CONTENTS

        Chapitres
  1. Plus nombreux, besoins divers
  2. Croissance, changement et risque
  3. Programmes pour jeunes adultes
  4. Résultats des évaluations
  5. Obtenir le soutien de la ommunauté et des jeunes dultes

HIGHLIGHTS

Ce numéro comporte également : Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.


Volume XXIII, Numéro 3
Octobre, 1997

Accessibilité des produits et des services

Les jeunes adultes se heurtent à de nombreux obstacles quand ils veulent obtenir des informations et des services de santé génésique. Les adultes plus âgés peuvent eux aussi avoir les mêmes problèmes — par exemple, méconnaissance des sources d'informations et de soins, coûts élevés et horaires ou emplacements difficiles. Cependant, les jeunes adultes peuvent se heurter en outre à des restrictions d'ordre juridique ou de caractère officieux, notamment à propos des services confidentiels et à des dispensateurs de services qui leur sont hostiles ou ont tendance à s'ériger en juges. Dans de nombreux cas, pour obtenir l'indispensable soutien de la communauté, les programmes à l'intention des jeunes adultes imposent eux-mêmes des limites aux services ou aux informations qu'ils fournissent. Malheureusement, il se peut qu'ils cessent alors d'offrir ce dont les jeunes adultes ont le plus besoin, par exemple des informations au sujet des contraceptifs ou la confidentialité des services.

Réduire les restrictions juridiques et officieuses. L'âge légal où on n'a plus besoin de l'autorisation parentale pour obtenir un traitement médical se situe à 14 ans à peine dans certaines régions du Canada et en Nouvelle-Zélande, mais va jusqu'à 18 ans en Afrique du sud. Dans certains pays, au Royaume-Uni, par exemple, l'âge légal où l'autorisation parentale n'est plus nécessaire pour obtenir des soins médicaux précède l'âge où on a le droit de vote ou celui de signer des contrats (371). En raison de la controverse que suscitent les conseils donnés aux mineurs et le traitement qu'on leur offre, un grand nombre de services de santé et d'administration scolaires adoptent l'attitude conservatrice qui consiste à refuser l'accès aux services ou aux programmes aux jeunes qui n'ont pas encore atteint l'âge légal.

Beaucoup de jeunes adultes ont des difficultés pour obtenir des garanties de confidentialité. Si les jeunes n'ont pas officiellement le droit de choisir ou de recevoir des soins de santé génésique, on peut alors leur dénier la confidentialité des services. En outre, lorsque les mineurs n'ont pas le droit d'avoir des rapports sexuels, certains affirment que les dispensateurs de soins de santé qui leur offrent des conseils ou des méthodes de contraception deviennent en fait des complices d'actes illicites (2, 22, 197). En se plaçant au niveau de la politique du programme, plutôt que sur le plan de la loi, certains parents insistent pour être présents ou être avisés si leurs enfants cherchent à obtenir des soins de santé génésique. Ils affirment que les jeunes n'ont pas la maturité qui leur permettrait de comprendre les conseils médicaux ou de prendre des décisions qui concernent leur santé et ont donc besoin des conseils de leurs parents.

L'exigence du consentement du conjoint peut aussi dénier la confidentialité, même à des jeunes mariés. Quand les femmes se marient jeunes, leurs époux, leurs familles ou les agents de santé peuvent ne pas admettre leur droit de prendre leurs propres décisions en matière de santé génésique.

Cependant, beaucoup de jeunes adultes ne veulent pas recourir à des services qui ne sont pas confidentiels. Souvent, les jeunes adultes sont timides et hésitants et craignent le ridicule et la désapprobation. Par exemple, aux Etats-Unis, une étude a révélé que 30 % des femmes sexuellement actives de moins de 19 ans déclaraient ne pas vouloir se rendre dans un dispensaire de santé génésique parce qu'elles craignaient que leurs parents en soient informés (565). Beaucoup de porte-parole des jeunes recommandent que les agents de santé les encouragent à parler à leurs parents mais répondent néanmoins à leurs besoins de santé, sans se préoccuper de savoir si l'intervention des parents est possible ou non (2).

Pour beaucoup de jeunes, il est plus facile d'acheter des produits, par exemple des condoms et des spermicides, que de se rendre dans un dispensaire ou d'aller voir un conseiller. D'où l'importance des lois et politiques qui permettent la vente de contraceptifs aux jeunes adultes et aux célibataires. En même temps, il devrait exister d'autres moyens de fournir des contraceptifs, notamment à ceux qui ne savent pas où s'en procurer ou n'ont pas les moyens de les acheter.

Modifier les attitudes hostiles, partiales ou hésitantes. Même lorsque la loi et les directives donnent aux jeunes adultes accès aux informations et aux soins de santé génésique, des individus hostiles ou hésitants peuvent leur faire obstacle. Il peut arriver que des enseignants ou des agents de santé aient une attitude nettement antagoniste à l'égard des jeunes adultes qui sont sexuellement actifs, voire de ceux qui cherchent à s'informer au sujet de la sexualité. Ils pensent peut-être qu'il faudrait leur dire au contraire comment ils doivent se comporter. D'autres peuvent se sentir mal à l'aise pour parler de santé génésique avec des jeunes ou leur offrir des services. Or, ni des restrictions autoritaires ni un sentiment de gêne n'aideront les jeunes à acquérir une attitude positive à l'égard de leurs responsabilités sexuelles (346).

Afin d'éviter les préjugés, les responsables des dispensaires doivent donner à leurs employés des directives précises sur la façon de traiter les jeunes clients. Les dispensateurs doivent aussi se rendre compte de leurs propres sentiments et les réévaluer. Dans un dispensaire italien, par exemple, certains employés réprimandaient les jeunes clients et leur disaient qu'ils devaient modifier leur comportement (110). Au Sénégal, des aides infirmières qui accueillaient les femmes à l'entrée de dispensaires de planning familial n'admettaient pas les jeunes célibataires (393). En Afrique du sud, les employés d'un dispensaire refusaient de répondre aux questions des jeunes clientes (5). Dans ces trois cas, les responsables des dispensaires ont appris aux employés à être polis avec les jeunes ; ils y sont parvenus, en partie, en les aidant à prendre conscience de leurs propres réactions à l'égard de la sexualité des jeunes adultes. En particulier, les conseillers doivent comprendre qu'ils ne feront pas du bon travail s'ils exigent des jeunes tel ou tel comportement. Au contraire, ils doivent les aider à prendre eux-mêmes des décisions responsables.

Il peut arriver que les enseignants se sentent encore moins à l'aise que les agents de santé pour parler de santé génésique et craignent aussi les critiques des parents. D'ordinaire, ils ont besoin d'un soutien externe et d'une formation spéciale pour enseigner la préparation à la vie familiale. Par exemple, au Kenya, un grand nombre de directeurs d'écoles et d'enseignants ne veulent pas enseigner les principes de la contraception. C'est la raison pour laquelle 15 % seulement des cours de préparation à la vie familiale parlent de contraception, bien que le gouvernement les soutienne parce qu'ils permettent de réduire le nombre de grossesses (320).

Les programmes peuvent essayer de surmonter les hésitations des enseignants et les aider à faire face aux critiques. Au Mexique, un programme a fait participer les enseignants à son élaboration, leur a appris à présenter la documentation, a tenu régulièrement avec eux des réunions et a rencontré périodiquement les parents pour répondre à leurs questions. Les enseignants se sont progressivement convaincus du bien-fondé du cours et ont accepté plus volontiers de le présenter (482).

Cependant, certains enseignants ne sont pas aptes à donner des cours d'éducation sexuelle. Dans un pays africain, par exemple, des groupes d'expression ont révélé que certains enseignants faisaient pression sur leurs élèves pour avoir avec eux des relations sexuelles (41, 444).


Précédente | Suivante
Haut | Table de matières

111 Market Place, Suite 310, Baltimore, MD 21202, USA
Phone: (410) 659.6300/Fax: (410) 659.6266/E-mail: Poprepts@jhuccp.org

Population Reports