Encourager le choix éclairé par la communicationDes exemples du monde entier aident à montrer comment les médias peuvent encourager le choix éclairé bien avant qu’on ne recherche des services. Ces campagnes ne visent pas explicitement à améliorer l’aptitude à faire des choix éclairés, mais l’évaluation a prouvé qu’elles servaient à faire mieux prendre conscience des choix de planification familiale, à éveiller l’intérêt à l’égard des services de santé et à diriger les clients vers les dispensateurs de services.
Bolivia — Las manitosEn 1994, le ministère bolivien de la Santé avec le concours du Johns Hopkins University Center for Communication Programs (JHU/CCP), a lancé dans les médias la campagne Las manitos (les petites mains) qui affirmait « vous tenez votre santé reproductive entre vos mains ». La campagne se signalait par le logo des « petites mains » dans des spots à la télévision et à la radio, des vidéos projetées dans les dispensaires, sur des affiches et autres documentations. La campagne avait pour message essentiel que les couples pouvaient assumer leur responsabilité et prendre les décisions de santé reproductive qui correspondaient le mieux à leurs besoins s’ils avaient davantage conscience de leurs options de contraception (441). Un spot télévisé présentait un jeune couple qui, entouré d’enfants, se promenait dans un terrain de jeu. La femme disait : « Juan et moi voulons avoir des enfants, mais pas autant que mon amie Elena. Nous ne savons pas que faire ». Apparait alors une infirmière qui explique aux téléspectateurs : « La solution est entre vos mains. Les centres de santé reproductive peuvent vous aider à décider, en tant que couple, le nombre d’enfants que vous voulez avoir et à quand ... Il existe pour cela des méthodes sans danger et fiables — à vous de décider ». Un présentateur déclare pour conclure : « La santé reproductive est entre vos mains. Demandez des informations dans un centre de santé où vous voyez « les mains ». La campagne a montré que les messages des médias font connaitre au public les méthodes de contraception, et encouragent à prendre la responsabilité de ses propres décisions de santé. L’évaluation a montré que 66 % des téléspectateurs et des auditeurs interrogées se rappelaient spontanément d’au moins un des messages de la campagne, comme « Obtenez des informations de planification familiale dans les centres de santé » et « La santé reproductive est entre vos mains ». Parmi les femmes âgées de 18 à 35 ans qui avaient vu ou entendu souvent les messages de la campagne, la connaissance de l’existence de méthodes modernes de contraception a augmenté de 83 % à 95 %. La proportion de femmes qui approuvaient la planification familiale a elle aussi augmenté, passant de 86 % à 91 % (441). Parmi celles qui ont fait appel à des services de santé reproductive pendant la campagne, 28 % déclaraient avoir été motivées par les spots de radio et de télévision et 39 % disaient avoir pris elles-mêmes leur décision (441).
Cameroun — "Horizon jeunes"De 1996 à 1997, le Programme de marketing social au Cameroun (PMSC), filiale de Population Services International (PSI), a réalisé dans la ville d’Edéa le programme de santé reproductive appelé Horizon jeunes. La campagne a eu recours à des activités de promotion orientées vers les jeunes, à l’éducation par les pairs, à des causeries radiodiffusées, à des brochures et à d’autres formules utilisant les médias pour encourager la sexualité sans danger, informer les jeunes au sujet des préservatifs et des contraceptifs oraux, encourager des visites aux centres de santé, préconiser l’emploi de la contraception, et amener les jeunes à avoir des comportements sexuels responsables (444). L’évaluation a montré que la stratégie du programme, qui conjuguait plusieurs formules d’utilisation des médias, a permis de faire connaitre les options de contraception à certains groupes, d’encourager les discussions avec des agents de santé et d’autres membres de la communauté, et d’amener les jeunes à prendre des décisions avisées au sujet de leur sexualité. En 13 mois, les jeunes, hommes et femmes, d’Edéa ont sensiblement augmenté leurs connaissances des méthodes de contraception par rapport à leur homologues vivant dans des lieux où il n’y avait pas eu de campagne. Parmi les hommes vivant à Edéa, la connaissance des préservatifs est passée de 65 % à 71 %, celle de la pilule de 13 % à 39 % et celle des injections de 4 % à 27 %. Parmi les femmes d’Edéa, la connaissance des préservatifs est passée de 39 % à 74 %, celle de la pilule de 23 % à 60 % et celle du DIU et des injections, de 7 % à 35 % (444). Le pourcentage de jeunes qui parlaient de contraceptifs et de sexualité est passé de 84 % avant la campagne à 90 % parmi les hommes, et de 86 % a 92 % parmi les femmes. Plus précisément, les discussions avec des agents de santé sont passées de 17 % à 28 % parmi les hommes, et de 15 % à 38 % parmi les femmes. La proportion de jeunes qui disaient être responsables de leur propre protection contre les IST et les grossesses non souhaitées est passée de 74 % à 84 % (444).
Egypte — « Demandez, consultez »En 1994, avec l’aide de JHU/CCP et du Futures Group International, le Ministère de la santé de l’Egypte a entrepris, dans le secteur privé de la santé, le projet appelé « Demandez, consultez ». Il s’agissait de faire connaitre aux médecins et aux pharmaciens du secteur privé les dernières réalisations de la technologie de la contraception et des techniques de consultation, et de leur fournir une documentation de planification familiale à remettre à leurs clients ; il n’y avait plus eu depuis cinq ans de formation en planification familiale. Environ 95 % des pharmaciens n’avaient jamais été formés en planification familiale (389). Le projet montre comment, dans le secteur privé, les communications peuvent améliorer l’accès à la planification familiale en faisant connaitre à la population l’existence d’autres centres de service, en augmentant les choix grâce à l’offre de nouvelles méthodes de contraception, et en encourageant à poser des questions et à rechercher des informations auprès des dispensateurs. Une campagne de communication intégrée a cherché à présenter les dispensateurs participants comme des sources d’informations fiables en matière de contraception, en les associant au logo « Demandez, consultez » ou à une « marque de confiance ». La campagne utilisait des spots à la radio et à la télévision, des panneaux publicitaires, des présentations aux points de vente, installait des panneaux dans les dispensaires, employait des services de relations publiques et remettait des brochures aux clients pour les encourager à poser des questions au sujet de la contraception aux médecins et pharmaciens nouvellement formés. La publicité faisait aussi connaitre certaines méthodes de contraception, dont les nouvelles pilules progestatives orales. Au bout de cinq ans environ, plus de 7.000 pharmaciens et 3.000 médecins du secteur privé avaient participé à un stage, avaient reçu des informations et une documentation récentes au sujet de la contraception, ainsi qu’un large choix de produits, dont les nouvelles pilules progestatives. En outre, 89 % des téléspectatrices se souvenaient d’un message telévisé de planification familiale diffusé durant les six derniers mois. Parmi elles, 42 % avaient parlé de planification familiale à leur mari à la suite du message, 37 % voulaient recevoir d’autres informations et plus de la moitié s’étaient rendues dans un dispensaire pour y recevoir des conseils (227). Selon l’évaluation, le logo « Demandez, consultez » avait aidé à entreprendre des conversations entre clientes et dispensateurs au sujet de la planification familiale (389). En outre, les ventes de nouvelles pilules progestatives sont passées de 63.000 boîtes en 1997 à plus de 600.000 en 2000 (200). |
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