TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Octobre, 1998 Série J, Numéro 46 |
répondre aux besoins non satisfaits La participation des hommes est d'importance critique pour permettre à des millions de femmes d'éviter des grossesses non souhaitées. Sur les 175 millions de grossesses chaque année, environ 75 millions ne sont pas désirées, selon les estimations du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) (261). Selon les estimations, 100 millions de femmes mariées ont un besoin non satisfait de planification familiale (208). Il existe probablement un besoin non satisfait bien plus important chez les femmes célibataires, bien que les estimations se fondent sur des enquêtes faites uniquement auprès de femmes mariées. Les femmes ont un besoin non satisfait si elles sont sexuellement actives, fécondes et ne souhaitent pas tomber enceintes mais qu'elles n'utilisent pas un moyen de contraception, soit moderne, soit traditionnel (279). La plupart des hommes et des femmes sont d'accord pour utiliser la contraception mais les couples qui ne sont pas d'accord (ou lorsque l'épouse pense que son mari désapprouve) représentent une proportion importante des couples ayant un besoin non satisfait. Un grand nombre de femmes mariées qui souhaitent éviter une grossesse n'utilisent pas la contraception car leur époux n'est pas d'accord, selon les enquêtes démographiques et de santé (EDS) (37, 208, 261, 278). En moyenne, dans l'EDS, 9 % des femmes mariées avec un besoin non satisfait indiquent la désapprobation du mari comme étant la principale raison faisant qu'elles n'utilisent pas la contraception (37). Interviewées de manière plus approfondie, les femmes avec un besoin non satisfait sont encore plus susceptibles de citer l'opposition de leur époux comme raison de ne pas utiliser la contraception que ne le laissent penser les réponses de l'enquête (208). Les études qualitatives faites auprès de femmes mariées avec un besoin non satisfait de planification familiale démontrent le rôle important que joue leur mari dans la décision d'utiliser la contraception. Dans l'Uttar Pradesh, en Inde, 87 % des femmes avec un besoin non satisfait indiquent que la décision d'utiliser la contraception revient, en dernière analyse, au mari. Plus d'un quart d'entre elles sont d'accord avec la phrase: « Mon mari serait très en colère si je lui parlais des méthodes de planification familiale » (296). Dans les zones urbaines du Guatemala, les femmes ayant un besoin non satisfait ont indiqué aux enquêteurs qu'elles s'en remettaient souvent aux souhaits du mari malgré leurs propres préférences. Par exemple, une femme qui était tombée enceinte à 11 reprises et qui avait six enfants vivants a dit que, même si elle-même et son époux souhaitaient espacer les futures grossesses, elle attendait que son mari prenne l'initiative et décide de la méthode qu'ils utiliseraient. Si son mari décidait de n'utiliser aucune méthode, elle serait trop embarrassée pour faire ou dire quelque chose (296). Les objections du mari tiennent à diverses raisons, non seulement au souhait d'avoir un plus grand nombre d'enfants ou à l'opposition à la planification familiale mais également aux soucis quant à la santé de sa femme, aux effets secondaires de la contraception, au manque d'information et au peu de discussion de la planification familiale — autant de raisons qu'invoquent également les femmes avec un besoin non satisfait. Au même titre que l'opposition de l'époux, d'autres facteurs expliquent le besoin non satisfait de planification familiale chez les femmes dont l'opposition familiale et sociale, le manque d'accès à des contraceptifs adéquats, les préoccupations pour la santé, la crainte des effets secondaires, le manque d'information et le peu de communication au sein du couple à propos de la planification familiale. La plupart des femmes avec un besoin non satisfait ont probablement un certain nombre de raisons de ne pas utiliser la contraception et ces raisons risquent de ne pas reposer sur des bases solides et pourraient bien changer (49, 208). Par exemple, à Manille et dans plusieurs zones rurales des Philippines, les craintes qu'avaient les femmes des effets secondaires, conjuguées aux craintes de leur époux, expliquaient l'essentiel du besoin non satisfait (49). Dans une zone rurale du Kenya, un grand nombre de femmes utilisaient à titre d'essai la contraception, prêtes à arrêter si elles changeaient d'avis, connaissaient des effets secondaires ou se heurtaient à l'opposition de leur époux (215). Au Népal, un grand nombre de femmes avec un besoin non satisfait se sont montrées préoccupées par leur santé et ont indiqué par ailleurs que leur époux s'opposait à la planification familiale (237). Parfois, les femmes n'utilisent pas la contraception parce qu'elles pensent que leur mari n'est pas d'accord alors qu'en fait, ce dernier approuve (voir La communication est essentielle pour des perceptions justes). Par exemple, parmi les couples interrogés lors de l'EDS 1991Ä1992 en Tanzanie, 63 % des épouses ont indiqué que leur mari désapprouvait l'emploi de la planification familiale alors que tel n'était pas le cas. De fait, dans 59 % des cas, le mari et la femme approuvaient l'emploi de la contraception (208). Souvent, une femme ne connaît pas le point de vue de son époux à propos des questions liées à la reproduction car le couple discute rarement, voire jamais, de la planification familiale. |