TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pours les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Obstacles à la communication du couple

Maints obstacles empêchent les hommes et les femmes de parler des questions sexuelles et reproductives. La recherche est rare sur la question mais elle n'en suggère pas moins qu'un enchevêtrement complexe de facteurs sociaux et culturels entrave de telles discussions (71, 164). Dans de nombreuses sociétés, la sexualité est un sujet tabou pour les hommes et les femmes. De plus, les hommes et les femmes craignent d'être rejetés par un partenaire sexuel, surtout au début d'une relation. Aussi, ne vont-ils pas mentionner des questions gênantes telles que les antécédents sexuels ou l'utilisation de la contraception (193).

Comme pour la prise de décisions en général, le statut inférieur des femmes et leur manque de pouvoir limitent la communication du couple (66, 67, 71, 74, 88, 106, 164, 219, 292). Pour un grand nombre de femmes, les rôles féminins traditionnels signifient qu'elles n'ont guère voix au chapitre quand il s'agit des questions sexuelles et ne disposent pas du pouvoir nécessaire pour influencer le comportement de leur partenaire (67, 85, 164, 248, 264, 292). Même lorsque les hommes et les femmes discutent des questions liées à la santé reproductive, ce n'est généralement pas sur un pied d'égalité (64).

Les cultures traditionnelles découragent souvent les femmes mariées qui ont du mal à démarrer une discussion sur la contraception. Quant à eux, les hommes risquent de penser qu'il n'y a rien à discuter ou qu'il n'est pas nécessaire de tenir compte des sentiments et opinions de leur épouse. Dans des pays tels que l'Inde, le Kenya et le Nigéria, la domination traditionnelle de l'époux est un obstacle de taille à la communication sur la planification familiale au sein du couple (72, 119, 181). De plus, un mari risque de penser que sa femme lui est infidèle si elle essaye de discuter de la contraception avec lui (85). Dans certaines cultures, il est plus facile pour les femmes célibataires et les prostituées de négocier l'activité sexuelle avec les hommes, notamment l'utilisation du condom, que pour les femmes mariées de le faire avec leur époux (248).

Dans les groupes de discussion focalisée, les femmes haïtiennes ont décrit une situation que rencontre un grand nombre d'entre elles. En effet, elles craignent de contracter le VIH de leur mari mais constatent qu'il est difficile de discuter de ce sujet avec lui. Peu de femmes pensaient que leur mari était fidèle mais elles se sentaient impuissantes à changer le comportement sexuel de leur époux. Elles craignaient d'être battues ou violées si elles parlaient de la contraception ou rejetaient l'avance sexuelle du mari. Elles craignaient également que, si elles refusaient d'avoir des relations sexuelles, leur mari se tournerait encore davantage vers les prostituées ou d'autres femmes (248).

Statut des femmes et communication. Alors que les femmes deviennent de plus en plus les égales de l'homme, elles sont davantage en mesure de communiquer sur les questions liées à la procréation et de participer aux décisions en la matière (28, 164). Lorsqu'une femme partage le pouvoir décisionnel, elle est en meilleure position de discuter de la planification familiale et des relations sexuelles avec son partenaire.

Ce sont tout particulièrement les femmes plus instruites qui arrivent à communiquer plus facilement avec leur mari (54, 89, 164, 200). Les femmes plus instruites sont mieux informées, capables de réunir l'information nécessaire des journaux et d'autres médias et arrivent à mieux s'exprimer (203). L'éducation peut également donner à la femme de meilleures chances de gagner sa vie — et, partant, d'avoir voix au chapitre dans les décisions familiales — car elle aura une meilleure estime d'elle-même (164).

Plus le niveau d'instruction d'un homme et d'une femme se rapproche et plus ils sont instruits, plus ils sont susceptibles de discuter et d'utiliser la planification familiale (54, 65, 164). Une études faites auprès de couples nigérians constate que, lorsque le mari et la femme ont suivi l'éducation secondaire ou au-delà, 61 % des couples indiquent qu'ils ont discuté de la planification familiale. Quand ni l'un ni l'autre n'est instruit, seuls 15 % déclarent en avoir discuté (164).

Une femme qui détient un certain pouvoir économique est également plus susceptible de discuter de la planification familiale avec son mari (89). Au Togo, les femmes qui travaillent dans le cadre d'activités rémunératrices et qui investissent une partie de cet argent dans des plans de crédit ou d'épargne ont indiqué les niveaux les plus élevés de communication avec leur mari à propos de la planification familiale. Le niveau était nettement plus élevé que chez les femmes qui gagnaient également de l'argent mais qui ne l'investissaient pas ou chez celles qui ne travaillaient pas en contrepartie d'une rémunération monétaire (89).

Le type de mariage — qu'il s'agisse d'un choix libre, d'un mariage arrangé ou d'une relation polygame — affecte également le pouvoir relatif d'une femme et, partant, la mesure dans laquelle le couple communique (89, 138, 140, 164). Par exemple, au Togo, les femmes qui avaient choisi leur mari sans les conseils de leur famille indiquaient les niveaux les plus élevés de discussion avec leur époux sur la planification familiale. Celles dont les mariages avaient été arrangés par leur famille signalaient les niveaux de communication les plus faibles (89). Les femmes dans les mariages polygames ont souvent un faible statut et n'indiquent que peu de communication.

De plus, l'âge d'une femme au premier mariage est corrélé à sa capacité de communiquer. Plus la femme est jeune, surtout si elle est bien plus jeune que le mari, moins il existe de communication sur la planification familiale (73, 89)


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