TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pours les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Utilisation de la contraception chez les hommes

L'utilisation des deux méthodes contraceptives modernes destinées aux hommes — le condom et la vasectomie — est faible comparée à l'emploi d'autres méthodes mais elle augmente lentement dans certains pays. Dans la plupart des pays, les méthodes traditionnelles exigeant la coopération masculine — retrait et abstinence — sont, là aussi, peu utilisées.

Méthodes modernes. Dans le monde entier, les condoms et la vasectomie sont les méthodes contraceptives les moins utilisées de toutes. Parmi les femmes mariées interrogées des pays en développement, environ 4 % indiquent utiliser les condoms et 4 % la vasectomie. Si l'on exclut la Chine des estimations sur la vasectomie, le pourcentage de femmes dans les pays en développement qui dépendent de cette méthode est à peine de 3% (voir Tableau 4).

Les condoms sont la principale méthode de planification familiale au Japon où 46 % de tous les couples mariés les utilisent (253). L'utilisation du condom est répandue en Europe de l'Est et dans l'ancienne Union soviétique. En Slovaquie, 21 % des couples mariés dépendent des condoms pour la planification familiale; en Lituanie, 18 % et dans la République tchèque, 17 %. Aux Etats-Unis, 13 % des couples mariés dépendent des condoms, en Nouvelle-Zélande, 12 % et au Canada, 10 % (253). En Amérique latine et aux Caraïbes, l'utilisation du condom est la plus élevée en Jamaïque, à 17 % des couples mariés, et au Costa Rica, 16 %. En Asie et dans le Pacifique, l'utilisation de condoms est la plus élevée en Corée du Sud où un couple marié sur 10 dépend de la méthode. Environ 6 % utilisent des condoms en Malaisie et 4 % au Bangladesh et au Vietnam.

A l'instar de la plupart des autres méthodes, l'utilisation du condom est faible sur la majeure partie de l'Afrique subsaharienne ainsi qu'au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Les exceptions sont l'Ile Maurice, où environ 13 % dépendent des condoms, la Turquie, 7 % et la Zambie, environ 4 %. Ailleurs, dans ces régions, environ 2 % ou moins des couples dans les pays étudiés indiquent utiliser des condoms.

La vasectomie n'est répandue que dans quelques pays. Parmi les pays en développement où des enquêtes ont été faites récemment auprès de femmes mariées, la vasectomie est très utilisée uniquement en Corée du Sud, à hauteur de 12% des couples mariés; en Chine, à 10%; au Népal, à 5 % et en Inde, à 4 % (voir Tableau 4). De plus, environ 6 % des personnes interrogées ont mentionné la vasectomie en Thaïlande en 1987 et environ 4 % au Sri Lanka en 1982. Aucune enquête n'a été faite depuis dans ces deux pays. En ce qui concerne les pays industrialisés, la vasectomie est une méthode répandue en Nouvelle-Zélande, pour 18 % des couples mariés; au Canada, pour 16 %; aux Etats-Unis, pour 13% et aux Pays-Bas, pour 11% (253).

En Amérique latine et aux Caraïbes, c'est au Brésil que l'utilisation de la vasectomie est la plus élevée, pour environ 3 % des couples mariés et au Costa Rica et au Guatemala, entre 1 % et 2% des couples. Dans tous les pays étudiés de l'Afrique subsaharienne ainsi qu'au Proche-Orient et en Afrique du Nord, moins de 1 % des couples mariés dépendent de la vasectomie.

Méthodes traditionnelles. Parmi les femmes mariées interrogées dans les pays en développement, 3 % utilisent l'abstinence périodique et 4% le retrait. Si dans certaines régions le retrait n'est pas une méthode courante, son emploi par contre est très important dans d'autres pays. En Turquie, 26 % des couples mariés dépendent du retrait comme moyen de contraception; en République tchèque, 22 % et dans l'Ile Maurice, 16 %.

A l'échelle du monde, l'abstinence périodique est la méthode exigeant la collaboration de l'homme la moins utilisée. Toutefois, son utilisation est très importante dans certains pays. Par exemple, en Bolivie, 22 % des couples mariés utilisent l'abstinence périodique; au Pérou 18 % et en Equateur, 9 %. Au Vietnam, environ 10 % des couples dépendent de cette méthode et aux Philippines et en Malaisie, 7 %. De plus, au Kazakhstan, environ 7 % des couples en dépendent. Dans 10 pays de l'Afrique subsaharienne, les enquêtes constatent qu'au moins 5 % des couples utilisent l'abstinence périodique comme méthode de planification familiale.

L'utilisation des méthodes traditionnelles est probablement plus importante que ne le laissent penser la plupart des enquêtes. Une des raisons étant que les méthodes traditionnelles, surtout le retrait, sont souvent utilisées conjointement avec des méthodes contraceptives modernes. Par ex- emple, les femmes qui utilisent des contraceptifs oraux peuvent également pratiquer le retrait ou l'abstinence si elles oublient de prendre des pilules. Vu que la plupart des enquêtes, dont l'EDS, ne signalent pas l'utilisation de méthodes multiples, elles peuvent sous-estimer l'utilisation des méthodes traditionnelles (211, 246).

Utilisation accrue. Si l'utilisation de méthodes contraceptives pour hommes dans les pays en développement n'a guère changé dans l'ensemble ces 10 dernières années, selon les estimations de Population Reports, dans plusieurs pays, des EDS répétées montrent par contre que l'utilisation de méthodes demandant la collaboration de l'homme s'est accrue (voir Figure 1). Par exemple, au Ghana, au Mali et au Sénégal, l'utilisation de méthodes masculines est nettement plus élevée actuellement qu'elle ne l'était il y a quelques années.

De plus, les enquêtes auprès de femmes mariées en âge de procréer montrent que l'emploi du condom a augmenté dans plusieurs pays de l'Amérique latine et des Caraïbes, bien qu'il reste faible comparé à l'utilisation d'autres méthodes. Par exemple, au Brésil, l'utilisation de condoms semble être passée de 2 % à plus de 4 % de 1986 à 1996 et au Pérou, elle est passée de moins de 1% à plus de 4 % sur la même période (250, 253).

Différences entre les comptes rendus des hommes et des femmes. Tel qu'on pouvait le penser, les enquêtes auprès d'hommes mariés, à l'instar des enquêtes auprès de femmes mariées, indiquent également une faible utilisation de méthodes contraceptives destinées aux hommes (voir Tableau 5). Mais en général, les hommes mariés notifient une prévalence plus élevée de la contraception que les femmes mariées. Selon une analyse des données de l'EDS par Ezeh et ses collègues, l'écart est le plus prononcé dans le cas des deux EDS au Kenya, où la différence entre les réponses masculines et féminines dépassent 20 points de pourcentage dans chaque enquête. Au Ghana, il existe une différence de 14 points de pourcentage. Dans deux pays seulement — le Mali et le Maroc — les femmes indiquent des taux nettement plus élevés d'utilisation de la contraception que les hommes (76).

Il n'existe pas d'explication évidente pour l'écart entre les notifications des hommes et des femmes concernant l'utilisation de la contraception. A l'avis de certains, les hommes surnotifient l'utilisation des méthodes masculines et féminines (76, 118). D'autres pensent que l'utilisation extra-conjugale de condoms chez les hommes explique une partie de l'écart des notifications des hommes et des femmes concernant l'utilisation de condoms(voir Figure 2). Ezeh et ses collègues ne sont toutefois pas d'accord avec cette explication, faisant remarquer que les femmes mariées sous-notifient souvent l'utilisation de toutes les méthodes masculines. Ce biais accentuerait encore la surnotification des hommes concernant l'utilisation de condoms. De plus, la polygamie n'est pas non plus une explication plausible car elle n'est pas pratiquée dans tous les pays étudiés et, quel que soit le cas, les hommes monogames sont plus susceptibles d'utiliser la contraception que les hommes polygames (76).


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