Health worker teaching family planning in rural community

JHU/CCP

Table des matières
Chapitres
  1. Pourquoi un choix éclairé est important
  2. Décisions de planification familiale
  3. Politiques pour un choix éclairé
  4. Communication et choix
  5. Amélioration de l’accès
  6. Gestion pour un choix éclairé
  7. Communications client-prestataire
Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Uni versity School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, numéro 2,
Eté 2000
Série J, numéro 50
Programmes de planification familiale

Amélioration de l'accès

Si on veut aider la population à faire un choix éclairé en matière de planification familiale, il est essentiel d’offrir un large accès à un nombre aussi grand que possible de méthodes. Au fur et à mesure que de nouvelles méthodes deviennent disponibles et qu’augmente l’accès à ces méthodes, les clients sont de plus en plus nombreux à trouver les méthodes qu’ils désirent.

Souvent, la méthode de planification familiale qui est utilisée n’est pas celle qu’on préfère. Par exemple, dans les neuf pays pour lesquels les enquêtes sur la santé reproductive fournissent des données comparables, le pourcentage de femmes déclarant préférer une méthode différente va de 11 % à Maurice à 48 % au Costa Rica (voir Figure 3). Le plus souvent, les raisons avancées étaient que la méthode préférée coûtait trop cher, était trop difficile à obtenir ou n’était pas disponible. D’autres raisons étaient l’inéligibilité médicale et l’opposition de la famille. D’autres études ont donné des résultats analogues (19, 393, 407).

Plus de méthodes, plus de choix

Au fur et à mesure que de nouvelles méthodes deviennent disponibles, un plus grand nombre de personnes peuvent trouver une méthode qui leur convient — au début, et plus tard, si elles veulent changer de méthode (170). Aujourd’hui, le choix de contraceptifs est plus grand que jamais. Néanmoins, pour assurer un plus grand choix à une population plus nombreuse, on a besoin de nouvelles méthodes de contraception (130, 159, 187, 287) ; plusieurs sont en train d’être mises au point (48).

Le choix de contraceptifs varie énormément. Parmi les régions en développement, l’Amérique latine offre le plus grand choix de méthodes et l’Afrique, le choix le plus réduit (357). Bien que pratiquement tous les pays fournissent au moins quelques méthodes, il y en a beaucoup où la population n’a que peu ou pas d’accès à certaines méthodes.

Dans 88 pays en développement étudiés en 1999, la proportion moyenne de couples ayant facilement accès à la contraception s’établissait à 79 % dans le cas des préservatifs, à 76 % pour les contraceptifs oraux, à 61 % pour le DIU, à 43 % pour la stérilisation féminine et à 29 % pour la stérilisation masculine. Cette analyse accorde un poids égal à chaque pays, quels que soient les effectifs de leur population. La même étude a constaté que, dans 50 pays, les couples n’avaient que peu ou pas d’accès à la vasectomie, 29 à la stérilisation féminine, 14 au DIU, 5 aux contraceptifs oraux et 2 aux préservatifs (357). En fonction des différences d’accessibilité des divers contraceptifs, les pays disposaient de choix de méthodes très divers (151). Au niveau national, le panachage de méthodes offert dans un pays peut indiquer si la population est en mesure de faire un choix éclairé (41).


Rick Maiman, grâce à la David and Lucile Packard Foundation

Au Mexique, des conseillers de jeunes parcourent à tricycle les quartiers urbains pour fournir des contraceptifs et des informations. La multiplication des sources de planification familiale élargit les choix à la disposition des utilisateurs.

L’option permettant de changer de méthode joue un rôle capital dans la persistance de la pratique de la planification familiale (90). L’existence d’une série de choix permet de changer de méthode en fonction de l’évolution des besoins, au lieu de continuer une méthode qui est devenue peu appropriée ou peu satisfaisante, ou de cesser entièrement de pratiquer la contraception. L’offre d’une série de méthodes aide aussi à assurer qu’on disposera toujours au minimum de certaines méthodes, même lorsque des pénuries se produisent à cause de l’irrégularité des approvisionnements (60).

Afin d’élargir l’accès aux choix de méthodes de contraception, les programmes de planification familiale peuvent offrir des méthodes fondées sur la connaissance de la fécondité, en même temps que des méthodes faisant appel à des produits (189). Les prestataires de services devraient pouvoir expliquer à leurs clientes les méthodes fondées sur la connaissance de la fécondité ou savoir où les envoyer se familiariser avec ces méthodes. Des études sont en cours dans cinq pays pour examiner l’accès aux méthodes fondées sur la connaissance de la fécondité (160, 273).

Combien de méthodes ? Peu de programmes ont les moyens d’offrir la gamme complète de méthodes de planification familiale. Quelle est la gamme de méthodes qu’un programme doit offrir afin d’assurer un choix ? Les directives de l’OMS concernant le panachage de méthodes de contraception ne mentionnent pas spécifiquement quelles méthodes les programmes devraient offrir. Elle déclarent que « les programmes doivent offrir diverses catégories de méthodes afin de répondre aux besoins divers des individus et des couples » (465). D’autres experts conseillent au programmes d’offrir :

  • des options de contraception aux hommes et aux femmes,
  • des méthodes temporaires et des méthodes permanentes,
  • des méthodes hormonales et des méthodes non hormonales,
  • des méthodes faisant appel à des produits et des méthodes fondées sur la connaissance de la fécondité,
  • des méthodes tributaires du prestataire et des méthodes tributaires de l’utilisateur,
  • des options de contraception pour les femmes allaitantes, y compris la méthode d’allaitement maternel et d’aménorrhée (MAMA),
  • la contraception d’urgence (178).

Comme la plupart des programmes de planification familiale réalisés dans des pays en développement sont tributaires de dons de produits, il arrive souvent qu’ils ne peuvent offrir que les méthodes qu’ils reçoivent. Des réductions des contributions des donateurs se traduisent ordinairement par une diminution de l’accès à la planification familiale. Pour assurer un choix éclairé, il est essentiel que les donateurs augmentent leur soutien (voir Chapitre 3.6). En outre, des changements de donateurs et des méthodes qu’ils fournissent, ainsi que les modifications des cycles d’approvisionnement et une coordination médiocre, causent souvent des pénuries temporaires de produits de contraception (429).


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