TABLE DES MATIERES
         Chapitres
  1. Les hommes font l'objet d'une nouvelle attention
  2. Les hommes peuvent faire une différence
  3. De nouveaux résultats d'enquêtes à propos des hommes
  4. Rôles de l'homme et de la femme et comportement en matière de reproduction
  5. Communication au sein du couple
  6. Leçons apprises et implications pour les programmes
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXVI, Numéro 2
Octobre, 1998

Série J, Numéro 46
Leçon 8. Conseiller les hommes
avec respect et sensibilité

Les prestataires de services qui comprennent et respectent les besoins des hommes sur le plan de la santé reproductive sont mieux à même de les aider. De bons conseils sont essentiels lorsqu'on sert les hommes, tout comme pour les femmes. L'expérience au Brésil, en Colombie et en Ouganda indique que les hommes accepteront des informations et des services de conseillers et de prestataires femmes ou hommes du moment que ceux-ci sont compétents et respectueux (14, 100).

Les prestataires arrivent à bien conseiller s'ils sont conscients des préoccupations des hommes. Lorsque les hommes se rendent dans un centre de santé, ils souhaitent souvent commencer à parler d'autres choses que la véritable raison de leur visite (14, 93). Aussi, des conseillers sensibles à ce besoin feront-ils attention à diriger la conversation vers les thèmes de santé reproductive et à poser des questions qui tiennent compte des préoccupations des hommes sur le plan de la santé reproductive. Parfois, les hommes posent des questions difficiles sur des thèmes tels que le plaisir sexuel, l'envie sexuelle et l'anatomie sexuelle. A ces questions, il faut répondre avec une information exacte, donnée de manière décontractée et utile sans porter de jugement. Afin d'encourager la participation des hommes, les prestataires peuvent aller plus loin que la réponse aux questions des hommes sur les méthodes contraceptives et les aider également à tenir compte de leurs buts en matière de procréation, de ceux de leur partenaire et des choix qu'ils doivent prendre ensemble (132).

Certains hommes, surtout ceux qui sont jeunes, ne veulent pas étaler leur ignorance sur la sexualité et la reproduction. Aussi, risquent-ils de ne pas poser de questions, seront-ils silencieux dans les groupes et agiront-ils de manière différente en présence de leur épouse ou de leur amie. Toutefois, en faisant attention aux préoccupations des hommes, les éducateurs et les conseillers peuvent déterminer l'information dont ils ont besoin et la communiquer sans causer de gêne (99).

En Colombie, Profamilia a appris l'importance d'une bonne consultation après avoir géré pendant plus de 10 années des centres pour hommes. Dans le centre pour hommes de Bogota, un conseiller rencontre brièvement chaque homme avant sa visite médicale pour lui donner une chance de poser des questions confidentielles. Avant la prestation de tels services, les clients avaient souvent reçu des soins et payé pour des services médicaux dont ils n'avaient pas besoin (14).

Peu de programmes ont de l'expérience de travail avec les hommes et c'est la raison pour laquelle la formation du personnel clinique est aussi importante si l'on veut assurer des soins de haute qualité. Le personnel clinique peut avoir des préjugés à l'égard des hommes ou même les décourager de venir obtenir informations et services à la planification familiale. Par exemple, au Kenya, une étude faite auprès de clients «mystères » constate une qualité inégale des conseils donnés aux hommes. Les clients hommes recrutés par les chercheurs se sont rendus dans les services de planification familiale en prétendant qu'ils souhaitaient une vasectomie. Certains hommes ont reçu un traitement courtois et des conseils compétents mais la plupart ont indiqué une expérience un peu plus mitigée avec le personnel. Lors de quatre des 14 visites, les conseillers n'ont pas expliqué correctement la procédure liée à la vasectomie. Lors de huit visites, des conseillères ont demandé aux clients « mystères » pourquoi leur femme n'avait pas eu de ligature des trompes. Quelques conseillers ont même essayé de persuader les hommes de ne pas avoir de vasectomie (282).

En 1993, l'Association de planification familiale de la Jamaïque (FAMPLAN) a commencé une formation complète du personnel dans le cadre des efforts faits pour mieux servir les hommes et les couples. La formation s'inscrivait dans le cadre d'un effort fait pour intégrer la prévention des MST aux services de planification familiale. Premièrement, une enquête de base auprès des conseillers, infirmiers et autres membres du personnel a permis d'évaluer leur connaissance des MST, notamment du VIH. Ensuite, un guide de formation a été élaboré pour le personnel complet, notamment les chauffeurs de bus et les réceptionnistes. La formation se concentrait d'abord sur la prévention des MST, notamment l'utilisation correcte des condoms et les conseils. Par la suite, la formation portait également sur la santé sexuelle, la sexualité et les compétences avancées aux conseils. Reflétant les efforts du programme, la distribution de condoms a augmenté de 350 %, de 60.000 condoms en 1992 à 213.000 condoms en 1994 (222).


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