Health worker teaching family planning in rural community

JHU/CCP

Table des matières
Chapitres
  1. Pourquoi un choix éclairé est important
  2. Décisions de planification familiale
  3. Politiques pour un choix éclairé
  4. Communication et choix
  5. Amélioration de l’accès
  6. Gestion pour un choix éclairé
  7. Communications client-prestataire
Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série J, numéro 50
Programmes de planification familiale

Soutien national du choix éclairé

Les gouvernements peuvent aider à assurer le droit à un choix éclairé en lui donnant force de loi. Par exemple, l’Article 4 de la Constitution du Mexique, tel qu’amendé en 1974, déclare que tout individu a le droit de prendre une décision libre, responsable et informée concernant le nombre et l’espacement de ses enfants (376). Pour concrétiser ce principe, le Mexique a créé la même année le Conseil national de la population (CONAPO), qui groupe huit Ministres d’Etat, pour assurer que, quelle que soit sa catégorie sociale et son lieu de résidence, la population a accès aux services de planification familiale et aux autres services de santé reproductive (428).

Dans plusieurs autres pays, dont la Malaisie, le Pérou et la Zambie, des lois protègent de façon explicite le choix éclairé (71, 131, 344). De même, un arrêté municipal de Buenos Aire, en Argentine, promulgué en 2000, reconnait que « des droits sexuels et reproductifs libres de violence et de coercition sont des droits fondamentaux de la personne » et garantit aux femmes et aux hommes l’accès aux informations, aux méthodes et aux services de contraception (473). Quand les gouvernements font figurer des normes de choix éclairé dans leur législation, les tribunaux peuvent exiger leur application (87).

Les lois nationales et autres politiques de choix éclairé donnent les meilleurs résultats quand elles ont le soutien de hauts fonctionnaires. Durant sa carrière de fonctionnaire, par exemple, Juan Flavier, secrétaire à la Santé des Philippines, a été un vigoureux promoteur du droit de prendre ses propres décisions en matière de planification familiale — il a lancé, par exemple, une campagne de communications communautaires pour faire connaitre les choix de planification familiale à la population (18, 377). Sous sa direction, entre 1992 et 1994, le financement de la planification familiale a quadruplé, les programmes ont offert un plus grand choix de méthodes de contraception et le nombre de personnes qui pratiquent la planification familiale a fortement augmenté (347).

Les gouvernements nationaux jouent un rôle important quand il s’agit d’élaborer et d’appliquer les normes des services de santé des secteurs public et privé, y compris les directives de prestation des services (67, 426). Les directives nationales de planification familiale donnent le plus de précisions quand elles se fondent sur des documents internationaux adoptés par consensus, tels que les critères de recevabilité médicale établis sous les auspices de l’OMS (467). En 1998, 54 pays étaient en train de mettre à jour ou de diffuser de nouvelles directives de prestation des services, en partie pour éliminer les obstacles inutiles qui entravaient l’accès aux services (280). Souvent ces directives précisent que la totalité de la population, adolescents compris et quelle que soit la situation de famille, doit avoir droit et accès aux informations et aux services de planification familiale (177, 396, 412, 432).

Politiques qui encouragent l’accès

Souvent, les politiques publiques indiquent les méthodes de contraception qui sont disponibles dans un pays et en précisent les modalités d’accès. Ces modalités portent sur l’approbation et l’homologation de produits de contraception ; les obligations d’ordonnance ; l’inscription au formulaire des produits pharmaceutiques essentiels ; les règlements portant sur les ventes, la distribution ou la prestation de services ; les restrictions imposées sur l’exercice privé de la médecine ; et les politiques de publicité (93, 205, 224).

Les limites imposées par l’Etat à la prestation de services peuvent rendre la planification familiale difficile — c’est ce qui arrive, par exemple, si la pi lule n’est disponible que sur ordonnance ou si les préservatifs ne se vendent qu’en pharmacie (236). Les politiques fiscales et les régimes d’importation qui font augmenter le coût des produits — il peut s’agir, par exemple, de droits à l’importation, de contingents et de contrôles des changes — limitent souvent le choix et l’accès en dissuadant les secteurs privés et à buts non lucratifs de fournir des contraceptifs (94, 132, 133). Par contre, les politiques qui aident la décentralisation ou les décisions prises sur place peuvent améliorer l’accès à la planification familiale en réagissant mieux aux besoins particuliers de la communauté (185).

Les restrictions imposées par le gouvernement sur la publicité et la promotion de médicaments sous ordonnance ou de telle ou telle méthode ou marque de planification familiale signifient en général que la population possède moins d’informations au sujet de la planification familiale (5, 236). Quand les gouvernements dérèglementent la publicité des contraceptifs et augmentent le temps d’antenne, on peut alors obtenir davantage d’informations qui aident à prendre soi-même des décisions de planification familiale (72).

Les politiques qui interdisent entièrement certaines méthodes limitent les choix. Le Japon a interdit l’emploi des contraceptifs oraux à des fins de planification familiale jusqu’en 1999, date à laquelle les avocats des droits de la femme ont réussi à faire abroger la loi en affirmant que les femmes avaient besoin d’un plus large choix de contraceptifs. Certains législateurs affirmaient qu’en permettant l’emploi de la pilule, on ferait diminuer l’utilisation du préservatif et augmenter les IST, VIH/SIDA compris. A l’heure actuelle, au Japon, les prestataires qui prescrivent la pilule sont tenus de dire aux femmes qu’elle ne protège pas contre les IST et de conseiller aux utilisatrices d’employer aussi des préservatifs afin d’obtenir une double protection si elles n’ont pas des rapports monogames (302, 430).

Certains pays — la Chine et l’Inde, en particulier — ont en fait limité le choix de contracepifs en appliquant des politiques qui encouragent une contraception à long terme ou permanente de préférence aux méthodes temporaires (78, 463). Bien que le gouvernement indien préconise désormais un plus large choix de méthodes de contraception, certains prestataires de planification familiale restent mal équipés pour offrir la pilule et d’autres méthodes temporaires (153, 199).


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