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Entretien—

Pourquoi et comment poser des questions

Dans BERCER, E représente “entretien”. Le conseiller pose des questions efficacement et écoute attentivement les réponses du client.

Pourquoi poser des questions ?

Afin de constituer vos dossiers, il se peut que vous deviez poser certaines questions à tous les clients. Mais les questions les plus importantes révèlent les véritables désirs des clients et leurs sentiments. Les meilleures questions conduisent à des réponses qui appellent de nouvelles questions — comme une conversation entre amis. Aucune liste de questions ne peut convenir à tous les clients.

Comment “poser efficacement des questions” ?

Mots cles de L’Entretien

“Qu’espérez-vous que nous puissions faire pour vous aujourd’hui ?”

Certains clients sont timides et hésitent à parler de leurs besoins, de leurs buts ou de leurs espoirs. Or, si vous ne savez pas ce qu’ils veulent réellement, ils risquent de partir déçus. Ils risquent de ne pas suivre les instructions. Ils ne vont peut-être pas revenir. Ils vont peut-être même se plaindre de la façon dont vous les avez traités. C’est pourquoi il est souvent utile de demander au client, poliment mais directement, ce qu’il espère retirer de cette visite.

Discussion proposée : Comment poser cette question à vos clients de façon amicale et respectueuse ?


Les

questions

ouvertes

donnent

de

meilleurs

résultats!
Les questions ci-après sont des questions ouvertes. Elles invitent les clients à fournir des réponses complètes et honnêtes. Elles les aident à réfléchir au sujet de leurs choix. La réponse à une question de ce genre conduit souvent à la question suivante.

“Pourriez-vous me dire les raisons qui vous ont amené à venir nous voir ?”
“Qu’avez-vous entendu dire de la méthode ?”
“Quelles questions souhaitez-vous poser au sujet de la planification familiale ?”
“Qu’en pensez-vous ?”

Les questions ci-après sont des questions à but précis. Elles exigent une réponse ponctuelle, souvent un simple “oui” ou “non”. Elles éliminent la discussion. Certaines d’entre elles sont aussi des questions tendancieuses. Elles conduisent le client à répondre de la façon souhaitée par le conseiller.

“Etes-vous venu pour la planification familiale ?”
“Avez-vous entendu parler de cette méthode ?”
“Ne préférez-vous pas cette méthode ?”
“Ne pensez-vous pas que les jeunes femmes devraient éviter les rapports sexuels avant le mariage ?”

Discussion proposée : Pensez à d’autres questions ouvertes et à but précis. Quelles sont les meilleures ? Par ailleurs, comment transformer une question à but précis en question ouverte ?

Réagir aux sentiments des clients
La planification familiale et d’autres questions de santé reproductive peuvent toucher profondément l’intimité des clients. Quand on en parle, les clients peuvent se sentir gênés, désorientés, inquiets ou craintifs. Ces sentiments affectent leurs décisions. Certains sentiments peuvent rendre les choix difficiles ou conduire à des choix que les clients regrettent plus tard.

Comment aider les clients à surmonter leurs appréhensions ? D’abord, leur demander ce qu’ils pensent et les aider à s’exprimer. Accordez leur toute votre attention. Ecoutez les attentivement et posez leur de bonnes questions. Surveillez comment leur corps et leur visage expriment leurs réactions. Cela peut vous aider à savoir ce que pensent vos clients.

Lorsque vous vous êtes rendu compte de ce que pensent les clients, faites leur savoir, en vous servant de mots simples et clairs, que vous les comprenez. En d’autres termes, devenez le miroir de leurs sentiments. Deux exemples sont donnés à droite.

Vous ne pouvez pas changer les sentiments des clients. Eux seuls peuvent le faire. Mais, quand vous confirmez des sentiments, vous montrez que vous comprenez. Vous faites aussi savoir qu’il n’y a rien de mal à réagir comme ils le font.

Au fur et à mesure que les clients expriment leurs sentiments, ils se comprennent mieux. Ils peuvent alors s’apercevoir qu’il est plus facile de faire des choix avisés et bons pour leur santé.

Miroir des sentiments
Exemple 1
Provider and client discuss family planning.
Exemple 2
Provider and client discuss the pill.

Pouvez-vous parler de sexualité ?
Parler de sexualité peut être difficile, même pour des agents de santé chevronnés. Il peut être gênant d’employer des mots usuels ou de parler argot. C’est pourquoi parfois les prestataires de services ne communiquent pas d’importantes informations, ne répondent pas entièrement aux questions des clients, ou ne posent pas des questions importantes à propos du comportement sexuel. Il peut même arriver que les agents de santé essaient d’influencer le client dans son choix de méthodes, afin d’éviter d’avoir à expliquer comment on se sert de préservatifs ou de méthodes vaginales, par exemple.

Or on ne peut pas séparer la santé de la sexualité. Pour prendre des décisions qui seraient bonnes pour la santé, les clients ont souvent besoin de parler de comportement sexuel. Les agents ne doivent donc ressentir aucune gêne quand ils entendent ou utilisent des termes sexuels et se servent de dessins ou de modèles du corps. Les exercices ci-après peuvent faciliter la discussion de la sexualité :

  1. Dresser une liste de termes et d’argot qui traitent de sexualité. Essayez de voir comment vous réagissez quand vous entendez ou employez ces mots. Comparez les mots employés pour les hommes et pour les femmes. Est-ce que ces mots évitent des résonnances négatives ? Quels mots préfèreriez-vous employer ? Est-ce que vos clients les comprennent ?
  2. Une fois seul, regardez-vous dans une glace et prononcez les mots qui vous mettent mal à l’aise. Avec un peu de pratique, vous vous sentirez mieux à l’aise et plus sûr de vous.
  3. Exercez-vous à utiliser des dessins ou un modèle pour montrer clairement comment poser un préservatif sur un pénis.
Les clients ont eux aussi des difficultés à parler de sexualité. Vous trouverez ci-après quelques indications vous permettant de les aider.

Utiliser d’autres formules pour donner aux clients des informations délicates. Ils peuvent alors en tenir compte, même s’ils ne veulent pas en parler ouvertement. Par exemple, des affiches, des brochures, des vidéos, la radio et la télévision peuvent expliquer les risques qu’entraîne plus d’un partenaire sexuel, les indications de MST, ou la nécessité d’employer des préservatifs.

Le début d’une discussion la sexualité est souvent l’étape la plus difficile. Comment faire savoir discrètement aux clients qu’on est prêt à parler de choses sexuelles mais qu’on ne va pas les contraindre à participer à la conversation ? Vous pouvez demander : “Avez-vous vu dans la salle d’attente le panneau mural consacré aux MST ? Est-ce qu’il vous a amené à poser des questions ?” ou encore “Certaines femmes disent s’inquiéter du fait que leurs maris ont d’autres partenaires sexuels mais ne savent comment leur en parler. A leur place, que feriez-vous ?” A partir de ce moment, on peut alors passer progressivement, si le client accepte de le faire, à une conversation plus intime.

Conseiller sans commander

La plupart des clients veulent prendre leurs propres décisions, avec quelques conseils ou directives du prestataire de services. En matière de conseils, deux principes sont importants :

Ce sont les souhaits de chaque client — et non pas ceux du prestataire de services — qui conditionnent les conseils à donner. Des clients différents voudront qu’on leur donne plus ou moins de conseils.

De bons conseils aident les clients à prendre leurs propres décisions. De bons conseils ne doivent pas être des ordres — en d’autres termes, il ne s’agit pas de décider au nom des clients.

Un prestataire de services peut donner des conseils tout en protégeant le droit qu’ont les clients de faire un choix informé (voir Des choix informés — le droit de tous les clients). (Suggestion : On peut aider à éviter de commander en posant des questions au lieu de faire des déclarations.)

Conseiller (Essayez cela !) Commander (à éviter !)
Dire clairement au client que la décision lui incombe, tout en offrant aussi de l’aider : “Ensemble, nous pouvons réfléchir à votre décision, mais le choix vous appartient.”

Aider les clients à réfléchir aux conséquences —bonnes et mauvaises — de leurs choix : “La pilule donne au début des nausées aux femmes. Que ferez-vous si ça vous arrive ?”

Aider les clients à réfléchir à leur propre existence : “Avec votre travail, qu’est-ce qui pourrait vous rappeler de prendre chaque jour la pilule ?”

Utiliser les indications données par le client : “Vous avez dit que vous avez eu plusieurs partenaires sexuels l’année dernière. Cela me conduit à penser que vous avez peut-être besoin de vous protéger contre les MST.”

Mentionner les expériences communes d’autres personnes qui ressemblent au client. Etre impartial. “Certaines femmes aiment les injectables parce que leurs règles s’arrêtent, tandis que d’autres évitent les injectables pour cette raison.”

Respecter les décisions des clients qui concernent leur propre existence : “Je comprends que vous devez sortir pour aller travailler en ville la plupart du temps. Dans ces conditions...”

Donner des conseils quand on ne les demande pas : “Eh bien, si vous voulez mon avis...”

Remplacer la décision du client par la votre : “A votre place, je ferais...”

Exprimer des jugements personnels ou critiquer le comportement du client : “Vous avez tort d’agir ainsi. Vous devriez le savoir.”

Exiger une décision rapide sans donner au client le temps de réfléchir: “Voici la liste des méthodes disponibles. Alors, laquelle voulez-vous ?”

Enoncer la décision du client à sa place : “Je suis sûr que vous ne voulez pas cette méthode”. Au contraire, demander au client d’indiquer son choix ou ses souhaits, puis reprendre les mêmes termes.

Employer les mots “devrait”, “toujours”, “doit” et “jamais”

Couper la parole au client : “Le temps presse : Passons à...”

Supposer que tous ceux qui sont dans une situation analogue ont les mêmes besoins : “Vous n’êtes par marié, et tous les célibataires ont besoin de préservatifs pour se protéger contre les MST.”


Exercices proposés :

Comment “écouter attentivement”
Comment contrecarrer les faux bruits

Si on demande aux clients ce qu’ils ont entendu dire à propos des méthodes de planification familiale ou des MST, on se rend souvent compte qu’il s’agit de faux bruits.

Quels sont ces faux bruits ?

Renseignements peu fiables qui circulent dans la communauté, surtout de bouche à oreille. Les faux bruits se diffusent largement et sont pris comme étant la vérité ; or, ils sont souvent inexacts ou, par définition, faux. D’ordinaire, on ne se souvient pas de leur origine.

D’où viennent les bruits qui courent à propos de la santé reproductive ?

Comment contrer les faux bruits dont les clients ont entendu parler :

Comment traiter les faux bruits qui courent dans la communauté :

Discussion proposée : Songer à des bruits qui ont couru à propos de la planification familiale et des MST. D’où viennent-ils ? Que pourrait-on faire pour les contrer ?

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