Table des matières
Chapitres
  1. Un nouveau regard sur la logistique
  2. Les clients ont la priorité
  3. Le personnel et les résultats
  4. Le rôle de l’information
  5. Prévisions et approvisionnement
  6. Distribution
  7. Vers la sécurité des contraceptifs
Faits saillants

La présente livraison de Population Reports a été élaborée en collaboration avec le DELIVER Project of John Snow, Inc.

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXX, Numéro 1,
Hiver 2002
Séries J, Numéro 51
Programmes de planification familiale

Vers la sécurité des contraceptifs

Beaucoup de programmes de planification familiale de pays en voie de développement n’ont pas les moyens d’acheter et de livrer suffisamment de contraceptifs ; le problème empire au fur et à mesure que le financement devient de moins en moins fiable (voir La crise de financement). A moins que les programmes de planification familiale ne puissent trouver les moyens de répondre à leurs besoins en produits, la sécurité de la contraception — c’est-à-dire la possibilité qu’a toute personne de choisir, obtenir et employer des contraceptifs de qualité et d’autres produits essentiels de santé reproductive — est en danger.

Les pays peuvent prendre une série de mesures pour assurer leur approvisionnement en contraceptifs. Le secteur commercial devra intensifier les livraisons de produits et la prestation de services de santé reproductive (58, 107), Certains programmes du secteur public perçoivent des redevances d’utilisation qui aident à couvrir les coûts des contraceptifs. D’autres pays ont envisagé de couvrir le prix des contraceptifs par le biais d’un financement communautaire, de plans nationaux d’assurance santé et des systèmes de sécurité sociale (58). Quelques pays peuvent aussi se procurer des contraceptifs de production locale, qui peuvent coûter moins cher que les produits importés.

Cependant, seuls quelques programmes de planification familiale de pays en voie de développement peuvent espérer atteindre la sécurité de la contraception en l’absence d’un engagement continu des donateurs et d’un renforcement de l’engagement de leur gouvernement dans le cadre de sa responsabilité en matière de santé publique. Pour parvenir à la sécurité de la contraception, il est essentiel de renforcer le soutien politique apporté à l’approvisionnement en contraceptifs et d’améliorer les systèmes logistiques de planification familiale.

En outre, la prestation de soins de santé est en train de changer. De plus en plus, les services de planification familiale se sont intégrés à d’autres soins de santé reproductive. Beaucoup de programmes décentralisent la responsabilité des prestations de planification familiale pour essayer de les rendre plus efficaces et de mieux servir les clients.

Elargissement du rôle du secteur commercial

L’élargissement du rôle du secteur commercial peut aider à atteindre la sécurité des contraceptifs. Les services offerts par le secteur commercial augmentent le nombre de lieux où la population peut se procurer des contraceptifs et attire les clients qui ont les moyens de payer certains services — réduisant ainsi le coût que doit supporter le secteur public (151).

Dans chaque région, le secteur commercial de la planification familiale varie ; il va de réseaux officiels de médecins et de chaînes de pharmacies aux vendeurs du secteur parallèle qui opèrent sur les marchés, dans les bars, les kiosques et autres petits établissements (151). Dans la plupart des pays, les principales sources de contraceptifs modernes sont les pharmacies, les magasins, les hôpitaux privés et les cliniques privées.

Le secteur commercial se sert de la segmentation du marché pour identifier les différents groupes et les approvisionner. Peu de programmes nationaux de planification familiale emploient cette technique pour cibler spécifiquement les contraceptifs subventionnés en fonction de ceux qui en ont le plus besoin (128). Les programmes financés par des fonds publics subventionnent souvent des services de planification familiale pour tous, y compris ceux qui n’ont pas besoin de subventions (56, 143, 151). Les programmes de planification familiale peuvent employer des stratégies de segmentation du marché pour mieux centrer leurs ressources sur les clients qui ont le plus besoin de subventions, tout en encourageant le recours aux services du secteur commercial par ceux qui sont mieux en mesure de payer (10). Les programmes peuvent segmenter les clients non seulement en fonction de leur capacité de paiement mais aussi en fonction de leur choix de méthodes et du genre de dispensateurs qu’ils préfèrent.

Le pourcentage d’utilisateurs de contraceptifs modernes qui s’approvisionnent dans le secteur commercial varie beaucoup selon les pays et les régions, quelle que soit la prévalence de la contraception. La part de la planification familiale sur le marché commercial est la plus grande en Amérique latine ; la plus petite, en Afrique sub-saharienne (151). Souvent, les différences de part du marché commercial correspondent à des différences de situation économique parmi les pays (76). Même dans les pays à niveaux de revenu plus élevés, la part du marché commercial peut être limitée si le secteur public subventionne largement les contraceptifs.

Dans beaucoup de pays, le secteur commercial n’apporte pas toute l’aide possible à ceux qui ont des besoins de santé reproductive. Les gouvernements ne se rendent pas compte du potentiel offert par le secteur privé. Les politiques et programmes du gouvernement peuvent souvent encourager le secteur commercial ou, au contraire, l’empêcher de jouer un plus grand rôle (120). Pour élargir la participation du secteur privé à la prestation de services, les gouvernements et les donateurs doivent mieux savoir comment fonctionnent les entreprises, ce qui les motive et comment les politiques en vigueur, y compris les obstacles érigés par les règlements, peuvent entraver les possibilités de contribution du secteur privé.

Les avantages à retirer d’une telle évolution pourraient être considérables. Même dans les pays où le secteur commercial est de petite dimension, des accroissements modestes de la part du marché commercial des contraceptifs pourraient réduire sensiblement les coûts des produits pour le secteur public. Au Kenya, si la part du marché commercial des contraceptifs atteignait 17 % en 2015, contre 14 % en 1998, les coûts des produits achetés par le secteur public pourraient diminuer de plus de 10 % — soit plus de 1,2 million de dollars (58).

Une plus grande participation du secteur commercial pourrait permettre aux donateurs et aux gouvernements d’employer d’une façon plus stratégique leurs budgets de planification familiale — en fournissant des produits et services gratuits ou subventionnés aux clients les plus pauvres, ou à ceux qui courent le plus de risques, tout en percevant des redevances de ceux qui peuvent payer. En Egypte, une étude de marché a constaté que 93 % des clientes de la planification familiale étaient prêtes à payer au moins le prix de détail en vigueur des contraceptifs oraux, alors que 22 % seulement payaient effectivement ce prix (21). D’autres études effectuées en Inde, en Jordanie, aux Philippines et en Turquie ont constaté que beaucoup de femmes qui avaient les moyens de payer employaient des pilules fortement subventionnées par le secteur public (56).

Marketing social. Dans beaucoup d’endroits, le marketing social — publicité et vente de produits à des prix subventionnés dans des magasins de détail — est la principale source de contraceptifs dans le secteur privé. Dans certains pays, les programmes de marketing social approvisionnent un pourcentage important de la population urbaine et, de plus en plus, de la population rurale. En l’an 2000, et sur la base des statistiques de vente de marketing social de 59 pays, le nombre d’années-couples de protection par la contraception fournie par des programmes de marketing social est passé à 23,4 millions, contre 20,6 millions en 1999 (37).

Le marketing social n’a pas un caractère strictement commercial ; étant subventionné, il attire souvent des clients qui peuvent payer un certain prix et préfèrent les méthodes de contraception — surtout préservatifs et contaceptifs oraux — qui sont vendues dans des pharmacies et dans d’autres débouchés de marketing social (131). Certaines personnes qui pourraient payer le prix fort achètent les marques offertes par le marketing social. Les programmes de marketing social doivent compléter d’autres catégories de prestation de services, et non pas les remplacer (67, 130). Les produits subventionnés du marketing social doivent être soigneusement conçus de manière à attirer les clients qui ne disposent que de moyens de paiement limités, sans faire concurrence au secteur commercial dont les clients sont en mesure de payer le prix fort.

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