TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Octobre, 1998 Série J, Numéro 46 |
Dans pratiquement toutes les enquêtes faites auprès d'hommes adultes, une grande majorité a pu identifier au moins une méthode contraceptive. Dans 15 des 21 pays avec des données EDS sur les hommes, 90 % des hommes ou plus connaissent une méthode contraceptive. Dans 10 de ces pays, l'intégralité ou la quasi-intégralité des hommes connaissent une méthode (voir Tableau 1). Dans le cadre de l'EDS, la connaissance d'une méthode contraceptive signifie uniquement qu'un répondant se rappelle en avoir entendu parler. Ce rappel peut être soit spontané (c'est-à-dire sans que l'enquêteur ne mentionne la méthode) ou aidé, c'est-à-dire une fois que l'enquêteur a mentionné la méthode par son nom. Les résultats de l'EDS indiqués ici portent sur les deux types de connaissances. Les données de l'EDS sur les connaissances ne signifient pas forcément que le répondant sait comment utiliser la méthode, comprend son efficacité ou ses effets secondaires ou approuve son utilisation (76). D'autres études approfondies constatent que les hommes ont besoin de plus d'information sur la planification familiale, les méthodes contraceptives et la physiologie reproductive. Par exemple, une enquête faite auprès d'hommes dans cinq districts de l'Uttar Pradesh, en Inde, constate que, chez les maris qui n'utilisaient pas eux-mêmes une méthode contraceptive, environ 90 % savaient qu'ils pouvaient aider leur femme à éviter une grossesse en s'abstenant des relations sexuelles ou en permettant à leur épouse d'employer la contraception. Mais seul un cinquième des hommes interrogés ont su indiquer les jours féconds du cycle d'une femme et seule la moitié ont pu reconnaître un symptôme des complications de la grossesse (72, 75). Les hommes sont peut-être au courant de la contraception moderne mais, souvent, ils ont un grand nombre de questions quant à la fiabilité de méthodes spécifiques ainsi que sur leurs éventuels effets secondaires. Par exemple, des groupes de discussion focalisée organisés dans les Républiques d'Asie centrale du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan en 1994, constataient que les connaissances des hommes mariés se limitaient au DIU, à la pilule et aux condoms. Ces hommes se montraient préoccupés par les effets secondaires de la pilule et du DIU et souhaitaient recevoir plus d'information sur l'innocuité et sur d'autres choix contraceptifs (238). Dans la plupart des pays africains où une enquête EDS a été faite, les hommes possèdent des niveaux plus élevés de connaissance des méthodes contraceptives que les femmes (76, 118). Par exemple, au Niger, 85 % des hommes interrogés connaissaient au moins une méthode, comparés à 77 % des femmes (76). Au Bangladesh, au Brésil, en Haïti et au Pakistan, les niveaux de connaissance étaient presque identiques entre les hommes et les femmes. Les hommes de l'Afrique de l'Ouest sont légèrement moins susceptibles que ceux d'autres régions d'être au courant de la contraception. Par exemple, au Cameroun, 74 % des hommes interrogés ont dit qu'ils connaissaient au moins une méthode contraceptive. En outre, les hommes au Pakistan indiquent des niveaux moins élevés de connaissance contraceptive que les hommes dans un grand nombre d'autres pays étudiés. Dans la plupart des pays, les hommes et les femmes sont plus susceptibles de connaître des méthodes contraceptives modernes que des méthodes traditionnelles. Dans cinq pays — Bangladesh, Brésil, Haïti, Malawi et Zimbabwe — pratiquement tous les hommes signalent connaître certaines méthodes modernes. Les hommes connaissent surtout la pilule, suivie des condoms et de la stérilisation féminine. L'abstinence périodique est plus connue que le retrait parmi les deux méthodes traditionnelles. Les hommes de l'Afrique de l'Est sont plus susceptibles de connaître les méthodes traditionnelles que les hommes des autres régions. Dans la plupart des pays, un bien plus grand nombre d'hommes connaissent la stérilisation féminine que la stérilisation masculine (vasectomie). Par exemple, au Maroc, 78 % des hommes interrogés indiquent qu'ils connaissent la stérilisation féminine mais seuls 9 % sont au courant de la vasectomie. Toutefois, au Bangladesh, où la connaissance de toutes les méthodes est répandue, 99 % des hommes connaissent la stérilisation féminine et 90 % connaissent la stérilisation masculine. Tel que l'on peut s'y attendre, les hommes plus instruits sont plus susceptibles de connaître au moins une méthode et les hommes des zones urbaines ont de meilleures connaissances que les hommes des zones rurales. De plus, la connaissance de la contraception semble se renforcer chez les hommes. Par exemple, au Mali, dans le cadre de l'EDS de 1987, 66 % des hommes ont indiqué connaître au moins une méthode contraceptive. En 1995, le pourcentage était passé à 88 %. Autres études. Diverses études constatent que presque tous les hommes interrogés connaissent la contraception (30, 72, 161, 183, 188, 231). Une étude faite auprès de 630 couples à Cochabamba, en Bolivie, constate que la connaissances des méthodes contraceptives chez les maris était quelque peu plus importante que la connaissance des femmes. Parmi les maris, 99 % ont su identifier au moins une méthode moderne alors que ce pourcentage était de 93 % pour les épouses. Parmi les deux sexes, ce sont les condoms et le DIU qui sont les méthodes les plus connues alors que les injectables et les spermicides sont parmi les moins connues (298). L'Enquête sur les hommes et la planification familiale faite en 1990-1991 au Botswana auprès d'hommes sexuellement actifs âgés de 13 à 69 ans constate que presque tous les hommes connaissaient la pilule et les condoms. Un grand nombre connaissait également le DIU, les injectables et la stérilisation féminine. Un nombre moindre était au courant de la vasectomie, de l'abstinence périodique et des méthodes vaginales (131). |