TABLE DE MATIERES

       Chapitres
Recommandations du groupe sur les orientations/compétences techniques :
  1. Contraceptifs oraux combinés
  2. Pilules progestatives
  3. Contraceptifs injectables progestatifs
  4. Contraceptifs injectables combinés
  5. Implants Norplant
  6. Dispositifs intra-utérins au cuivre
  7. Stérilization féminine
  8. Vasectomie
  9. Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée
  10. Planification familiale naturelle
  11. Méthodes de barrière
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA

Volume XXIV, Numéro 2
Octobre 1996
Dispositifs intra-utérins au cuivre

Q.1. Quand peut-on insérer un DIU (intervalle) ?

Recommandation : Le DIU peut être inséré à tout moment du cycle menstruel, selon le souhait de l'utilisatrice, quand vous pouvez être raisonnablement sûr que la femme n'est pas enceinte (voir Comment être raisonnablement sûr que la femme n'est pas enceinte). Le DIU est efficace immédiatement après son insertion.

Raison fondamentale : Le DIU prévient la grossesse s'il est inséré avant la nidation (268).

Q. 2. Quand un DIU peut-il être inséré
au cours du post-partum ?

Recommandation : Le DIU peut être inséré :

  • Immédiatement après l'expulsion du placenta, ou pendant ou immédiatement après une césarienne (formation spéciale nécessaire).
  • Avant la sortie de l'hôpital (dans les 48 heures après un accouchement) (formation spéciale nécessaire).
Raison fondamentale : En utilisant la technique appropriée, l'insertion d'un DIU immédiatement après la délivrance du placenta ou la césarienne peut être sans danger et efficace. Les taux d'expulsion pour une insertion en post-partum varient considérablement en fonction à la fois du type de DIU et de la technique du prestataire. Les informations récentes indiquent que ce taux d'expulsion après insertion en post-partum peut être plus élevé entre 10 minutes et 48 heures après un accouchement que pendant la première période de 10 minutes. Pour diminuer ces risques d'expulsion, seuls les prestataires formés de manière adéquate (en fonction des standards nationaux ou institutionnels) doivent insérer les DIU en post-partum. L'utilisation d'un inserteur pour la mise en place du DIU tend à diminuer les risques d'expulsion. Les clientes doivent être informées du fait que les taux d'expulsion sont supérieurs pour une insertion en post-partum que pour une insertion en dehors de l'accouchement et doivent être soigneusement préparées à reconnaître les expulsions.

Recommandation : Dès la 4ème ou la 6ème semaine du post-partum, pour satisfaire les femmes qui se présentent au centre pour une consultation du post-partum de routine et qui demandent un DIU. Les T au cuivre peuvent être insérés sans danger pendant cette période-là. Pour les autres types de DIU, il peut être prudent d'attendre jusqu'à la 6ème semaine du post-partum.

Raison fondamentale : Un T au cuivre peut être inséré sans danger à partir de la 4ème semaine du post-partum. La technique d'insertion « par retrait » du T au cuivre aide vraisemblablement à diminuer les cas de perforation dus à l'insertion du DIU lors de la consultation de routine pendant le post-partum qui a lieu entre la 4ème et la 6ème semaines après un accouchement. D'autres DIU, qui ont une forme différente ou sont insérés à l'aide d'une technique « par poussée », peuvent avoir des taux de perforation différents. Vu le manque d'information des effets des DIU, autres que les T au cuivre, il est prudent que l'insertion de ces autres DIU soit faite à partir de la 6ème semaine du post-partum (37, 192, 203).

Recommandation : Chez la femme qui allaite.

Raison fondamentale : Il a été démontré que le DIU peut être utilisé sans danger pendant l'allaitement (77).

Q. 3. Peut-on insérer un DIU immédiatement
après une césarienne?

Recommandation : Une cliente peut avoir un DIU inséré au fond de l'utérus pendant la césarienne avant la fermeture de l'utérus, à moins qu'il n'y ait des signes d'infection.

Raison fondamentale : Les insertions immédiates pendant les césariennes par un prestataire correctement formé ont un taux d'expulsion plus faible que les insertions vaginales faites immédiatement après l'accouchement (dans les 10 minutes). Les études montrent également que les femmes avec des DIU insérés au moment de la césarienne avaient de meilleurs taux de continuation (317, 321).

Recommandation : Si un DIU n'est pas inséré au moment de la césarienne, on recommande l'insertion à six semaines minimum après la césarienne.

Raison fondamentale : Les insertions dans le post-partum tardives devraient se faire au plus tôt six semaines après la césarienne à cause du risque de perforation utérine. Même à ce moment-là, les clientes ont besoin d'un bilan attentif pour éliminer la présence d'une infection avant l'insertion (189).

Q. 4. Peut-on insérer un DIU immédiatement après un avortement ?

Recommandation : Oui, le DIU peut être inséré immédiatement après un avortement (spontané ou provoqué) en l'absence d'infection de l'utérus, et il doit être inséré pendant les 7 premiers jours après un avortement, (ou à tout moment, quand vous pouvez être raisonnablement sûr que la femme n'est pas enceinte — voir Comment être raisonnablement sûr que la femme n'est pas enceinte).

Raison fondamentale : En utilisant la technique appropriée, le DIU peut sans danger être inséré après un avortement (spontané ou provoqué). Les taux d'expulsion varient considérablement en fonction à la fois du type de DIU et du prestataire. Pour diminuer ces risques d'expulsion, seuls les prestataires ayant la formation (en fonction des standards de référence nationaux ou institutionnels) et l'expérience adéquates doivent insérer les DIU. Les clientes doivent être soigneusement préparées à reconnaître les expulsions.

Le retour de la fécondité survient presque immédiatement après un avortement (spontané ou provoqué) : dans les 2 semaines pour un avortement au cours du premier trimestre et dans les 4 semaines pour un avortement au cours du second trimestre. Dans les 6 semaines qui suivent un avortement, une ovulation est survenue chez 75 % des femmes (164).

Recommandation : Le DIU ne doit pas être inséré dans les cas suivants :

  • Diagnostic confirmé ou présumé d'infection (signes d'avortement induit dangereux ou septique, signes d'état septique ou d'infection, ou incapacité à déterminer l'absence d'infection). Ne pas insérer de DIU jusqu'à ce que le risque d'infection soit écarté ou que l'infection ait complètement disparue (environ 3 mois).
  • Traumatisme grave du tractus génital (perforation utérine, traumatisme cervical ou vaginal grave, inflammations chimiques). Ne pas insérer de DIU avant la cicatrisation.
  • Hémorragie et anémie grave. Les DIU (inertes ou au cuivre) ne sont pas conseillés avant que l'hémorragie ou l'anémie grave ne soient terminées. Cependant, les DIU libérant des progestatifs peuvent être utilisés avec une anémie grave (ils diminuent le flux menstruel).
  • L'insertion d'un DIU après avortement à la suite d'une gestation de 16 semaines demande une formation spéciale du prestataire pour un positionnement fundique correct du DIU. Si cela n'est pas possible, retarder l'insertion de six semaines
Raison fondamentale : Après 16 semaines de gestation, la cavité utérine sera trop agrandie pour que la mise en place d'un DIU après avortement soit pratiquée en utilisant les techniques d'insertion de routine. Seuls les prestataires formés pour réaliser des insertions de DIU en post-partum peuvent pratiquer ces insertions de DIU après avortement chez des clientes ayant avorté après 16 semaines de gestation (176, 221).

Q. 5. Quel est le calendrier approprié pour les consultations de suivi après l'insertion d'un DIU ?

Recommandation : Il doit y avoir une consultation de suivi environ un mois après l'insertion ; il n'est ensuite pas nécessaire de suivre un calendrier de contrôle fixe.

La cliente doit être vivement encouragée à revenir au centre chaque fois qu'un problème ou une question se présente à elle. En particulier, en cas de :

  • retard de règles (grossesse possible),
  • spotting ou saignement anormalement excessif ou prolongé,
  • douleur abdominale, douleurs pendant les rapports sexuels,
  • exposition aux infections (telle que la gonorrhée), pertes vaginales anormales ou douleur pelvienne, accompagnée en particulier de fièvre, ou
  • fil du DIU absent ou semblant plus court ou plus long.
Les consultations sont à encourager pour d'autres soins préventifs en matière de reproduction, y compris l'approvisionnement en condoms, si approprié.

Raison fondamentale : Il est prudent de programmer une consultation de suivi entre la 3ème et la 6ème semaines puisque le pic de l'incidence des MIP qui suivent l'insertion du DIU est à un mois. Il n'est ensuite pas nécessaire de suivre un calendrier de contrôle fixe. La meilleure qualité des soins sera assurée en centralisant les ressources et l'attention sur les femmes qui reviennent au centre en raison de plaintes ou de problèmes (76, 131).

Q. 6. Un examen préliminaire de routine (une consultation indépendante) est-il nécessaire avant l'insertion d'un DIU ?

Recommandation : Non. Si possible, assurer entièrement l'orientation et le dépistage le jour de l'insertion.

Raison fondamentale : Un examen préliminaire (consultation indépendante) n'est médicalement pas nécessaire; il peut être difficile pour une femme de se rendre à deux consultations, et elle peut être exposée au risque d'une grossesse dans cet intervalle.

Q. 7. Est-ce que de jeunes femmes nullipares
peuvent recevoir le DIU ?

Recommandation : Le DIU peut être inséré chez de jeunes femmes nullipares mais uniquement après avoir envisagé la question de manière approfondie et attentive. On ne recommande le DIU chez de jeunes femmes nullipares que si elles vivent une relation stable de fidélité mutuelle. Pour recevoir les DIU, les femmes ne devraient pas être exposées à un risque accru de contracter des MST. L'orientation devrait se concentrer sur le risque des MST, des MIP et le risque possible d'infertilité.

Raison fondamentale : Statistiquement, les jeunes femmes courent un risque plus élevé de MIP. En comparaison avec toutes les autres méthodes contraceptives modernes, le DIU accroît le risque de contracter une MIP lorsqu'une femme est infectée par une MST. La MIP est un important facteur de risque pour l'infertilité tubaire et la grossesse extra-utérine. Vu que les jeunes femmes peuvent avoir des modes de vie sexuelle pouvant conduire à un risque de MST, le risque relatif de MIP chez les jeunes utilisatrices du DIU pourrait être élevé. En outre, les femmes nullipares recevant un DIU courent un risque plus élevé d'expulsion.

L'importance qu'une cliente accorde à sa fécondité future est un facteur important dans le choix d'une méthode contraceptive. Les études ont montré que le risque de contracter une MIP et l'infertilité tubaire qui peut en résulter, est directement proportionnel au risque d'exposition aux MST. Les DIU ne protègent pas les femmes contre les MIP ou autres MST.

Néanmoins, les femmes devraient avoir l'opportunité de faire leur propre choix (7, 181, 215, 313).

Q. 8. Existe-t-il des raisons médicales
justifiant le retrait d'un DIU ?

Recommandation : Le retrait du DIU est indiqué si :

  • la femme le demande,
  • des précautions/contre-indications surviennent, ou
  • la péremption en terme d'efficacité est atteinte.
Raison fondamentale : Le retrait et la réinsertion du DIU exposent la femme à un faible risque d'introduction de microorganismes du vagin ou du canal endocervical dans la partie supérieure de la voie génitale. Pour cette raison, les DIU à longue durée d'action sont préférables. Il a été montré que le TCu-380A est efficace pendant au moins 10 ans (76, 151, 218).

Q. 9. A la suite du retrait d'un DIU (en raison d'une expulsion partielle sans infection, ou de la péremption du DIU), doit-on attendre pour en insérer un autre ?

Recommandation : Si la cliente désire continuer à utiliser cette méthode, ne pas attendre pour réinsérer un nouveau DIU après le retrait de l'ancien, pourvu que la possibilité d'une grossesse ait été écartée et qu'aucune nouvelle précaution/contre-indication ne soit survenue.

S'assurer que le retrait du DIU en place est indiqué (p. ex., en raison d'une expulsion partielle sans infection ou de la péremption du DIU).

Raison fondamentale : Même avec la technique appropriée, le retrait et la réinsertion d'un DIU exposent la femme au risque d'introduction de microorganismes du vagin ou du canal endocervical dans la partie supérieure de la voie génitale. Cependant, le retrait et l'insertion au même moment évitent deux expositions distinctes (76).

Dans l'intervalle entre le retrait et la réinsertion, la femme ne sera pas protégée contre la grossesse par la méthode de son choix.

Q.10. Si, d'après l'anamnèse, une femme est faiblement
exposée aux risques de MST, le DIU peut-il être
inséré sans aucun test biologique s'il n'y a pas de
pertes endocervicales mucopurulentes ou de
MIP ou de cervicite cliniquement évidente ?

Recommandation : Oui, si la femme n'est pas actuellement exposée à un risque de MST (déterminé par l'anamnèse ou l'examen physique) et qu'elle ne présente aucun signe ou symptôme évident d'infection (y compris à l'examen bimanuel).

En présence d'une MIP, de pertes endocervicales mucopurulentes, de cervicite ou de vaginite évidente due aux MST, ne pas insérer de DIU, mais traiter l'infection. Envisager les autres méthodes de contraception, si une MST* est suspectée.

* Les infections vaginales à manifestations cliniques ne sont pas toutes dues à des MST.

Raison fondamentale : Les tests biologiques pour écarter la possibilité d'une contamination endocervicale par des agents infectieux capables de remonter de la voie génitale et d'entraîner une MIP sont souvent très coûteux (même dans les pays industrialisés). La plupart des tests de dépistage des chlamydiae sont sensibles seulement à 80-90 %, les tests pour les mycoplasmes et les uréplasmes ne sont pas couramment disponibles, et la coloration de Gram des germes du col de l'utérus est moins sensible pour la gonorrhée. Cependant, quand la mise en culture d'une gonorrhée et les tests de dépistage des chlamydiae sont abordables, des résultats négatifs aux tests viennent étayer l'anamnèse (21, 154, 198).

Q.11. Quel est le délai qui doit s'écouler entre le
traitement d'une MST et l'insertion ?
Qu'en est-il de l'incidence des MST antérieures ?

Recommandation : Si la cliente ne sera pas exposée à l'avenir à un risque élevé de MST, traiter pour le moment la MST et attendre la guérison de l'infection pour insérer le DIU (pour une MIP aiguë, attendre 3 mois).

Si elle reste exposée à un risque élevé de MIP, lui déconseiller l'utilisation du DIU.

Raison fondamentale : Il peut s'écouler plusieurs semaines avant qu'une MIP soit cliniquement guérie, et, dans le cas d'une MIP grave, le fait d'attendre plusieurs mois permet, en théorie, aux tissus sains (dépourvus de micro-abcès) de se reconstruire (267).

Une femme ayant des antécédents de MIP a un risque plus élevé de contracter à nouveau une MIP. Une femme qui a eu un épisode infectieux de la partie supérieure de la voie génitale peut avoir un risque plus élevé d'épisodes à répétition de MIP non sexuellement transmissibles, indépendamment de l'utilisation du DIU. Théoriquement, un épisode antérieur d'infection de la partie supérieure de la voie génitale peut résulter en une atteinte des trompes de Fallope augmentant leur sensibilité à la flore opportuniste de la partie inférieure de la voie génitale (139, 294).

Q.12. Si une femme se plaint de menstruations plus abondantes ou de saignements intermenstruels, est-ce
une justification médicale pour le retrait du DIU ?

Recommandation : Pas nécessairement. Comme pour l'orientation précédant le choix d'une méthode, la femme doit être informée que ses règles seront normalement plus abondantes avec le DIU et que des saignements intermenstruels peuvent survenir, en particulier pendant les quelques premiers mois. Les DIU inertes ne doivent pas faire l'objet d'un premier choix pour cette raison. Donner des conseils en nutrition sur le besoin d'accroître l'apport d'aliments contenant du fer.

Raison fondamentale : Généralement, les DIU (surtout les DIU inertes) augmentent l'abondance du flux menstruel, qui est fonction du type de DIU, particulièrement pendant les premiers mois qui suivent l'insertion (42). Les DIU au cuivre peuvent augmenter de 50 % la perte sanguine menstruelle normale, ce qui peut avoir une importance clinique pour les femmes qui sont déjà anémiées. (Les DIU qui libèrent des progestatifs diminuent le flux menstruel ; plus un DIU libère de progestatif, plus il diminue le flux menstruel.) (69)

Recommandation : Pour une hémorragie et une douleur légères à modérées pendant le premier mois qui suit l'insertion, avec aucune preuve clinique d'une infection pelvienne évidente, et si le fait de rassurer la cliente n'est pas suffisant mais qu'elle désire garder son DIU, un traitement de courte durée avec un anti-inflammatoire non-stéroïdien (p. ex., l'ibuprofène) peut être administré.

Raison fondamentale : Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (p. ex., l'ibuprofène*) diminuent les saignements menstruels et les douleurs utérines (9).

* Il faut employer des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (p. ex. ibuprofène) au lieu d'aspirine en raison des effets inhibiteurs plus durables de l'aspirine sur l'agrégation des plaquettes (l'asprine encourage le saignement) (5,83).

Recommandation : L'hémorragie diminue généralement avec le temps. Si l'hémorragie est abondante et que la femme présente une anémie, un traitement à base de fer par voie orale peut améliorer le taux d'hémoglobine. Si l'hémorragie ou la douleur est intense, ou si la cliente veut arrêter d'utiliser le DIU, le retirer.

En cas de suspicion, un état anormal qui entraîne une hémorragie prolongée ou abondante doit être examiné et traité de manière appropriée. Si une infection pelvienne est diagnostiquée, retirer le DIU et traiter aux antibiotiques. (Dans le cas d'une sensibilité discrète de l'utérus en l'absence d'autre preuve d'infection pelvienne, un antibiotique à spectre large ou une chimiothérapie peut résoudre le problème ; décider en fonction de l'évaluation clinique s'il faut ou non retirer le DIU.)

Q.13. Le DIU peut-il être inséré sans danger par
une infirmière ou une sage-femme ayant
reçu une formation adéquate ?

Recommandation : Oui. Les DIU peuvent être insérés (y compris l'insertion suite à une une césarienne, à un avortement et immédiatement dans le postabortum) sans danger par une infirmière ou une sage-femme qui a reçu une formation appropriée conformément aux normes nationales ou institutionnelles. Raison fondamentale : Les faits montrent qu'en comparaison avec les médecins, les infirmières ou les sages-femmes ont une compétence égale ou supérieure pour l'insertion de DIU (73).

Q.14. Peut-on fournir des DIU si des mesures de prévention des infections ne peuvent être suivies ?

Recommandation : Non. Tous les centres où sont pratiqués l'insertion et le retrait des DIU doivent suivre des mesures de base de prévention de l'infection, dont :

  • un lavage approprié des mains du prestataire et une préparation attentive du col de l'utérus ;
  • la stérilisation (ou la désinfection de haute qualité) des DIU et du matériel ;
  • la décontamination adéquate des instruments et
  • une élimination sans danger des instruments jetables.
Raison fondamentale : La possibilité d'infection chez les utilisatrices de DIU est augmentée dans les zones où les infections de la voie génitale telles que la gonorrhée ou les chlamydiae sont répandues. En suivant les processus recommandés pour la prévention des infections, les personnels de santé peuvent cependant minimiser pour les clientes le risque d'infection consécutive à l'insertion d'un DIU. Ils peuvent également réduire le danger de transmission des infections, dont l'hépatite B ou le SIDA, à leurs clientes, leurs collègues de travail ou eux-mêmes (272).

La stérilisation est la méthode la plus sûre et la plus efficace pour traiter les instruments qui ont été en contact avec le milieu sanguin, les tissus sous-cutanés ou les tissus qui sont normalement stériles. Quand le matériel de stérilisation n'est pas disponible ou pas adéquat, la désinfection de haute qualité (DHQ) est la seule alternative acceptable. La DHQ détruit tous les microorganismes, y compris les virus de l'hépatite B et du SIDA, mais ne tue pas de manière fiable toutes les endospores bactériennes. Par exemple, dans les installations de planification familiale, soit la stérilisation, soit la DHQ sont acceptables pour traiter les instruments et les gants utilisés pour les examens du pelvis et l'insertion ou le retrait des DIU, puisque des problèmes avec les endospores (de l'espèce Clostridia) n'ont pas été rapportés dans l'utilisation des DIU. Cependant, indépendamment de la méthode sélectionnée, la DHQ peut être efficace seulement si les instruments utilisés (souillés) et les gants sont d'abord décontaminés, soigneusement nettoyés et rincés avant désinfection (272).

Les déchets contaminés peuvent transporter une grande quantité de microorganismes qui sont potentiellement pathogènes pour toute personne qui les touche ou les manipule. L'incinération procure des températures élevées et détruit les microorganismes ; c'est, par conséquent, la meilleure méthode pour se débarrasser des déchets contaminés. L'incinération réduit également le volume des déchets à enterrer. Si l'incinération n'est pas possible, tous les déchets contaminés doivent être enterrés pour éviter la dispersion du matériel jetés (272).

Q.15. Est-il conseillé de donner systématiquement des antibiotiques prophylactiques lors d'insertion du DIU ?

Recommandation : Non, la plupart des spécialistes en la matière ne le recommandent pas systématiquement car aucun fait ne montre clairement que les antibiotiques prophylactiques préviennent effectivement les maladies inflammatoires pelviennes (MIP) chez les utilisatrices du DIU et, jusqu'à présent, les études n'ont demontré qu'un impact trivial sur les taux de MIP suite aux antibiotiques prophylactiques. Toutefois, les opinions divergent et il existe des arguments dans les deux camps.

Il existe une justification théorique d'administration d'antibiotiques prophylactiques. Les taux de MIP chez les utilisatrices du DIU sont les plus élevés pendant les premières semaines et les antibiotiques pourraient diminuer cette incidence des MIP. Il n'existe pas de preuve statistiquement significative d'une réduction des taux de MIP mais une étude a montré un taux plus faible de visites de retour non planifiées liées au DIU.

L'impact non significatif des antibiotiques sur la diminution des taux de MIP chez les utilisatrices du DIU démontré par des études antérieures constitue un des arguments contre l'utilisation des antibiotiques prophylactiques. De même, bien que le taux de MIP chez les utilisatrices du DIU soit le plus élevé pendant les premières semaines après l'insertion suite à la longue durée d'utilisation du DIU, le nombre le plus grand de cas de MIP se présentera après les premières semaines suivant l'insertion. En outre, cela pourrait entraîner des problèmes de faisabilité des programmes et de coût des antibiotiques prophylactiques.

De bonnes procédures de contrôle des infections, un bilan soigné du risque que court la cliente de contracter des maladies sexuellement transmissibles (MST) et de bonnes pratiques d'insertion sont très importants pour maintenir à un faible niveau le taux de MIP chez les clientes du DIU.

Raison fondamentale : La littérature scientifique ne montre aucun avantage important dans la réduction des taux de MIP liés à l'administration d'antibiotiques prophylactiques lors de l'insertion du DIU (76, 160, 252, 287, 324). Toutefois, au cours de chacune des études, les procédures de prévention des infections étaient suivies et le taux de MIP était très faible. De plus, le taille de l'échantillon était petite.

Bien qu'elles ne soient pas significatives statistiquement, trois études ont montré une certaine réduction du taux de MIP chez les femmes qui ont reçu des antibiotiques prophylactiques.

Sinei et coll. ont montré que le taux de MIP pendant le premier mois après l'insertion du DIU chez les femmes qui ont reçu de la doxycycline était de 1,3 %, contre à 1,9 % chez les femmes qui ont reçu un placebo. Ils ont montré également que les femmes qui ont reçu un placebo revenaient plus souvent au centre pour des problèmes liés au DIU indiquant une MIP asymptomatique plus fréquente que les femmes traitées (252).

Zorlu et coll. ont relevé des taux d'infection de 2,1 % et de 2,9 %, respectivement, chez les femmes traitées à la doxycycline et les femmes non traitées pendant les trois premiers mois suivant l'insertion du DIU (325). Walsh et coll. ont montré que, pendant les trois premiers mois suivant l'insertion du DIU, 3,6% du groupe de doxycycline ont eu un retrait du DIU pour raisons médicales, comparativement à 4,5% du le groupe placebo (287).

Q.16. Si le col de l'utérus est rouge en raison de l'éversion de la jonction des cellules de l'épithélium pavimenteux en colonnes-cylindriques (ectopie/ectropion), le DIU peut-il être inséré sans aucun autre examen ?

Recommandation : Oui, le DIU peut être inséré chez une cliente ayant une ectopie (ectropion) cervicale, en l'absence de risques de MST et si l'examen du pelvis est normal (absence de cervicite).

Raison fondamentale : L'ectropion cervical (la présence sur l'exocol de cellules épithéliales cylindriques de l'endocol) est un état normal chez les adolescentes et pendant la grossesse ; il est différent d'une infection cervicale (209).

L'insertion des DIU et leur utilisation continue n'ont pas de relation avec le risque de carcinome du col (170).

Les chlamydiae étant des parasites des cellules épithéliales cylindriques, les tests de dépistage des chlamydiae seront plus probablement positifs chez les femmes présentant un ectropion (113).


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