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Octobre, 1997 |
Est-ce que les programmes font du bien ou du mal ?Or, les faits disent le contraire. Selon une étude commandée par l'Organisation mondiale de la santé, rien ne soutient l'affirmation selon laquelle l'éducation sexuelle encourage les expériences sexuelles ou les intensifient (181). Après avoir analysé plus de 1.000 rapports concernant des programmes d'éducation sexulle réalisés dans le monde entier, les auteurs concluent que les cours d'éducation sexuelle n'ont pas conduit à des relations sexuelles plus précoces mais au contraire les ont parfois retardées. Retard des premiers rapports sexuels. Les programmes scolaires peuvent donner aux jeunes les moyens dont ils ont besoin pour attendre de commencer à avoir des relations sexuelles (36, 181). Aux Etats-Unis, parmi les élèves de l'enseignement secondaire qui ont suivi un cours de 15 heures appelé « Réduction des risques », 29 % seulement des participants ont commencé à avoir des rapports sexuels 18 mois après la fin du cours, contre 38 % des élèves qui faisaient partie du groupe de comparaison et n'avaient pas suivi le cours (260) (voir Tableau 10). Le cours aidait les élèves à s'habituer à dire « non » s'ils ne voulaient pas avoir de rapports sexuels (voir Conception et méthodes des programmes. in Chapitre 4.2). Un autre programme américain, « Retard des rapports sexuels », a retardé les rapports sexuels de garçons et de filles de 13 et 14 ans (216) (voir Tableau 10). Après le démarrage du programme, en 1983, on a demandé aux élèves ce dont ils avaient besoin. Quelque 84 % des filles voulaient savoir « comment dire ‘non' sans froisser leur interlocuteur » (216). Le programme a été modifié pour répondre à ce besoin ; désormais, des adolescentes plus âgées donnent un enseignement qui aide les jeunes à résister aux pressions de leurs camarades et leur fournit des informations au sujet de la sexualité humaine et de la contraception. D'autres programmes d'information sur la sexualité réalisés au Mexique et aux Etats-Unis montrent que les élèves ne commencent pas à avoir des rapports sexuels plus tôt que les autres jeunes (115, 264, 378). Aucun accroissement des rapports sexuels. En Australie, en Suisse, en Thaïlande et aux Etats-Unis, des évaluations ont constaté que les programmes qui informaient de jeunes adultes sexuellement actifs au sujet des contraceptifs ne faisaient augmenter ni la fréquence des relations ni le nombre de partenaires sexuels (181, 196) (voir Tableau 10). En outre, le fait d'offrir des services de santé génésique dans les écoles ou à leur proximité ne conduisait pas à une intensification des activités sexuelles et, en fait, retardait dans certains cas l'initiation sexuelle (264, 266, 564). Augmentation de l'emploi des contraceptifs. La plupart des programmes n'ont pas fait augmenter l'emploi des contraceptifs mais quelques-uns sont néanmoins parvenus à le faire. Une étude suisse a constaté que l'emploi régulier du condom par les jeunes augmentait après une campagne d'information sur le SIDA qui utilisait des présentations dans les écoles, un téléphone rouge, un réseau d'informatique et des expositions durant des fêtes de village, mais seulement après que les jeunes avaient leurs premières relations avec un nouveau partenaire. L'emploi régulier du condom est passé de 71 % à 77 % parmi les jeunes femmes et de 38 % à 54 % parmi les jeunes hommes (196). Plusieurs programmes d'éducation pour la vie familiale ont constaté que s'ils parvenaient à toucher les jeunes avant qu'ils soient initiés à la sexualité, ils faisaient augmenter la pratique de la contraception après que les jeunes adultes avaient commencé à avoir des rapports sexuels. Par exemple, parmi 1.632 jeunes mexicains sans expérience de la sexualité, 82 % des filles et 55 % des garçons qui avaient suivi un cours d'éducation pour la vie familiale ont employé des contraceptifs quand ils ont commencé à avoir des rapports sexuels, contre 75 % des filles et 32 % des garçons qui n'avaient pas suivi le cours (379). Cependant, dans cette étude mexicaine et dans deux études américaines, l'éducation pour la vie familiale n'a pas eu d'influence sur l'emploi des contraceptifs par les élèves qui étaient déjà sexuellement actifs quand ils ont suivi le cours (215, 260, 378, 379). |