TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pours les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Dans quelle mesure le couple discute-t-il
de la planification familiale ?

Pour un grand nombre de couples, il est rare de discuter de la fécondité et de la planification familiale. D'après plusieurs études, la communication entre époux à propos de la planification familiale commencerait généralement uniquement après la naissance d'un ou de deux enfants (36, 65, 85).

L'EDS et d'autres études qui ont interviewé les maris et les femmes sur la fécondité et la planification familiale nous permettent de mieux comprendre leur communication sur ces thèmes (36, 54, 72, 76). Toutefois, il est difficile d'utiliser les enquêtes pour évaluer la communication entre époux (28, 33, 103). En effet, la communication est un processus continu mais les enquêtes ne saisissent l'information qu'à un point donné du temps. Elles ne suivent pas la progression de la discussion ou de la prise de décisions au sein du couple. De plus, les enquêtes à elles seules ne peuvent pas déterminer la mesure dans laquelle la communication entre partenaires encourage l'utilisation de la contraception et la mesure dans laquelle l'utilisation de la contraception mène à la communication au sein du couple (28, 141, 183, 219).

L'EDS indique deux aspects de la communication au sein du couple sur la planification familiale: en ont-ils discuté et combien de fois? Premièrement, l'EDS demande aux maris et aux femmes s'ils ont discuté ou non de la planification familiale avec leur partenaire l'année précédente (76). Pour ceux qui indiquent qu'ils ont effectivement parlé de la planification familiale, l'EDS leur demande s'ils en ont parlé souvent — une fois ou deux fois ou à plusieurs reprises (76).

Dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, seule une minorité d'hommes mariés interrogés ont indiqué avoir discuté de la planification familiale avec leur épouse l'année passée — de 23% au Niger et au Sénégal à 43 % au Mali (voir Figure 3). Dans les pays de l'Afrique de l'Est étudiés, les hommes étaient plus susceptibles d'avoir discuté de la planification familiale — de 49 % au Burundi à 68 % au Kenya.

En Egypte, au Maroc et au Bangladesh, les couples étaient encore plus susceptibles d'avoir discuté de la planification familiale l'année passée (76). Mais au Pakistan, 25 % seulement des hommes ont indiqué qu'ils l'avaient fait (151).

Parmi les couples qui ont discuté de la planification familiale, les maris et les femmes indiquent une fréquence analogue des discussions. La plupart signalent qu'ils en ont discuté à plus de deux reprises l'année passée. Les couples en Afrique de l'Est ont mentionné des discussions fréquentes et les hommes ont signalé des discussions plus fréquentes que les femmes. Les couples au Mali, au Niger et au Pakistan ont indiqué les fréquences les plus faibles de discussion (76)

Des études faites dans d'autres régions constatent également que la communication du couple sur la planification familiale est chose rare (78, 161, 188). Par exemple, des études qualitatives faites dans les Républiques de l'Asie centrale du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan indiquent que les couples mariés discutent rarement des questions liées à la sexualité ou à la santé reproductive. Dans le cadre des groupes de discussion focalisée, les hommes et les femmes font savoir qu'ils sont trop embarrassés pour parler de ces sujets. La plupart des hommes disent qu'ils s'en remettent à leur épouse qui décide de la planification familiale mais ils s'attendent à ce que celle-ci leur demande leur approbation pour utiliser la contraception. Il est toutefois rare qu'ils rejettent le choix de la méthode fait par leur femme (238).

De même, dans les zones urbaines du Pérou, les femmes font savoir dans les groupes de discussion que les époux discutent rarement du nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir. D'après elles, les femmes doivent avoir des enfants peu après le mariage pour plaire au mari (85). Une étude faite auprès de couples boliviens constate que la plupart des hommes et des femmes ont des attitudes positives face à la planification familiale mais la moitié d'entre eux seulement indiquent discuter avec leur partenaire du nombre d'enfants qu'ils souhaitent (298).

En Ouganda, les chercheurs constatent que moins de la moitié des personnes interrogées avaient déjà discuté de la dimension de la famille avec leur époux ou épouse. En moyenne, seul un tiers des hommes ou des femmes indiquent avoir parlé avec leur partenaire du nombre d'enfants qu'ils aimeraient avoir. Les couples dans les zones urbaines sont plus susceptibles de parler de la procréation que les couples ruraux (36).

Les partenaires peuvent communiquer leurs souhaits ou préoccupations en matière de procréation par le biais de moyens non verbaux ou indirects si tant est qu'ils le fassent (36, 85, 117). Par exemple, en Ouganda, la plupart des communications entre hommes et femmes concernant les questions liées à la procréation prennent la forme de suggestions, indices et entretiens avec un ami ou des membres de la famille dans l'espoir que ces derniers communiqueront l'information au partenaire (36).


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