dultes
HIGHLIGHTS
Ce numéro comporte également :
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Volume XXIII, Numéro 3
Octobre, 1997 |
Pour les jeunes femmes à l'aube de l'âge adulte, les risques de l'enfantement ne s'arrêtent pas à l'accouchement. Par rapport à une femme qui attend d'avoir au moins 20 ans pour fonder une famille, la femme qui a son premier enfant avant 20 ans court plus de risques :
- d'obtenir moins d'éducation,
- d'avoir moins de posssibilités d'emploi et un moindre revenu,
- d'être divorcée ou séparée de son partenaire (405, 450), et
- de vivre dans la pauvreté.
Les conséquences sociales d'un enfantement précoce varient selon les cultures. Là où les femmes se marient jeunes et commencent tôt à avoir des enfants, la maternité apporte souvent la respectabilité et le standing social. Si on attend d'une jeune femme qu'elle fournisse la preuve de sa fécondité pour pouvoir se marier, comme cela se produit dans certaines régions d'Afrique, une grossesse peut, même si elle n'est pas souhaitée, améliorer la condition sociale d'une jeune femme en accélérant son mariage ou en assurant son soutien économique (55, 373, 398). Là où les filles n'ont guère de possibilités de poursuivre leur éducation ou de gagner leur vie, une maternité précoce, même en dehors du mariage, peut être considérée comme la voie principale qui conduit à la maturité et à l'épanouissement (49, 50, 398, 458).
Cependant, de nombreuses sociétés jettent l'opprobe sur les jeunes célibataires qui ont des enfants et estiment que leurs souffrances affectives et économiques sont méritées (366). C'est pourquoi de nombreuses familles préfèrent marier leurs filles alors qu'elles sont encore jeunes, pour éviter le risque de les voir tomber enceintes avant le mariage. Dans les sociétés où le divorce est inacceptable, les femmes qui sont obligées de se marier jeunes parce qu'elles sont enceintes peuvent s'attendre à subir des sévices ou à n'avoir guère d'influence, sans qu'elles puissent faire grand chose pour changer leur situation (359). Si une jeune femme tombe enceinte avant le mariage, elle peut être chassée de chez elle ou renvoyée par ses parents. Quand une jeune femme ne peut pas supporter la perspective de sanctions sociales et familiales, elle peut s'enfuir ou essayer de se suicider (293). Dans le monde, un nombre disproportionné de suicides sont commis par des adolescentes enceintes (89, 162).
Conséquences sur le plan de l'éducation. Les jeunes femmes qui commencent tôt à avoir des enfants ont une scolarité plus courte que les femmes qui attendent d'avoir 20 ans ou plus pour devenir mères (272, 273, 406). Dans les pays en développement, les étudiantes qui tombent enceintes reviennent rarement à l'école, qu'elles soient mariées ou non (178). Au Kenya, près de 10.000 étudiantes sont obligées d'abandonner chaque année leurs études parce qu'elles sont enceintes (154). Dans ce pays et ailleurs, les écoles expulsent d'habitude les jeunes femmes qui tombent enceintes, mais ne prennent que rarement des mesures contre les étudiants fautifs. Beaucoup de jeunes femmes risquent un avortement dangereux pour éviter d'avoir à abandonner leurs études. Bien que certains pays soient en train de modifier leurs politiques d'expulsion des étudiantes enceintes, la plupart des jeunes femmes ne peuvent pas reprendre leur scolarité après l'accouchement car elles doivent s'occuper de leur enfant (178). Dans le monde entier, des programmes de diffusion et certains centres féminins aident les jeunes mères à conjuguer maternité et scolarité (232, 385, 409). Par exemple, à la Jamaïque, le Programme des centres féminins a permis à 64 % des femmes qui y participaient de reprendre leurs études, alors que la proportion n'atteint que 15 % dans le cas des non participantes (232). Malheureusement, il y a peu de programmes de ce genre.
Conséquences économiques. En raison de l'évolution économique et sociale qui marque le monde en développement, une maternité et une paternité précoces entraînent souvent désormais des conséquences économiques plus profondes et plus durables qu'autrefois. De plus en plus, les jeunes femmes, tout comme les jeunes hommes, constatent qu'ils ont besoin d'emplois rémunérés et que, pour obtenir ces emplois, une éducation est nécessaire. Quand les jeunes femmes n'ont guère de possibilités d'avancement économique, comme c'est le cas dans les zones rurales de beaucoup de pays en développement, il se peut qu'un enfantement précoce ne fasse pas empirer les perspectives déjà médiocres qui leur étaient offertes. Cependant, la plupart des zones urbaines offrent à une jeune femme certaines possibilités d'emploi rémunéré, à condition qu'elle soit compétente. En pareil cas, une habitante des villes qui a un enfant avant d'avoir 20 ans peut subir les mêmes handicaps économiques que son homologue des pays développés, en grande partie parce que son éducation s'est arrêtée prématurément (209, 530). Dans les rapports entre pauvreté et maternité précoce, les relations de cause à effet semblent jouer dans les deux sens (582). Les femmes les plus pauvres sont celles qui risquent le plus d'avoir des enfants quand elles sont jeunes et celles qui ont des enfants durant leur jeunesse sont également celles qui vont probablement rester pauvres (23, 43, 179, 273). A l'extrême, un grand nombre de mères célibataires sont contraintes de vendre leur corps pour vivre et assurer l'existence de leurs bébés (516).
La plupart des pays en développement n'ont guère de dispositions légales obligeant le père à aider financièrement la mère et l'enfant. Même quand l'aide est obligatoire, comme c'est le cas aux Etats-Unis, l'application de la loi peut être capricieuse ou sans effet. Dans certaines sociétés, les jeunes célibataires qui donnent naissance à un enfant reçoivent un soutien économique du père ou de sa famille, notamment quand il reconnait officiellement la paternité (373). Ce soutien peut aider la jeune mère célibataire à ne pas sombrer dans la pauvreté, comme semble l'indiquer une étude effectuée au Chili (79) ; cependant, ce soutien peut être irrégulier ou s'arrêter au bout de plusieurs années (530).
Conséquences pour les garçons. Même si une paternité précoce peut renforcer le standing social d'un jeune homme dans certaines sociétés, les garçons qui deviennent père à un jeune âge peuvent aussi perdre des occasions d'acquérir une éducation ou de progresser sur le plan économique. Ceux qui se marient peuvent abandonner l'école pour faire vivre leur nouvelle famille (440). Ce n'est que récemment que les chercheurs ont commencé à examiner l'impact d'une paternité précoce sur les jeunes hommes dans les pays développés (42, 277, 369, 453). On ne possède guère d'informations à propos des pays en développement.
Coûts sociaux. Un enfantement précoce impose des coûts à la société, notamment dans les cas où la famille n'assure pas le subsistance des jeunes parents et de leur enfant. Ces coûts, qui sont rarement chiffrés, correspondent à la perte de productivité des jeunes sous-éduqués et appauvris qui ont un enfant trop rapidement, et notamment des mères célibataires (82) ; ils correspondent aussi aux dépenses assumées par les pouvoirs publics. Aux Etats-Unis, les dépenses publiques de protection sociale occasionnées par les femmes qui ont leur premier enfant avant l'âge de 20 ans s'élèvent à 10 milliards de dollars par an (77). Bien que les coûts de protection sociale puissent ne pas être aussi considérables dans la plupart des autres pays, les coûts des soins de santé fournies aux jeunes mères et à leurs enfants peuvent représenter une part considérable des dépenses de santé et de protection sociale. |