TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Octobre, 1998 Série J, Numéro 46 |
Dans les pays tant développés qu'en développement, un grand nombre d'hommes infligent des violences physiques et émotionnelles aux femmes, même lorsque celles-ci sont enceintes (91, 108, 256). En fonction de données provenant de 35 pays, la Banque mondiale indique qu'entre un quart et la moitié des femmes ont subi des sévices physiques de la part d'un partenaire ancien ou récent (108). La violence sexuelle, dont le viol, augmente dans le monde (261). De plus en plus de faits viennent témoigner de la violence à l'égard des femmes et exigent qu'on y prête une attention renouvelée afin d'y mettre fin (22). Dans les pays du monde entier, un grand nombre de femmes indiquent que les hommes les ont maltraitées. Par exemple, une étude faite auprès des femmes de La Paz et d'El Alto, en Bolivie, constate que 37 % ont subi un mauvais traitement physique ou verbal à un moment ou à un autre. Parmi ces femmes, 42 % signalent des actes de violence se répétant souvent (298). En Colombie, environ 20 % des femmes indiquent qu'elles ont été battues. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, plus de la moitié de toutes les femmes des zones rurales et urbaines signalent des actes de violence physique. Dans un district du Kenya, 42 % des épouses indiquent que leur mari les bat régulièrement. Aux Etats-Unis, l'on estime que 21 % à 31 % des femmes sont battues par un partenaire mâle au moins une fois pendant leur vie (261). Les hommes peuvent jouer maints rôles dans la société qui les placent dans des positions où ils peuvent décourager la violence à l'égard des femmes. A titre de pères, de juges, de policiers et de dirigeants communautaires ainsi que d'époux et de partenaires sexuels, les hommes disposent du statut et du pouvoir nécessaires pour aider à changer les normes sociales et comportementales afin de mettre fin à la violence à l'égard des femmes (261). Les hommes peuvent jouer des rôles d'importance critique pour mettre fin à des pratiques traditionnelles nuisibles, telles que la mutilation génitale de la femme ou l'excision (48). (Voir également Mutilation génitale des femmes : un problème de santé publique, Supplément au Population Reports, série J, No. 41, octobre 1995.) Prenons un exemple: récemment, deux hommes du Sénégal, un imam et un dirigeant du village ont aidé les femmes du village à commencer à éliminer l'excision. Une fois mis au courant des dangers que comporte l'excision dans le cadre d'un programme d'éducation, ces deux hommes ont rendu visite à 10 villages des alentours pour parler aux anciens et aux membres de la communauté. Par la suite, les 8.000 villageois ont promis de mettre fin à l'excision dans leurs communautés. Leurs efforts ont encouragé le Président du Sénégal à demander que soit votée une loi interdisant l'excision (166). |