TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pours les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Les hommes peuvent
      faire une différence


La participation des hommes est une stratégie prometteuse pour traiter certains des problèmes de santé reproductive les plus urgents au monde. Les hommes peuvent aider à enrayer la propagation du virus de l'immunodéficience humaine/syndrome de l'immunodéficience acquise (VIH/SIDA) et d'autres maladies sexuellement transmissibles (MST); à éviter les grossesses non souhaitées et réduire le besoin non satisfait de planification familiale; à encourager la maternité sans risques et pratiquer une paternité responsable ainsi qu'à mettre fin à la violence à l'égard des femmes (45, 58, 59, 100, 108, 251).

Enrayer la propagation du
VIH/SIDA et d'autres MST

Alors que le VIH/SIDA se répand dans le monde entier, combiné à un accroissement de la prévalence d'autres MST, il devient de plus en plus urgent pour les hommes de pratiquer un comportement sexuel sans risques. Il est essentiel que les hommes utilisent des condoms correctement et régulièrement et limitent le nombre de leurs partenaires sexuelles (32, 139, 176, 274). De plus, un changement social doit se faire dans les cultures qui tolèrent la promiscuité sexuelle des hommes et avalisent des normes peu saines quant au rôle des deux sexes.

L'épidémie du VIH/SIDA. A la fin de 1997, l'on estimait que plus de 30 millions d'adultes dans le monde entier étaient infectés par le VIH, virus à l'origine du SIDA, condition généralement fatale et sans espoir de guérison. Sur ce chiffre, 17 millions environ sont des hommes et 12 millions des femmes. La majorité de ces cas existent dans le monde en développement et l'Inde compte le plus grand nombre de personnes séropositives — plus de quatre millions (124).

Dans un grand nombre de pays en développement, le VIH/SIDA est en train de détruire les familles et les communautés, frappant surtout les personnes dans leurs années productives. Par exemple, dans certains pays de l'Afrique subsaharienne — le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire — le SIDA a diminué de plus de 10 ans l'espérance moyenne de vie à la naissance (286). Au Zimbabwe, d'après les estimations, l'espérance de vie diminuera de 25 ans d'ici l'an 2010 (255).

D'après les estimations, un million d'enfants dans les pays en développement sont également infectés par le VIH ou ont contracté le SIDA. L'épidémie se répand tellement rapidement et sur des distances aussi grandes qu'elle risque d'éroder un grand nombre des progrès faits au niveau de la survie de l'enfant, selon Peter Piot, directeur exécutif du Programme conjoint des Nations Unies pour le VIH/SIDA (256). Actuellement, selon le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), environ 1,000 enfants meurent chaque jour du SIDA. Des millions d'autres enfants sont seuls et abandonnés parce que leurs parents sont morts du SIDA ou ils souffrent parce que leurs parents ont contracté des maladies liées au SIDA, telles que la tuberculose et ne peuvent plus s'occuper correctement de leurs enfants.

L'épidémie du VIH/SIDA a mis en exergue le comportement sexuel des hommes (56, 61, 63, 143, 268, 286). La prévention est la seule solution. Et pourtant, trop d'hommes ont encore des pratiques sexuelles à risques, par exemple, le fait d'avoir de multiples partenaires sexuels, dont d'autres hommes et le fait de ne pas utiliser régulièrement des condoms. Dans certains pays tels que la Thaïlande, un grand nombre d'hommes mariés se rendent chez des prostituées et n'utilisent pas de condoms, soit avec les prostituées, soit avec leur épouse (135, 216, 243). Dans plusieurs pays asiatiques et africains, les hommes plus âgés sont à la recherche de jeunes filles vierges, connues sous le nom de « cherry girls » car ainsi, ils se sentent protégés contre le VIH (42, 234).

Le comportement sexuel des hommes fait courir un risque aux femmes. Dans certains pays dont les Etats-Unis et plusieurs pays de l'Afrique subsaharienne, le VIH se répand actuellement plus rapidement chez les femmes que chez les hommes (124, 149, 201). En Inde, une étude faite auprès de femmes mariées monogames dans des services de MST constate un taux élevé de VIH et d'autres MST dans ce groupe apparemment à faible risque (5). Le diagnostic d'une MST chez l'époux est le facteur primordial qui laisse à présager une infection par le VIH chez ces femmes.

Le VIH et d'autres MST ont été accusés de « sexisme biologique» (107). Cela veut dire que les femmes sont plus susceptibles physiologiquement aux agents viraux et bactériens qui sont à l'origine de ces maladies (56, 125, 149). Aussi, les hommes transmettent-ils plus facilement les infections aux femmes que vice versa. Par exemple, les hommes sont huit fois plus susceptibles de transmettre le VIH à une partenaire féminine par le biais de rapports sexuels répétés et non protégés que les femmes de transmettre le virus aux hommes (185).

Autres MST. La réapparition de certaines MST souligne également la nécessité pour les femmes d'adopter des pratiques sexuelles sans risques. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que, chaque année, il existe plus de 330 millions de cas de MST guérissables parmi les adultes dans le monde entier (261). Ce chiffre englobe 89 millions de nouveaux cas de chlamydiase, 62 millions de nouveaux cas de gonorrhée et 12 millions de nouveaux cas de syphilis (56). La vaste majorité de ces cas, à l'instar du VIH/SIDA, se rencontrent dans le monde en développement, surtout en Afrique subsaharienne.

Les MST sont plus difficiles à dépister chez des femmes et, partant, le diagnostic exact est plus difficile à établir (139, 261). Les femmes sont moins susceptibles que les hommes de recevoir un traitement un temps opportun car, au début, elles n'ont pas de symptômes, parce qu'elles sont embarrassées ou ne peuvent pas se rendre dans un centre de santé. Aussi, les infections sexuellement transmissibles peuvent-elles progresser à un état médical plus grave avant que les femmes ne consultent les services de santé (56, 139, 261). Par conséquent, les femmes souffrent de conséquences liées aux MST plus longues et plus douloureuses telles que la grossesse extra-utérine, les inflammations pelviennes et la stérilité (125, 261, 280).

Chaque année, selon les estimations, 500.000 femmes dans le monde entier contractent le cancer du col de l'utérus (177). C'est le cancer qui fait le plus de victimes dans les pays en développement (186, 245). Le cancer du col de l'utérus est imputable à plusieurs virus du papillome humain (HPV) transmis par les rapports sexuels (50, 175, 177). Ce type de cancer peut être prévenu et, s'il est dépisté au début, il peut être traité. Un diagnostic précoce pouvant être établi grâce aux frottis vaginaux du col de l'utérus permet de détecter l'infection à un stade précancéreux. Mais le cancer du col de l'utérus fait encore de nombreuses victimes car si peu de femmes ont accès à un diagnostic et à un traitement en temps opportun (191).

Des MST, telles que la gonorrhée et la chlamydiase, peuvent rendre stériles les hommes et les femmes si elles ne sont pas traitées. Mais souvent, en cas de stérilité, le blâme est jeté sur les femmes alors qu'en fait, l'homme peut être stérile (16, 56, 72, 287). L'OMS estime qu'entre 8 % et 22 % de la stérilité dans le monde est due à des causes masculines (291). Le traitement précoce des MST chez les hommes et le diagnostic exact des problèmes de fécondité aideraient à diminuer la honte sociale et la violence que rencontrent certaines femmes qui ne peuvent pas concevoir (56).


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