
JHU/CCP
Table des matières
Chapitres
- Pourquoi un choix éclairé
est important
- Décisions de planification
familiale
- Politiques pour un choix
éclairé
- Communication et choix
- Amélioration de l’accès
- Gestion pour un choix éclairé
- Communications client-prestataire
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA
Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série J, numéro 50
Programmes de planification familiale |
Les intentions de procréation, la prise de conscience
des droits reproductifs, la perception du risque de grossesse, les attitudes vis à vis de la contraception, la possibilité de prendre des décisions de planification familiale accusent de grandes différences d’une personne à l’autre (106, 153, 169, 187, 304, 311, 359). Il y a aussi des différences de croyances culturelles et religieuses ; certains n’emploient jamais la planification familiale ou évitent telle ou telle méthode à cause de leurs valeurs ou de leurs croyances (100).
D’ordinaire, les préférences en matière de planification familiale évoluent
durant les années fécondes, en fonction de l’expérience sexuelle, du nombre
d’enfants, de l’expérience en matière de contraception, ainsi que de la
structure familiale et de la situation économique du ménage (187, 241).
La structure des relations sexuelles — relations monogames ou rapports
sexuels occasionnels, par exemple — intervient aussi dans le choix de
contraception (160). Les célibataires qui ont des rapports sexuels peu
fréquents ou ont des rapports avec plus d’un partenaire préfèrent souvent
les préservatifs parce qu’ils sont la seule méthode qui les protège contre
le VIH/SIDA et les autres infections sexuellement transmises (IST), et
aussi contre la grossesse (voir encadré Choisir
une double protection).
Les femmes qui se savent atteintes de VIH prennent des décisions différentes de procréation et de planification familiale. Une étude réalisée en 1998 en Côte d’Ivoire a constaté que les 21 femmes qui se faisaient soigner dans un dispensaire anténatal et se savaient séropositives déclaraient toutes vouloir un autre enfant (9). Cependant, une étude effectuée aux Etats-Unis a observé que, par rapport aux femmes en bonne santé, les séropositives veulent moins d’enfants, se font plus volontiers stériliser et acceptent plus facilement un avortement (35).
Attributs des méthodes de contraception. La plupart des femmes prisent des qualités telles que l’efficacité, la sécurité et l’absence d’effets secondaires (59, 172, 322). Une étude effectuée dans sept pays au moyen de groupes d’expression a constaté que les femmes recherchaient partout une méthode efficace, qui protège contre la grossesse pendant trois à cinq ans et entraîne un minimum de changement des saignements menstruels (392). De même, un examen des recherches portant sur les attributs des méthodes a constaté que les femmes choisissent et continuent d’employer des méthodes qui sont très efficaces et n’ont qu’un minimum d’effets secondaires (190).
Néanmoins, les préférences individuelles concernant les méthodes de contraception varient énormément. Il n’est pas possible de dire quels sont les attributs qu’une personne va rechercher dans une méthode de planification familiale (90, 187, 328).
Au moment de choisir une méthode, les femmes tiennent compte d’un grand nombre d’attributs. Elles veulent savoir si elle est permanente ou réversible, si on doit l’interrompre pendant l’allaitement, si son emploi est régi par le prestataire ou par la cliente, s’il faut s’en servir lors de chaque rapport sexuel, si elle offre des avantages supplémentaires pour la santé et aussi à quoi elle ressemble et comment on la ressent, (31, 187, 298, 322, 455).
Beaucoup de femmes choisissent une méthode non pas à cause de ses attributs, mais plutôt pour éviter les attributs négatifs d’autres méthodes. Le choix de telle ou telle méthode de contraception peut ne pas signifier qu’on aime cette méthode, mais seulement qu’elle semble préférable aux autres méthodes, qu’on aime encore moins (380). Comme on a tendance à s’attacher aux conséquences négatives possibles de certains contraceptifs, il peut être plus important que les prestataires aident les clientes à comprendre les inconvénients d’une méthode au lieu de leur expliquer ses avantages (380, 393, 455).
Beaucoup de femmes tolèrent des effets secondaires désagréables et d’autres attributs négatifs de la contraception parce qu’elles sont puissamment motivées et veulent éviter des grossesses non souhaitées (393, 455). Beaucoup de femmes emploient pendant longtemps une méthode, bien qu’elles n’en soient pas satisfaites (362, 392). Comme l’a dit une femme qu’on interrogeait à Karachi, au Pakistan : « Ces mé-thodes sont douloureuses mais il n’y a au moins aucun danger que la femme ait un enfant » (392).
La façon dont certains attributs d’une méthode concordent avec les valeurs et convictions sanitaires de l’individu intervient dans les choix (187, 356, 361, 379). Certains choisissent les préservatifs ou des méthodes basées sur la connaissance de la fécondité parce qu’ils croient que les méthodes hormonales bouleversent les rythmes corporels naturels, alors que ces méthodes ne le font pas (164). Au Togo, une étude réalisée en 1998 a constaté que, lorsque des utilisatrices de la planification familiale avaient des troubles menstruels, elles les interprétaient comme des indications que les contraceptifs ne convenaient pas à leur corps et causaient donc la stérilité. Des convictions de ce genre ont conduit beaucoup de femmes à cesser de pratiquer cette forme de contraception (188).
Certaines méthodes ont des caractéristiques qui permettent plus facilement aux femmes de s’en servir clandestinement. Beaucoup de femmes se rendent dans des dispensaires de planification familiale et pratiquent la contraception sans que leur mari le sache (32, 257), craignant parfois de faire l’objet d’actes de violence si leur mari s’en aperçoit (46, 186). Quand il n’est pas possible de préserver son intimité dans le foyer, le choix d’une méthode susceptible d’être employée clandestinement est souvent motivé par la facilité avec laquelle on peut la cacher, comment on peut expliquer la durée du voyage à effectuer pour se la procurer, et comment éviter toute anomalie de saignement provoquée par l’emploi du contraceptif (392).

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Certaines femmes disent que les décisions de planification familiale doivent impliquer la participation de leur époux et d’autres membres de leur famille. D’autres préfèrent prendre elles-mêmes ces décisions. Toute une série de facteurs entrent en jeu quand il s'agit de choisir une méthode de planification familiale. |
L’adoption d’une stratégie centrée sur la série de faits qui conditionnent la façon dont on prend des décisions de planification familiale est la meilleure formule pour s’assurer que les choix de planification familiale sont éclairés. Une stratégie générale de choix éclairé comporte cinq volets :
- Politiques de l’Etat. Quand les gouvernements instituent des
politiques qui donnent à la population le pouvoir de faire ses propres
choix et lui fournissent les services qu’elle désire, le principe d’un
choix éclairé peut alors devenir une réalité (voir chapitre 3, Politiques
pour un choix éclairé).
- Communications. Les programmes de communication fournissent
des informations qui sont essentielles pour la prise de décisions de
planification familiale et encouragent le soutien apporté par le public
au choix éclairé (voir chapitre 4, Communication
et choix).
- Accès. L’offre d’une série de méthodes de contraception par
divers centres de service facilement accessibles multiplie les choix
de planification familiale (voir chapitre 5, Amélioration
de l'accès).
- Leadership et administration. La direction du programme et
l’efficacité de son administration aident à assurer des services qui
soutiennent le choix éclairé (voir chapitre 6, Gestion
pour un choix éclairé).
- Communications client-prestataire. Les consultations conduisant
à un choix éclairé sont un partenariat entre deux experts — le fournisseur
de services, à titre d’expert en planification familiale, et le client,
à titre d’expert au courant de sa propre situation et de ses besoins
(voir chapitre 7, Communications client-prestataire).
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