TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pours les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Comment les rôles des deux sexes affectent le
comportement en matière de reproduction

Les rôles des deux sexes ont une influence puissante sur la prise de décisions et le comportement en matière de reproduction (36, 158, 262). Dans un grand nombre de pays en développement, les hommes sont ceux qui prennent l'initiative des rapports sexuels, décident du nombre d'enfant et de l'éventuelle utilisation de la contraception. Les hommes sont souvent appelés les « gardiens » au vu des nombreux rôles influents qu'ils jouent dans la société — en tant que maris, pères, oncles, dirigeants religieux, médecins, décideurs et responsables locaux et nationaux (60, 100, 103). Dans leurs différents rôles, les hommes peuvent contrôler l'accès à l'information et aux services de santé, aux finances, aux transports et aux autres ressources (52, 53, 61, 100, 157, 209).

L'on sait peu de choses sur la dynamique de la prise de décisions au sein du couple concernant les questions liées à la sexualité ou à la reproduction et sur la manière dont les rôles des deux sexes affectent ces décisions. Elles touchent à la pratique de la planification familiale, aux relations sexuelles et au moment de ces relations, aux relations sexuelles extra-conjugales, à l'utilisation de condoms pour prévenir les MST, à l'allaitement maternel et à la consultation des services prénatals (28, 36, 117, 126, 148).

Les rôles des deux sexes se classent parmi les nombreux facteurs influençant les couples et affectant leurs décisions en matière de procréation. Le niveau d'instruction, les pressions familiales, les attentes sociales, le statut socioéconomique, l'exposition aux mass media, l'expérience personnelle, la religion façonnent également de telles décisions (28, 115, 117). Par conséquent, il n'existe jamais deux « environnements décisionnels » de couples qui soient identiques (117).

Certains chercheurs pensent que les décisions personnelles en matière de procréation découlent de petites décisions progressives (35, 174, 281). D'autres pensent que, dans les décisions sur la fécondité, ce sont les normes sociales et culturelles qui prennent souvent le pas sur les préférences individuelles (117). Dans certaines sociétés traditionnelles, un grand nombre de couples indiquent que ce n'est pas à eux de choisir le nombre d'enfants qu'ils veulent avoir mais que c'est là l'affaire de Dieu ou du destin.

Dans certains pays en développement, les maris dominent la prise de décisions concernant la procréation, qu'il s'agisse de l'utilisation de la contraception, de la dimension de la famille, de l'espacement des naissances ou des partenaires sexuels extra-conjugaux (73, 79, 85, 138, 142, 148, 188, 238). Par exemple, au Ghana, certains hommes, lors de groupes de discussion focalisée, ont indiqué qu'ils prenaient toutes les décisions familiales. Tel que le faisait savoir cet homme:

...Nous contrôlons tout dès le début. Quand elle vient à la maison et quand elle pense qu'elle est à présent la maîtresse de la maison et qu'elle fait quelque chose contraire aux règles, nous la mettons en garde. Nous ne permettons pas à nos femmes d'avoir une influence sur nous (73).
Une étude faite auprès de plus de 3.000 couples nigérians urbains constate que, si les hommes ne dominent pas la prise de décisions, ils n'en ont pas moins un pouvoir plus étendu que les femmes. On a demandé aux hommes et aux femmes qui décidait des questions telles que la dimension familiale, le moment des relations sexuelles et la durée des périodes d'abstinence sexuelle. Près de 60 % des hommes ont dit que c'était eux qui décidaient et 40 % à 50 % des femmes étaient d'accord pour dire que les hommes décidaient (119).

Une étude des décisions liées à la fécondité faite par cinq générations d'une famille provenant du Sud de l'Inde constatait également que les hommes avaient tendance à contrôler l'utilisation de la contraception et à prendre les décisions liées à la fécondité. Les hommes des générations plus âgées choisissaient de limiter leur propre fécondité en obtenant une vasectomie, généralement sans le dire à leur épouse. Les hommes indiquaient que les pressions économiques représentaient la motivation principale de limiter le nombre des enfants. Une enquête de toutes les cinq générations de cette famille révèle que plus de la moitié des hommes pensaient que la prise de décisions était mutuelle alors que 38 % seulement de leurs femmes voyaient ainsi les choses (129).

Le contrôle des hommes sur la prise de décisions liée à la fécondité est probablement en train de se relâcher, surtout dans les générations plus jeunes et dans certaines cultures. Dans un grand nombre de sociétés, alors que se présentent de meilleures possibilités sociales, économiques et éducatives pour les femmes, les rôles traditionnels des deux sexes commencent à changer. Aussi, le pouvoir est-il en train d'être redistribué entre les hommes et les femmes. Des faits provenant de plusieurs pays démontrent que, de plus en plus, les décisions liées à la procréation sont prises conjointement par les couples et non pas par les hommes tout seuls (96, 180, 200).

Par exemple, au Pérou, en Argentine et au Brésil, des recherches faites par Gary Barker ont identifié un groupe d'hommes jeunes qui, contrairement à l'image machisto répandue, négocient les décisions sexuelles et reproductrices avec leur partenaire et sont prêts à prendre l'initiative de l'utilisation de la contraception (23). Au Sri Lanka, où les niveaux d'instruction et d'alphabétisation des femmes sont élevés, une étude faite auprès des couples utilisant actuellement la contraception signale que plus de la moitié des épouses et environ les deux tiers des maris indiquent prendre ensemble les décisions concernant la planification familiale (65). De plus, la culture patriarcale du Japon est en train de changer, s'éloignant de la dominance détenue par les maris et partenaires vers des décisions prises ensemble par les couples (180).


Precedente | Suivante
Haut | Table des matieres

111 Market Place, Suite 310, Baltimore, MD 21202, USA
Phone: (410) 659.6300/Fax: (410) 659.6266/E-mail: Poprepts@jhuccp.org

Population Reports