![]() JHU/CCP Table des matièresChapitres
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, numéro 2, |
L’individu dans la communautéLes normes sociales et culturelles, le rôle des hommes et des femmes, les réseaux sociaux, la religion et les croyances lo-cales exercent une influence sur les choix (53). Dans une large mesure, ces normes communautaires déterminent les préférences individuelles de procréation et le comportement sexuel et reproductif. La communauté et la culture conditionnent les attitudes à l’égard de la planification familiale et du sexe souhaité des enfants, les préférences concernant la dimension de la famille, les pressions exercées par la famille pour avoir des enfants, et la concordance entre la planification familiale et les coutumes et les croyances religieuses (106, 170, 448). Les normes communautaires prescrivent aussi le degré d’autonomie que possèdent les individus en matière de décisions de planification familiale. Les normes communautaires auront d’autant plus de chances d’appuyer les choix individuels qu’il y aura de différences entre les intentions de reproduction au sein de la communauté (53, 107). Les influences du ménage et de la communauté peuvent être si puissantes qu’elles estompent la ligne de démarcation entre les désirs individuels et les normes communautaires. Dans certaines cultures, par exemple, beaucoup de femmes refusent la contraception parce que les enfants ouvrent la voie au respect et à la dignité que leur accorde la société (33, 75, 262). Dans d’autres pays, la plupart des femmes pratiquent la contraception parce qu’un petit nombre d’enfants est la norme (275, 292). Souvent, les gens n’ont pas conscience que ces normes interviennent dans leurs choix. Dans d’autres cas, les gens sont tout à fait conscients. Les jeunes décident souvent, par exemple, de ne pas faire appel à la planification familiale, parce qu’ils ne veulent pas que leurs parents ou d’autres adultes sachent qu’ils sont sexuellement actifs. Nombreux sont ceux qui craignent le ridicule, la réprobation ou l’hostilité des prestataires de services ou d’autres personnes (219). De façon générale, les décisions de planification familiale sont plus fortement influencées par l’environnement social que par les attributs de tel ou tel contraceptif. Au Kenya, quand on a demandé aux nouvelles clientes de donner la raison qui avait motivé leur choix de telle ou telle méthode de planification familiale, la plupart ont cité les attitudes de leurs époux ou de leurs pairs, ou encore leur religion ou leurs valeurs (244). Dans beaucoup de pays, les programmes de planification familiale s’inscrivent dans le cadre du développement économique et social. Les efforts entrepris pour faire intervenir, au sein de la famille, une plus grande équité dans la prise de décision et augmenter la sensibilisation à l’égard des droits de procréation encouragent également un choix éclairé au sujet de la planification familiale (209). Au fur et à mesure que les femmes obtiennent plus d’autonomie, elles sont mieux à même d’affirmer leurs droits en tant que personnes, y compris le droit d’agir afin de protéger leur propre santé reproductive (186). L’influence des réseaux sociaux. Nous appartenons tous à des réseaux sociaux non structurés qui, dans une certaine mesure, exercent une influence sur notre comportement (293, 313, 354, 437). Parmi les réseaux sociaux, on range la famille élargie, les amis, les voisins, les groupements politiques, les groupements religieux, les formations de jeunesse et d’autres associations, structurées ou non. Durant la journée, les femmes s’entretiennent souvent avec d’autres femmes au sujet de la planification familiale et de leur expérience de la contraception. Pour un grand nombre d’entre elles, les communications spontanées sont une source fondamentale d’informations sur la planification familiale (360). Les réseaux sociaux jouent un rôle primordial dans le choix éclairé. La plupart des gens recherchent l’approbation d’autrui et modifient leur propre comportement pour faire plaisir et répondre à des attentes (52, 401, 442). Le comportement en matière de santé est influencé par la façon dont on pense qu’il est perçu de l’extérieur (360). Au Népal, par exemple, certaines femmes déclaraient qu’il leur était difficile de pratiquer la planification familiale parce que leurs parentes ou leurs amies ne le faisaient pas. Ces femmes hésitaient à être la première de leur groupe social à employer la planification familiale (401). Les femmes choisissent les méthodes de contraception qui sont communément employées dans leur communauté parce qu’elles savent qu’elles sont acceptées par la société et parce qu’elles ont tendance à mieux les connaitre (355, 442). Beaucoup de femmes utilisent la méthode de planification familiale qu’emploient d’autres femmes de leur communauté (163). Une étude effectuée en 1984 dans une zone rurale de Thaïlande a constaté que plus une méthode était largement employée, plus elle devenait attrayante pour d’autres habitants du village (121). Des communautés entières peuvent encourager l’emploi d’un certain contraceptif en fonction des choix des premiers utilisateurs, au lieu de fonder ce choix sur les besoins individuels (330). Même quand on connait les effets secondaires d’une méthode ou les échecs subis par d’autres utilisatrices, on continue parfois à préférer l’employer parce qu’elle est bien connue (121). Tandis que les réseaux sociaux exercent une forte influence sur les attitudes et le comportement de la plupart des gens, les programmes de planification familiale exercent eux aussi une influence sur les normes sociales par le biais d’idées nouvelles concernant la pratique de la contraception (81). Sur la base d’études des vingt années précédentes, des recherches effectuées en 1996 ont constaté que les programmes ont aidé à transformer l’intérêt à l’égard d’une réduction du nombre d’enfants en une solide demande de contraception. Ils y sont parvenus, dans une large mesure, en rendant l’emploi de la contraception plus accessible et mieux acceptable dans beaucoup de communautés (143). Souvent, les programmes de planification familiale jouent un rôle décisif quand on veut éviter la grossesse mais qu’on n’est pas certain de prendre une bonne décision (215, 276). On connait depuis plusieurs dizaines d’années le rôle que jouent les réseaux sociaux dans la diffusion de la planification familiale (345). Au fur et à mesure que s’est répandue la pratique de la planification familiale, celle-ci est devenue de plus en plus acceptable (82). Influences du ménageLa situation de famille, la stabilité du mariage, les communications avec le partenaire et la position au sein de la famille interviennent dans les décisions de planification familiale (232). Selon certaines femmes, la pratique de la contraception ne relève pas d’une décision individuelle, mais du couple ou de la famille (107). Aux Philippines, 88 % des femmes qui ont fait l’objet d’une enquête en 1994–95 ont déclaré que la planification familiale est souvent décidée par la famille (6). Cependant, de nombreuses femmes disent que l’emploi de la contraception relève d’une décision individuelle et ne fait intervenir ni les partenaires ni les membres de la famille (100, 283, 296). Parfois, les décisions correspondent à des impressions erronées qu’ont les femmes des préférences de leur mari (265, 366). Selon des données des Enquêtes démographiques et de santé, en Ouganda, par exemple, 55 % des femmes percevaient de façon incorrecte les attitudes de leur mari à l’égard de la planification familiale ; en République dominicaine, ce chiffre était de 41 %. Dans certains cas, les décisions concernant la planification familiale peuvent s’expliquer par des pressions exercées par des membres de la famille — qui préconisent l’emploi de telle ou telle méthode, par exemple, ou sont opposés à toutes les méthodes. Quand les femmes ne jouissent guère d’autonomie, c’est souvent leur mari, leur belle-mère ou d’autres membres de la famille qui prennent en leur nom les décisions de planification familiale (384). Quand les partenaires ne sont pas d’accord au sujet de la planification familiale, ce sont parfois les préférences de l’homme qui prédominent, et parfois celles de la femme (26, 33, 64, 271, 401). Une étude des données des Enquêtes démographiques et de santé portant sur 18 pays n’a pas observé de schémas caractéristiques indiquant les préférences qui prédominent quand la question des enfants se pose pour le couple (29). |
![]() |
Information & Knowledge for Optimal Health (INFO) Project 111 Market Place Suite 310, Baltimore, MD 21202 Phone: 410-659-6300 Fax: 410-659-6266 Security & Privacy Policy |
![]() |