CONTENTS

        Chapitres
  1. Plus nombreux, besoins divers
  2. Croissance, changement et risque
  3. Programmes pour jeunes adultes
  4. Résultats des évaluations
  5. Obtenir le soutien de la ommunauté et des jeunes dultes

HIGHLIGHTS

Ce numéro comporte également : Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.


Volume XXIII, Numéro 3
Octobre, 1997

Création du soutien de la communauté

Durant la période de transition entre l'autorité parentale et l'indépendence où se situe l'adolescence, on ne sait pas très bien qui est responsable du comportement des jeunes adultes, comment ceux-ci devraient se comporter, ce qu'on devrait attendre d'eux et ce qu'on devrait leur permettre. Le comportement sexuel est le domaine où ces sentiments sont les plus marqués et où les désaccords sont les plus profonds ; c'est un comportement intensément personnel qui, en même temps, est strictement prescrit et borné par des règles et des valeurs sociales.

C'est pourquoi, l'éducation des jeunes adultes et les services de santé génésique qui sont mis à leur disposition attirent l'attention et suscitent des controverses publiques. Il arrive que des membres du clergé, des hommes politiques, des éducateurs ou des parents élèvent des objections contre de tels programmes. Cette opposition surprend parfois les spécialistes de la santé. Pour ces derniers, ces programmes ont en effet pour but d'améliorer et de protéger la santé — objectif qui, dans leur esprit, est universellement partagé. Or, la santé n'est pas le principal souci de beaucoup d'adversaires de ces programmes. Pour eux, le comportement sexuel pose souvent un problème d'ordre moral ou est une question d'autorité parentale. Ils affirment, par exemple, que seuls les parents ou les membres du clergé doivent parler de sexualité aux jeunes et estiment que les agents de santé ou les éducateurs ne sont pas des sources appropriées d'informations et de conseils. En fait, la plupart des adultes sont d'accord pour dire que ce sont les parents qui doivent informer leurs enfants au sujet de la sexualité et guider leur comportement. En outre, dans des pays aussi divers que le Kenya, le Mexique et le Zaïre, les animateurs communautaires ont été eux aussi, pendant des générations, des sources respectées d'éducation sexuelle (31, 40, 252, 256, 279). Par contre, l'idée que des programmes structurés partagent cette responsabilité est une idée nouvelle.

C'est pourquoi le soutien de la communauté — qui est important pour tout programme social — est à la fois essentiel et difficile à obtenir pour les programmes de santé génésique qui visent les jeunes adultes. Pour obtenir le soutien de la communauté, il faut aider les parents et les dirigeants à comprendre les problèmes de santé que pose le comportement sexuel des jeunes adultes, à admettre la nécessité d'agir, à se mettre d'accord sur des solutions et à collaborer avec les agents de santé auxquels ils en confient l'exécution (572).

Collaboration avec les animateurs communautaires. Des programmes ont obtenu le soutien d'animateurs communautaires et de chefs religieux en formant sans tarder des alliances avec eux s'ils parvenaient à les gagner à leur cause, en leur montrant que les besoins de santé des jeunes adultes sont importants et en faisant participer des animateurs communautaires à la conception et à l'exécution du programme. En Ethiopie, au Kenya et aux Philippines, par exemple, les programmes en cours de réalisation informent les adultes de la communauté au sujet des besoins de santé des jeunes (200, 351, 449). Au Mexique, un programme a fait appel à des animateurs communautaires pour assurer sa diffusion dans les collectivités pauvres, leur permettant ainsi de prendre directement connaissance des soucis de santé génésique des jeunes adultes (219, 408). A la Jamaïque, des animateurs communautaires ont aidé à mettre sur pied des services de santé, puis ont participé aux activités et au suivi du programme qui, grâce à cela, a été accepté dans une région où l'opposition de la communauté avait miné les tentatives précédentes (503).

Les agents de santé sont eux aussi des animateurs communautaires et méritent à ce titre qu'on leur accorde une attention particulière. Le Programme de Johns Hopkins pour l'éducation internationale en matière de santé génésique (JHPIEGO) a collaboré avec des médecins d'Amérique latine et d'ailleurs pour définir des normes de qualité des soins et renforcer le soutien apporté aux services destinés aux jeunes adultes (116).

Collaboration avec les parents. Une bonne façon de travailler avec les parents consiste à leur apporter l'aide et le soutien qu'ils désirent pour orienter leurs enfants. Les parents et les jeunes di-sent souvent qu'ils veulent se parler de sexualité; or, la plupart ne le font pas (88, 174, 199, 229, 230, 249, 279, 343, 348, 444)(voir encadré, Où les jeunes s'informent-ils au sujet de la sexualité ?). Beaucoup de parents renvoient à plus tard leurs entretiens avec leurs enfants, peut-être parce qu'ils ne se sentent pas suffisamment bien informés ou parce qu'ils éprouvent de la gêne. Certains ne veulent pas reconnaître que l'incertitude est tout à fait normale quand on apprend à prendre des décisions en matière de sexualité et antagonisent leurs enfants en exigeant d'eux une stricte obéissance. D'autres présentent la sexualité sous un jour négatif que leurs enfants ne trouvent pas crédible (31, 130, 174, 279, 392, 495, 527).

Plusieurs programmes ont aidé les parents à communiquer avec leurs enfants adolescents. Aux Etats-Unis, un programme a rendu les parents mieux conscients des pressions sociales qui poussent leurs enfants à devenir sexuellement actifs. Les parents ont alors appris à aider leurs enfants à résister à ces pressions (69). Aux Philippines, la Fondation pour l'épanouissement des adolescents (FAD) a réalisé une vidéo qui montre aux parents que la communication avec leurs enfants conditionne la façon dont ces derniers communiquent avec autrui (449). Aux Etats-Unis, un programme scolaire a demandé aux enseignants de donner comme travaux pratiques à leurs élèves de s'entretenir avec leurs parents au sujet de la continence sexuelle et de la contraception. Cette formule a circonvenu à l'hésitation des parents qui n'aimaient pas prendre l'initiative de ce genre de conversation (260). Dans le cadre d'un programme élargi visant à répondre aux besoins des jeunes adultes, le Conseil national du planning familial du Zimbabwe organise depuis 1986 un Programme d'éducation des parents qui aide ces derniers à parler à leurs enfants adolescents de sexualité humaine et de santé génésique (594). En Tanzanie, des éducateurs communautaires offrent un manuel qui aide les parents à parler de sexualité avec leurs enfants (496).

Les jeunes adultes appuient l'idée qu'on informe et qu'on aide leurs parents. Dans le cadre de recherches entreprises au Ghana et aux Etats-Unis, de jeunes adultes ont demandé qu'on organise des programmes visant à mieux sensibiliser les parents aux pressions dont leurs enfants sont l'objet (102, 343).

Les programmes qui apprécient les soucis des parents et recherchent leur soutien peuvent les faire participer à toutes les étapes du projet. Des programmes de santé à l'intention des jeunes ont effectué une enquête pour connaitre les opinions et les attitudes des parents avant de définir leurs propres modalités, ont procédé à des essais préalables de la documentation sur les parents, ont constitué des groupes consultatifs afin de continuer à recueillir les conseils des parents et ont demandé à ces derniers d'évaluer le programme (31, 325).


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