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Octobre, 1997 |
Programmes pour les jeunes et normes sociales en EuropeLes pays d'Europe du nord soulignent la responsabilité qui incombe à ceux qui sont sexuellement actifs, auxquels ils donnent la possibilité d'obtenir des services et des produits de contraception. Ils n'ont pas réduit les activités sexuelles des jeunes (159, 237, 238). Chacun de ces pays a sa propre formule, mais ils ont tous à la fois des programmes d'éducation et des services accessibles. Par exemple, au Danemark, en Finlande et en Suède, l'éducation sexuelle est obligatoire dans les écoles tandis que, au Pays-Bas, le gouvernement appuie des mesures de diffusion, par exemple des émissions d'information télévisées et l'envoi d'une revue à tous les jeunes (164, 237, 295). Il ne faut pas en conclure que le gouvernement s'est substitué aux parents pour faire l'éducation de leurs enfants. Aux Pays-Bas, sur 100.000 jeunes qui ont fait l'objet d'une enquête, 80 % ont déclaré que c'étaient leurs parents qui les avaient informés des questions sexuelles (17, 435). La plupart des pays d'Europe du nord fournissent gratuitement à tous leurs habitants, jeunes adultes compris, des services médicaux auxquels il est facile de recourir. La Suède a ouvert durant les années 70 des dispensaires spéciaux pour les jeunes ; aujourd'hui, ces derniers disposent d'un ensemble qui comporte des dispensaires de soins de santé primaires desservant un quartier, des programmes de distribution de condoms et des services spéciaux (237, 511). Les Pays-Bas ont eux aussi un réseau de dispensaires pour jeunes (237, 374). Au Danemark, les élèves âgés de 14 ans et plus se rendent en groupe dans des dispensaires de planning familial pour y prendre connaissance des méthodes de contraception. A 16 ans, les jeunes reçoivent leur carte personnelle d'assurance-maladie, qui leur permet de choisir leurs propres docteurs et d'obtenir gratuitement des services confidentiels (164). Cependant, cette transparence des informations et des services ne veut pas dire que, dans ces pays, les jeunes commencent à avoir des relations sexuelles plus tôt qu'ailleurs. Les jeunes Danois, par exemple, reçoivent plus d'informations à propos de la sexualité et de la contraception que les jeunes Américains ; or, dans ces deux pays, l'âge moyen des premiers rapports se situe aux alentours de 17 ans (17, 164, 525). L'expérience de l'Europe du nord semble indiquer qu'une stratégie nationale efficace visant à faire baisser les taux de grossesse chez les jeunes femmes doit permettre aux jeunes d'assumer la responsabilité de leur propre santé génésique et leur fournir des renseignements exacts et d'utiles conseils (159, 238). Une telle formule ne coûte pas nécessairement cher. Les programmes européens ont réussi, tout au moins en partie, à informer les jeunes dans le cadre de programmes scolaires et à leur donner accès aux mêmes services subventionnés dont disposent les adultes (295). Ce qui est encore plus important, c'est que les normes sociales appuient un comportement sexuel responsable (295). Les jeunes n'ont pas honte de poser des questions et de rechercher des services et, pour leur part, beaucoup d'adultes ne se sentent pas gênés pour apprendre à leurs enfants à protéger leur santé s'ils sont sexuellement actifs. |