TABLE DES MATIÈRESChapitres
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA. Volume XXVII, Numéro 2 |
Participation des hommesAlors que les hommes prennent part à la santé reproductive, le manque d’intérêt dont ils ont été l’objet dans le passé a donné l’impression que la planification familiale n’était pas leur affaire. Or, plus les programmes peuvent toucher les hommes, plus la santé en tirera des bénéfices — au profit des hommes, des femmes et des enfants.
Communications et prise de décisionLes hommes s’intéressent plus qu’on ne le croit à la planification familiale (58). Aujourd’hui, les programmes de planification familiale cherchent de plus en plus à faire participer les hommes. Or, il reste encore beaucoup à faire pour orienter cet intérêt vers un comportement sain. En particulier, une bonne stratégie de soins de santé consiste à encourager les hommes à parler avec leurs partenaires de santé reproductive, planification familiale comprise, et à partager la responsabilité des décisions en matière de procréation. En outre, à l’époque du VIH/SIDA, il est urgent, pour protéger les hommes et leurs partenaires, que les programmes abordent le problème des risques sexuels. Les hommes jouent des rôles importants — voire dominants — dans les décisions de procréation. Cependant, s’ils ne tiennent pas compte des souhaits de leurs partenaires ou des répercussions sur leur santé et celle de leurs partenaires, leurs actions peuvent avoir des conséquences néfastes, voire dangereuses. Par contre, les couples qui se parlent de planification familiale et de santé reproductive aboutissent à des décisions qui sont meilleures pour leur santé. Par exemple, ils ont plus de chances de pratiquer la contraception et de le faire efficacement (17, 50, 127). Comme l’ont montré des enquêtes, un grand nombre de maris et de femmes ne savent pas ce que leur partenaire pense de la planification familiale (61, 163, 190). Quand les hommes et les femmes ne savent pas ce que veut leur partenaire en matière de fécondité, ne connaissent pas son attitude à l’égard de la planification familiale ou ses préférences de contraception, il peut en résulter des grossesses non souhaitées et des avortements dangereux (20, 88, 100, 150, 198). Attitudes et comportement des hommes.Selon des enquêtes portant sur les hommes vivant dans des pays en développement, surtout en Afrique sub-saharienne, les hommes pratiquent moins la contraception qu’on aurait pu s’y attendre, compte tenu de leurs niveaux de connaissance et d’approbation de la planification familiale. Par exemple, entre le quart et les deux-tiers de ces hommes déclarent ne plus vouloir d’enfants, mais ni eux ni leurs femmes ne pratiquent la contraception (61). A titre de comparaison, dans les pays étudiés, le cinquième environ des femmes mariées disent ne pas vouloir tomber enceintes, mais n’utilisent aucune méthode de contraception (189). Les méthodes de contraception qui font intervenir la coopération des hommes — condoms, vasectomie, retrait et continence périodique — représentent le tiers environ de l’ensemble des méthodes utilisées par les couples mariés. Néanmoins, les deux méthodes masculines les plus efficaces — condoms et vasectomie — figurent parmi les moins utilisées (225). Une raison de ce fossé apparent entre les attitudes des hommes et leur comportement de contraception est que, alors que les hommes peuvent avoir conscience de l’existence de la contraception moderne, il arrive souvent qu’ils la connaissent mal (85). S’ils étaient mieux informés et encouragés, les hommes seraient plus nombreux à jouer un rôle positif en matière de santé reproductive. Un mari peut aider sa femme à avoir une grossesse sans histoire et à donner naissance à des enfants en bonne santé s’il devient mieux informé au sujet de la santé maternelle et infantile (208). Les programmes de soins de santé reproductive peuvent aider les hommes à jouer des rôles de soutien durant la grossesse, à l’accouchement (220) et pendant l’allaitement (208). La participation accrue des hommes peut être une stratégie prometteuse pour atteindre le but d’une bonne santé reproductive pour tous. Encourager un comportement sexuel plus sainLa plupart des hommes, et notamment les célibataires sexuellement actifs, ont beaucoup à apprendre pour devenir des partenaires sexuels responsables. La plupart doivent améliorer leur connaissance de la prévention de la grossesse et de la façon d’éviter le VIH/SIDA et autres IST. Dans certains pays, seule une minorité d’hommes jamais mariés qui ont entendu parler du SIDA savent que l’usage du condom en empêcher la transmission (74). Même quand les hommes savent que les rapports sexuels non protégés sont dangereux, beaucoup d’entre eux continuent à courir le risque (158). Il existe cependant parmi les hommes une forte demande de condoms que la planification familiale peut satisfaire. Dans les pays d’Afrique sub-saharienne qui ont été étudiés, 7 % à 50 % des hommes célibataires déclarent se servir de condoms. En Amérique latine, l’emploi du condom par des hommes célibataires va de 27 % à 64 %. On possède peu de données concernant les célibataires sexuellement actifs des autres pays (58). Souvent, les hommes célibataires sont moins en mesure que les hommes mariés d’obtenir des informations au sujet d’un comportement sexuel sans danger (40). Des dispensateurs gênés et hésitants peuvent constituer un obstacle qui empêche de se procurer des condoms (74). Les programmes de planification familiale peuvent surmonter les nombreux obstacles qui empêchent les hommes d’avoir connaissance d’un comportement sexuel moins dangereux et de l’adopter. C’est ainsi que des programmes ont organisé des activités et réunions communautaires au cours desquelles les hommes peuvent parler sans gêne et ouvertement des éléments du comportement sexuel qui les préoccupent (111). Il est difficile d’atteindre les jeunes hommes ; cependant, certains programmes pour la jeunesse ont constaté que, en particulier, des camarades éducateurs peuvent fournir des informations et des conseils au sujet d’un bon comportement (58). S’ils parviennent à toucher des hommes de tous âges, les programmes de planification familiale peuvent jouer un rôle plus important dans la santé de l’ensemble de la population. |