Table des matières
Chapitres
  1. Un nouveau regard sur la logistique
  2. Les clients ont la priorité
  3. Le personnel et les résultats
  4. Le rôle de l’information
  5. Prévisions et approvisionnement
  6. Distribution
  7. Vers la sécurité des contraceptifs
Faits saillants

La présente livraison de Population Reports a été élaborée en collaboration avec le DELIVER Project of John Snow, Inc.

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXX, Numéro 1,
Hiver 2002
Séries J, Numéro 51
Programmes de planification familiale

Obtention des approvisionnements

Aujourd’hui, beaucoup de pays en voie de développement ne peuvent pas se procurer suffisamment de contraceptifs pour répondre à la demande. La demande de planification familiale augmente, alors que le financement apporté par les donateurs au titre des produits de contraception devient moins assuré. L’amélioration de la gestion logistique est donc devenue essentielle si on veut mieux utiliser les approvisionnements existants.

Augmentation de la demande de planification familiale. Dans beaucoup de pays en voie de développement, l’offre de contraceptifs ne suit pas l’augmentation de la demande de planification familiale. Il y a aujourd’hui plus de femmes en âge de procréer que dans le passé (136). Un pourcentage beaucoup plus élevé d’entre elles pratiquent la contraception (146). En outre, des millions de femmes ont un besoin non satisfait de planification familiale — en d’autres termes, veulent éviter la grossesse mais n’utilisent pas de méthode de planification familiale — et, par conséquent, peuvent être considérées comme des clientes potentielles de la planification familiale (119, 123).

Dans les pays en développement et dans les pays de l’ex-Union soviétique, on prévoit, selon des projections inédites de l’ONU (12), que le nombre de pratiquants de la contraception va augmenter de plus de 38 % en 15 ans — passant de 552 millions en 2000 à 764 millions en 2015 — ce qui réflète à la fois la croissance démographique et le pourcentage accru de personnes qui pratiquent la planification familiale. Ces chiffres englobent les utilisateurs de méthodes modernes et traditionnelles : à l’heure actuelle, environ 88 % des utilisateurs de la contraception de ces pays emploient des méthodes modernes et on prévoit que 86 % le feront en 2015 (121).

Par ailleurs, pour contrer la pandémie de VIH/SIDA, le besoin de préservatifs augmentera considérablement. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) estime en effet que le coût d’un nombre suffisant de préservatifs passera de 297 millions de dollars américains en 2002 à 557 millions en 2015 (38) (voir Figure 1).

Au fur et à mesure qu’augmentera la demande, le volume de préservatifs qui doit transiter par le système d’approvisionnement d’un pays s’accroîtra sensiblement lui aussi. Les réseaux de distribution devront s’élargir et se renforcer pour approvisionner en 2015 les 212 millions de clients supplémentaires qui sont prévus. Les frais d’entreposage, de distribution, de traitement des données, de formation du personnel et d’autres éléments de la gestion logistique se gonfleront. En même temps, les programmes devront trouver un financement assuré pour suivre le rythme d’accroissement de la demande. C’est seulement quand l’approvisionnement est régulier que tous ceux qui veulent pratiquer la planification familiale peuvent alors choisir, obtenir et employer des contraceptifs de qualité — c’est ce qu’on appelle la sécurité de la contraception (voir chapitre 7).

La crise de financement. Les pays qui sont tributaires du soutien apporté par les donateurs pour répondre à la demande de contraceptifs ont à faire face à une crise. En effet, après avoir atteint un total de 172 millions de dollars américains en 1996, le soutien apporté par les donateurs au titre des contraceptifs est tombé, selon des estimations du FNUAP, à 131 millions en 1999. Il est remonté à 154 millions en 2000 (38, 144).

Il est peu probable que les gouvernements et les clients aient augmenté leurs achats de contraceptifs par le biais du secteur privé dans des proportions suffisantes pour contrebalancer les reculs et les mouvements désordonnés du soutien des donateurs (144). Cependant, il est difficile d’estimer les sommes que le gouvernement et le secteur privé consacrent à l’achat de contraceptifs. En effet, les pays ventilent de façons différentes leurs dépenses de planification familiale (109) et il arrive souvent qu’il soit impossible de séparer les dépenses consacrées à l’achat de contraceptifs de celles qui sont engagées au titre de programmes de planification familiale ou d’autres dépenses de santé (31).

Bien qu’elles ne suffisent pas à répondre à la demande, les sommes consacrées par les gouvernements à la planification familiale n’en sont pas moins importantes, notamment si l’on tient compte du fait qu’un grand nombre de gouvernements ont également à assurer l’approvisionnement de la population en aliments et en eau (57). Beaucoup de pays ont de plus en plus de problèmes sociaux et économiques, et certains d’entre eux ont à faire face à des désordres et à des situations d’urgence.

Depuis 1995, les fondations privées ont quintuplé leurs contributions aux activités de population et de santé reproductive (71). Plusieurs fondations consacrent à l’aide en matière de population des contributions supérieures à celles de beaucoup de pays donateurs (32). Cependant, à l’encontre de ce que font ces derniers, elles ne financent pas l’achat de contraceptifs. Dans certaines situations, des entreprises pharmaceutiques offrent des remises de prix considérables : on ne peut cependant pas être sûr qu’elles continueront à le faire (71). Dans l’ensemble, le soutien apporté par les fondations et les entreprises pharmaceutiques n’a pas contrebalancé le recul du soutien apporté par les donateurs traditionnels sous forme de produits de contraception.

Les coûts des contraceptifs continueront à subir de fortes hausses, atteignant en 2015 le chiffre de 1.249 millions de dollars américains si on veut répondre aux besoins en planification familiale (38). Pour maintenir leur part au niveau de 41 % atteint en 1992–1996, les donateurs devraient alors fournir 269 millions de dollars en 2002 et porter ce chiffre à 511 millions en 2015. Dans ces conditions, les pays en voie de développement devraient apporter 388 millions de dollars en 2002, pour passer à 738 millions en 2015 (38). Si on ajoute les préservatifs qui servent à la prévention des IST et du VIH, les donateurs devraient alors fournir 390 millions en 2002, pour passer à 739 millions en 2015. Pour leur part, les pays en développement devraient fournir 564 millions en 2002, puis 1.067 millions en 2015 (38) (voir Figure 1). Ces chiffres ne représentent que le coût des contraceptifs proprement dits, et ne tiennent pas compte des frais supplémentaires entraînés par la prestation de services de qualité (38).

La diminution du financement des contraceptifs entraîne de graves répercussions. En effet, selon une estimation du FNUAP (144), chaque fois que l’aide à la contraception diminue d’un million de dollars, il en résulte 360.000 grossesses non souhaitées, 150.000 avortements provoqués, 11.000 morts d’enfants et 800 morts maternelles.

En l’absence de mesures visant à aider les programmes de planification familiale des pays en développement à devenir autonomes — notamment en augmentant les dépenses de l’Etat au titre de la planification familiale et en intensifiant la participation du secteur privé (voir chapitre 7.1) — un financement insuffisant apporté par les donateurs pour fournir des contraceptifs menace la sécurité de la contraception (32, 54, 144).

Le fléchissement du financement amène de nombreux programmes de planification familiale à s’occuper davantage du renforcement de leur filière d’approvisionnement. Le rôle de la gestion logistique en acquiert une importance accrue.

Précédente | Suivante
Haut | Table des matières


111 Market Place, Suite 310, Baltimore, MD 21202, USA
Phone: (410) 659.6300/Fax: (410) 659.6266/E-mail: Poprepts@jhuccp.org