TABLE DES MATIÈRESChapitres
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA. Volume XXVII, Numéro 2 |
Répondre à la demande de
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Eléments principauxAu fur et à mesure que la planification familiale recrute de nouveaux adeptes, est-ce que le soutien apporté aux programmes de planification familiale va suivre le rythme ? Un soutien est nécessaire car : | |
| 1 | Des millions de gens pratiquent la planification familiale. Il y a sans doute d’autres millions de gens qui suivraient leur exemple s’ils disposaient de meilleures informations et de meilleurs services. |
| 2 | La demande de planification familiale est en augmentation. Aujourd’hui, les couples veulent moins d’enfants et le recours à la contraception moderne pour espacer et limiter les naissances est en train de devenir la norme. |
| 3 | La santé reproductive est un droit de l’homme, mais n’est pas encore une réalité. Tout le monde devrait avoir accès à des soins de santé reproductive et être en mesure de procéder à des choix informés, de planifier les naissances et d’éviter les grossesses non souhaitées. |
Il y avait en 1998 dans le monde 570 millions de couples qui, selon des estimations des Nations Unies (225), avaient recours à la contraception. Les programmes de planification familiale répondent mieux à la demande actuelle car ils élargissent la gamme de méthodes offertes, atteignent un plus grand nombre de clients dans les zones rurales, fournissent une consultation compréhensive et répondent aux préoccupations de leurs clients (122, 272).
Néanmoins, selon une étude effectuée en 1990 dans 20 pays en développement, une moyenne de 22 % de l’ensemble des naissances ne sont pas souhaitées (28). Cette estimation est sans doute trop faible, parce qu’un grand nombre de parents ne veulent pas admettre qu’un enfant n’est pas souhaité (254). Par ailleurs, sur les 182 millions de grossesses qui se produisent, estime-t-on, dans les pays en développement, quelque 66 millions — soit environ 36 % — ne sont pas souhaitées. On estime qu’environ 36 millions de ces grossesses se soldent par un avortement (voir figure ci-dessous). Près de la moitié de ces avortements provoqués sont dangereux (9, 243).
Répondre à un besoin non satisfait. Des millions de gens qui seraient susceptibles de s’intéresser à la planification familiale ne reçoivent absolument aucun service. Dans les pays en développement, plus de 100 millions de femmes mariées d’âge fécond — une femme sur cinq en dehors de la Chine — ont, estime-t-on, un « besoin non satisfait » de planification familiale (189). On entend par besoin non satisfait, défini sur la base de données d’enquêtes, le nombre de femmes mariées qui déclarent préférer éviter ou retarder la naissance d’un enfant mais n’emploient aucun moyen de contraception (254). Beaucoup de femmes célibataires sexuellement actives ont sans doute elles aussi un besoin non satisfait (55).
Un grand nombre de raisons expliquent un besoin non satisfait et des grossesses non souhaitées. Les femmes et les hommes s’inquiètent souvent des effets secondaires du recours à la contraception. D’autres femmes manquent d’informations exactes concernant la santé reproductive ou l’accès à des services appropriés. Des programmes de planification familiale pourraient apporter une solution dans la plupart des cas (29, 189). Cependant, il faudrait pour cela accroître le soutien financier et avoir des dirigeants qui comprennent mieux combien il est important d’éviter les naissances non souhaitées.
On pourrait aussi réduire sensiblement le nombre de naissances non souhaitées en offrant de meilleurs services (108). Un grand nombre de naissances non souhaitées sont dues à des carences de contraception, souvent causées par un emploi irrégulier ou incorrect (14). En offrant des services de counseling et des choix, on aide les clients à pratiquer la contraception de façon correcte et constante.
Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a estimé que, dans le monde, plus de 350 millions de couples — plus du tiers de tous les couples — n’ont pas accès à une gamme complète d’informations et de services modernes de planification familiale (224). Au fur et à mesure que les programmes élargissent leur choix de méthodes de contraception, un plus grand nombre de personnes sont en mesure de trouver des méthodes qui correspondent à leurs besoins (122).
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Dans le monde entier, moins de la moitié de toutes les naissances sont voulues. Beaucoup de femmes ont des enfants non souhaités ou recourent à l’avortement. Avec un appui suffisant, les programmes de planification familiale pourraient faire davantage pour assurer que toutes les grossesees et les naissances sont voulues. |
Dans les pays en développement, le pourcentage de couples mariés qui pratiquent la contraception a sensiblement augmenté, passant de moins de 10 % durant les années 1960 à 55 % en 1998 et il continue de progresser (172, 225). Les programmes de planification familiale ont joué un rôle fondamental dans cet accroissement, en transformant une « demande larvée » — désir d’espacer et de limiter les naissances — en une demande effective d’informations et de services de contraception (69). Dans la plupart des pays en développement, nombreux sont ceux qui ont pu espacer et limiter les naissances parce que — et parfois seulement parce que — des programmes de planification familiale bénéficiant d’un large soutien ont fourni des moyens de le faire et sont parvenus à faire comprendre et accepter la contraception, et à la rendre accessible.
Au fur et à mesure que se répandait la pratique de la contraception, on a vu diminuer le nombre moyen d’enfants par femme. Une augmentation de 15 % de la prévalence de la contraception se solde, en moyenne, par une naissance de moins par femme (190). Témoignage de l’intérêt grandissant de la population concernant la réduction de la famille, le nombre de naissances est tombé, dans les pays en développement, de plus de six enfants par femme durant les années 1960 aux alentours de trois enfants aujourd’hui (179, 227).
Amélioration de l’accès et de la qualité. Les programmes aident la pratique de la contraception en élargissant l’accès à des services de qualité (142). Des soins de qualité rendent la contraception moins dangereuse et plus efficace en offrant un éventail de méthodes ; en donnant aux clients des renseignements complets les concernant, y compris leurs effets secondaires ; en procédant à un dépistage parmi les clients pour établir leur éligibilité ; en aidant les clients à choisir eux-mêmes des méthodes qui conviennent à leur situation ; en montrant aux clients comment employer correctement les méthodes ; et en soutenant les clients quand se posent des problèmes et qu’ils ont besoin de changer de méthode (122).
Au fur et à mesure que la qualité s’améliore et qu’augmente le nombre de méthodes disponibles, la pratique de la contraception se répand. Par exemple, chaque fois qu’une nouvelle méthode devient largement accessible dans un pays, la prévalence de la contraception — pourcentage de femmes mariées pratiquant la contraception — s’accroit en moyenne de 3,3 points de pourcentage ; c’est ce que révèlent les données recueillies dans 44 pays par les Enquêtes démographiques et de santé (18, 189).
Si on offre une gamme de méthodes de contraception et des soins de qualité, presque n’importe qui peut trouver une méthode dépourvue de danger qui lui convient (219, 263). Quand on s’en sert de façon appropriée et correcte, les méthodes de planification familiale ne posent pratiquement aucun danger pour la santé. D’ordinaire, il est beaucoup moins dangereux de pratiquer la contraception que d’avoir un enfant. Dans le monde, le risque de mort pour causes maternelles est, en moyenne, de 1 sur 60 ; il est beaucoup plus élevé dans beaucoup de pays en développement (267). L’emploi d’une méthode moderne de contraception entraîne rarement la mort (91).
Par ailleurs, la contraception n’entraîne pas, comme certains le croient à tort, une stérilité permanente. La stérilisation masculine et féminine est la seule méthode de contraception qui se solde par une stérilité permanente — qui est le but recherché. Toutes les autres méthodes se veulent temporaires et la fécondité se rétablit soit immédiatement soit au bout de quelques mois après leur arrêt (263).
Certaines méthodes de contraception apportent des avantages positifs sur le plan de la santé, en sus de la prévention de la grossesse. Les condoms protègent les hommes et les femmes contre les infections sexuellement transmises (IST), VIH/SIDA compris. Les contraceptifs oraux combinés peuvent réduire pour les femmes le risque de cancer, d’anémie, de maladie bénigne du sein, de grossesse ectopique et d’infection génitale haute (IGH)(91).
Pratique de la contraception en dehors du mariage. La pratique de la contraception en dehors du mariage a augmenté, du fait qu’on se marie plus tard et que le nombre de célibataires s’accroît (8). En Afrique sub-saharienne, par exemple, on estime que 8 millions de femmes célibataires, âgées de 15 à 44 ans, pratiquent la contraception ; en Amérique latine, ce chiffre atteint 10 millions. Dans le monde entier, jusqu’à 60 % de tous les condoms sont employés en dehors du mariage.
En Afrique sub-saharienne, la pratique de la contraception est beaucoup plus répandue parmi les femmes célibataires, à hauteur de 37 %, que parmi les femmes mariées, à hauteur de 15 %. En Amérique latine, près des trois-quarts des femmes célibataires sexuellement actives pratiquent la contraception, contre les deux-tiers des femmes mariées (275). En Asie, les données sur la pratique de la contraception par les célibataires, hommes ou femmes, sont limitées.
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L’une des mesures les plus précieuses de santé publique offertes dans un grand nombre de pays concerne la santé reproductive. The RAND Corporation (39) | ||
Measure de la demande possible de planification familiale | |||
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Parmi les femmes matriées |
Données |
Moyennes des pays | |
% employant la contraception |
55% | ||
% ayant besoin non satisfait * |
20%** | ||
* Souhaitent éviter la grossesse mais ne pratiquent pas la contraception | |||
De plus en plus, les gouvernements épousent, dans le monde entier, le principe des droits reproductifs. Cette notion trouve son expression dans les lois nationales et dans des accords internationaux.
A l’occasion de la CIPD au Caire, en 1994 179 pays ont souscrit au Programme d’action, selon lequel toute personne a le droit « de jouir du niveau le plus élevé de santé physique et mentale qui soit réalisable » et le droit « de décider librement et de façon responsable du nombre, de l’espacement et du moment de naissance de ses enfants, et de disposer des informations et des moyens lui permettant d’y parvenir » (224). Le programme d’action de la CIPD demande instamment aux :
« Etats de prendre toutes mesures appropriées pour assurer, sur une base d’égalité entre les hommes et les femmes, l’accès universel aux services de soins de santé, y compris à ceux qui sont liés à la santé reproductive et qui englobent la planification familiale et la santé sexuelle. Les programmes de soins de santé reproductive doivent offrir, sans la moindre coercition, la plus large gamme de services possible. » (224)
Depuis plus de 20 ans, on s’accorde largement à reconnaître que l’être humain a droit à la planification familiale. Cependant, pour concrétiser le droit à la santé reproductive, un engagement national est nécessaire (171).