TABLE DES MATIÈRESChapitres
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA. Volume XXVII, Numéro 2 |
L'importance du plaidoyerUn financement suffisant, des politiques favorables et le soutien de la population sont des éléments importants de la réussite des programmes de planification familiale (33, 188). Ces programmes ont besoin d’être soutenus non seulement par les clients, mais aussi par le grand public et, tout particulièrement, par les fonctionnaires de la santé, les décideurs, les organismes de financement, les médias, les employeurs, les dispensateurs de soins de santé, les organisations féminines, et les dirigeants religieux et communautaires. Ce soutien ne peut être tenu pour acquis. Souvent, les programmes de santé reproductive des pays en développement, et leurs alliés, doivent demander un soutien. Ils doivent avancer des preuves indubitables et des arguments persuasifs pour plaider la cause de la planification familiale et d’autres soins de santé reproductive, et le faire de manière à attirer et à retenir l’attention d’un public (106, 114, 205). Pour de nombreux programmes, le plaidoyer peut être un nouveau domaine de responsabilité. Peu de spécialistes des soins de santé ont une expérience en la matière ; or, si les programmes et leurs clients ne prêchent pas une planification familiale de qualité, qui le fera ? Le plaidoyer encourage aussi d’autres personnes qui soutiennent la planification familiale à s’exprimer publiquement. Quand les programmes se heurtent à une opposition tapageuse, il est particulièrement important de porter témoignage du soutien que la majorité apporte à la planification familiale. Le besoin de plaidoyerLe plaidoyer devient essentiel au fur et à mesure qu’augmente la demande de services de santé reproductive de qualité. Dans la plupart des pays en développement, les programmes nationaux de planification familiale ont joué un rôle quand il s’est agit d’offrir des moyens de contraception aux femmes qui le souhaitaient, d’améliorer la santé et de réduire les niveaux de fécondité (33, 188). Aujourd’hui, l’engagement des responsables et un soutien financier sont des éléments essentiels si l’on veut que les programmes soient à même de répondre à une demande en augmentation. Vers une meilleure santé reproductive. De nos jours, beaucoup de programmes de planification familiale se donnent pour mission d’offrir à leurs clients de bons soins de santé reproductive. On entend par bons soins, en sus de la planification familiale, l’offre d’une série de méthodes de contraception, des consultations se déroulant dans un climat de compréhension, et des interventions qui répondent à d’autres besoins importants de santé reproductive. Au fur et à mesure que s’améliore la qualité, les clients voient progresser leur état de santé, sont plus satisfaits, et sont mieux en mesure de procéder à des choix informés, d’employer la contraception avec efficacité et de persister (122). Conscients du besoin de bonnes prestations de planification familiale et d’autres soins de santé reproductive, les représentants de 179 pays, réunis au Caire en 1994 à l’occasion de la Conférence internationale des Nations Unies sur la population et le développement (CIPD), sont convenus d’améliorer les soins de santé reproductive et de mieux répondre aux besoins de la population (224). Or, les progrès en direction des buts de la CIPD ont été inégaux. En 1999, une étude de huit pays représentant toutes les régions en développement a constaté que la moitié d’entre eux adoptaient des politiques qui correspondaient au consensus du Caire, mais que certains autres avaient des difficultés à obtenir le soutien nécessaire pour mettre en œuvre les nouvelles politiques. En conclusion, l’étude précisait que, « pour accélérer les choses, il fallait poursuivre les efforts de plaidoyer et élargir le champ d’action des politiques » (87). Pour atteindre les buts de la CIPD, les pays représentés au Caire avaient décidé d’apporter chaque année une contribution de 17 milliards de dollars, dont le tiers fourni par les pays bailleurs de fonds, et les deux-tiers par les pays en développement. Or, peu de pays en développement ou de pays donateurs ont honoré les engagements qu’ils avaient pris au Caire (211, 223, 250). Le manquement aux engagements du Caire entraîne de graves conséquences — on estime en effet qu’il y a chaque année 42 millions de naissances non souhaitées, 17 millions d’avortements provoqués et 99.000 morts mater-nelles (192, 240). En 1999, après avoir examiné les mesures prises, en cinq ans, pour honorer les engagements du Caire, les pays ont de nouveau donné leur aval au consensus du Caire et ont demandé aux pays en développement de prendre les mesures nécessaires pour améliorer les soins de santé reproductive et réduire de moitié, d’ici 2005, le besoin non satisfait de planification familiale. Ils ont insisté auprès des pays bailleurs de fonds pour qu’ils « arrêtent et inversent l’actuel déclin » de l’aide au développement (223). Cependant, à moins que les bailleurs de fonds ne prennent de nouveaux engagements plus importants, « il reste impossible de savoir » si l’aide internationale aux programmes de planification familiale va sensiblement augmenter (211). La croissance démographique reste un problème fondamental. Les reculs mondiaux des taux de fécondité ont conduit certains à affirmer, à tort, que la croissance démographique ne posait plus un problème mondial. Or, en fait, la population mondiale augmente d’un milliard d’habitants tous les 12 à 13 ans, et cet accroissement se situe presque entièrement dans des pays en développement. Le XXe siècle se termine au moment où notre planète a plus de 6 milliards d’habitants, contre 2,3 milliards au milieu du siècle. La population mondiale a doublé le temps d’une vie. Elle a plus augmenté durant les 50 dernières années « que pendant les 4 millions d’années qui se sont écoulées depuis que nos premiers ancêtres ont appris à marcher en position verticale » (32).
Parfois, le fait de répondre aux besoins d’une population si nombreuse constitue déjà une menace contre la base de ressources naturelles dont l’agriculteur est tributaire ; la situation va empirer. Par exemple, 31 pays, qui représentent 8 % de la population mondiale, font actuellement face à des pénuries chroniques d’eau douce. En 2025, en raison de la croissance démographique, 48 pays, avec une population de 2,8 millions, soit 35 % du total mondial prévu, devront faire face à des pénuries chroniques d’eau (75, 97). Selon les Nations Unies, la population mondiale atteindra 8,9 milliards d’habitants en 2050, soit un accroissement de près de 50 % par rapport à son chiffre actuel de 6 milliards. Comme l’a fait observer le Population Reference Bureau, même ce scénario « repose sur une hypothèse hardie, à savoir que la planification familiale continuera à progresser dans les pays moins développés, y compris ceux qui ne la pratiquent guère aujourd’hui » (180). Un plaidoyer pour la planification familiale peut aider à concrétiser cette hypothèse. Preuves en faveur d’un plaidoyerComment les programmes de planification familiale peuvent-ils obtenir un plus grand soutien ? Le plaidoyer repose essentiellement sur une preuve objective qui aide à répondre à la question : « Pourquoi dois-je soutenir la planification familiale et d’autres soins de santé reproductive ? » Les décideurs lui accorderont plus volontiers leur appui s’ils sont convaincus qu’elle changera les choses et que les politiques et programmes préconisés méritent une priorité élevée et seront bénéfiques pour un grand nombre de gens. Des arguments concrets sont rarement suffisants, il est vrai, pour persuader des dirigeants ; néanmoins, ils sont importants et nécessaires parce qu’ils fournissent les raisons dont les dirigeants ont besoin pour justifier leur soutien de la planification familiale. Un grand nombre d’enquêtes, d’études et d’analyses d’experts montrent que la planification familiale et ses programmes sont bénéfiques pour les individus et les pays. En outre, des statistiques obtenues grâce à des enquêtes et des études de cas peuvent aider à montrer que les intéressés veulent des services, et en ont besoin. Souvent, un bon plaidoyer fait intervenir un « élément humain » — en présentant des expériences personnelles pour indiquer le sens à donner à la réalité et aux statistiques et montrer comment la planification familiale améliore l’existence des individus (205). Comme le reste de la population, les dirigeants s’intéressent surtout à des informations ponctuelles qui les touchent directement, offrent des solutions et décrivent les problèmes (191). Le plaidoyer en faveur de la planification familiale doit tenir compte de l’opposition — qui peut parfois jouer un rôle utile. Souvent, les programmes de planification familiale suscitent des controverses et doivent faire face aux attaques de leurs adversaires. Un bon plaidoyer traite les questions controversées avec équité et en toute franchise, sans exagérer les avantages ni ignorer les critiques. Si on se sert d’arguments raisonnés pour réfuter les affirmations incorrectes ou tendancieuses des adversaires, on peut mieux attirer l’attention sur la planification familiale, recruter des supporters, et peut-être même surmonter certaines objections (106, 114, 191, 205). La campagne de plaidoyer. Le plaidoyer est une méthode (114). La première étape d’une campagne de plaidoyer consiste à effectuer une analyse pour définir des buts et préciser des objectifs. Une campagne de plaidoyer identifie les publics possibles à atteindre et décide qui va exercer sur eux une influence et comment y parvenir. Elle met au point une stratégie pour mobiliser l’opinion, organiser les moyens mis en œuvre, et atteindre efficacement les publics clés. Souvent, les supporters qui vivent dans la communauté peuvent intervenir dans la conception et la réalisation des activités de plaidoyer. Un réseau, ou une coalition, de membres et d’organisations de la communauté peut devenir un puissant porte-parole d’un plaidoyer. Des clients satisfaits, par exemple, expriment souvent un engagement personnel qui ouvre la voie à un plaidoyer public (176, 177). Les messages, la documentation et les activités de plaidoyer sont conçus pour répondre aux intérêts des publics visés, en se servant des arguments qui offrent le plus d’attrait. Les messages sont les plus efficaces quand ils précisent aussi quelles mesures on attend du public, et soulignent leur caractère urgent. Les défenseurs des programmes doivent suivre et évaluer la campagne pour jauger les progrès accomplis et mesurer les changements provoqués. Ces informations peuvent aider les programmes à renforcer et à élargir leurs réussites tout en tirant les leçons de leurs erreurs (114). Chaque campagne de plaidoyer doit trouver la formule d’activités qui convient à ses objectifs et à ses publics. Comment utiliser le présent rapportLe présent numéro de Population Reports est conçu pour aider, dans les pays en développement, les défenseurs de la planification familiale et d’autres soins de santé reproductive à résumer les principaux éléments qui prouvent le bien-fondé de la planification familiale et des programmes la concernant. Les informations contenues dans le présent rapport ne représentent pas la totalité de celles dont on a besoin pour un plaidoyer. Elles ont un caractère essentiellement international ou mondial. Elles viennent compléter les statistiques, études de cas et autres éléments de preuve qu’on possède aux niveaux national et local. D’ordinaire, ce sont les dirigeants et les décideurs du pays qui s’intéressent le plus aux éléments de preuve d’ordre national et local. Cependant, si on place ces éléments dans le contexte plus large de la réalité et de l’opinion internationales, on renforce souvent leurs pouvoir de persuasion et leur attrait. La plupart des dirigeants veulent savoir comment la situation de leur pays se compare à celle d’autres pays et aux moyennes régionales et mondiales. Le rapport comporte une série de sections, dont chacune est consacrée aux avantages les plus importants offerts par la planification familiale. Chaque section débute par un bref exposé du sujet, accompagné d’une liste succincte des principaux éléments. Vient ensuite un texte à l’appui de chaque élément, assorti d’un tableau ou d’une figure contenant des données internationales, ainsi que d’une fiche destinée à recevoir les données nationales, dont on devra se servir conjointement avec les données du tableau. Chaque public a des intérêts qui lui sont propres. Les diverses sections du présent rapport peuvent être choisies pour être présentées directement, ou peuvent servir de contextes dans lesquels on situe les présentations visant des publics particuliers. |