Des organisations mondiales s'exprement publiquement
Schéma pour comprendre la violence du partenaire
La culture : une arme à deux tranchants
Programmes novateurs de santé reproductive
Comment renforcer les réactions de services de santé : leçons apprises
Premières mesures à haute priorité
Des organisations mondiales s'exprement publiquementDurant les années 1990, la violence contre les femmes a figuré parmi les éléments qui ont polarisé l’attention des milieux internationaux, qui s’en sont inquiétés.
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Schéma pour comprendre la violence du partenaireQu’est-ce qui cause la violence contre les femmes ? De plus en plus, les chercheurs se servent d’un « schéma écologique » pour comprendre les rapports mutuels qui relient les facteurs personnels, situationnels et socio-culturels qui se conjuguent pour provoquer les mauvais traitements (118, 210). Dans ce modèle, la violence contre les femmes découle de l’interaction de facteurs à des niveaux différents du milieu social. La meilleure façon de représenter le modèle consiste à tracer quatre cercles concentriques. Le cercle du milieu représente les antécédents biologiques et personnels du comportement de chaque individu sur le plan des rapports. Le deuxième cercle représente le contexte immédiat de chaque sévice — c’est souvent la famille, un ami intime ou une connaissance. Le troisième cercle représente les institutions et les structures sociales, aussi bien formelles qu’informelles, dans lesquelles se situent les rapports — le voisinage, le lieu de travail, les réseaux sociaux et les groupes d’homologues. Le quatrième cerle, qui est le cercle externe, est le milieu économique et social, qui englobe les normes culturelles. Toute une série d’études citent plusieurs facteurs qui, à chaque niveau, font augmenter la probabilité qu’un homme maltraitera sa partenaire :
En conjuguant les facteurs de risque du niveau individuel et les résultats des études trans-culturelles, le modèle écologique aide à comprendre pourquoi certaines sociétés et certains individus sont plus violents que d’autres et pourquoi les femmes — et notamment les épouses — sont si uniformément les victimes de mauvais traitements. |
La culture : une arme à deux tranchantsDans toutes les sociétés, il y a des institutions, des croyances et des pratiques culturelles qui sapent l’autorité des femmes et contribuent à la violence fondée sur le sexe. Par exemple, certaines pratiques de mariage peuvent jouer au détriment des femmes et des filles, notamment si des coutûmes, telles que la dot et la vente de la mariée, ont été perverties par la culture « de consommation » occidentale. C’est ainsi que, ces dernières années, la dot est devenue, dans certains pays, un élément attendu de la négociation du mariage, les futurs maris exigeant une dot de plus en plus importante aussi bien avant qu’après le mariage. Les exigences de dot peuvent conduire à des harcèlements, à des menaces et à de mauvais traitements ; dans des cas extrêmes, on tue la femme ou on la pousse au suicide, ce qui donne au mari toute liberté pour rechercher un autre mariage et une autre dot (237, 368, 407). Ailleurs, les maris doivent verser un « prix de la mariée » pour dédommager la famille de celle-ci de la perte de son travail dans son foyer natal. Dans certaines régions de l’Afrique et de l’Asie, cet échange est également devenu plus commercial, la majoration du prix de la mariée donnant à de nombreux hommes l’impression qu’ils ont « acheté » une épouse. Dans une récente enquête effectuée dans la province du Cap oriental, en Afrique du Sud, 82 % des femmes ont déclaré que, selon leur culture, si un homme verse un lobola (prix de la mariée) pour sa femme, cela signifie qu’il en est propriétaire. Environ 72 % des femmes acceptaient elles-mêmes cette interprétation (235). Ces deux traditions du mariage sapent la possibilité qu’ont les femmes d’échapper à des relations abusives. Dans le sous-continent indien, les parents hésitent à permettre à leurs filles de revenir chez eux de crainte d’avoir à payer une deuxième dot alors que, dans les cultures où la mariée a un prix, les parents de la femme doivent rembourser l’homme si leur fille abandonne le mariage. Comme l’a fait observer une indienne maltraitée, « On a souvent envie de tout abandonner. Mais, alors, où va-t-on ? Le seul endroit est la maison de vos parents : or, ceux-ci essaieront toujours de vous renvoyer » (451). Les attitudes culturelles à l’égard de la chasteté des femmes et de l’honneur masculin servent aussi à justifier la violence contre les femmes et à exacerber ses conséquences. Dans certaines régions de l’Amérique latine et du Proche-Orient, l’honneur d’un homme est souvent lié à la « pureté » sexuelle des femmes de sa famille. Si une femme est « souillée » sexuellement — soit à la suite d’un viol soit en ayant volontairement des rapports sexuels en dehors du mariage — elle déshonore sa famille. Jordanie, des experts de six pays arabes ont estimé qu’au moins plusieurs centaines de femmes arabes meurent chaque année assassinées pour raisons d’honneur (231). Cependant, la culture n’est ni statique ni monolithique. Les activistes qui militent pour les droits des femmes affirment que les collectivités doivent à la fois éliminer les éléments de la culture qui oppriment les femmes et préserver ceux qui sont bons. Les femmes qui sont à l’avant-garde du mouvement des droits de la femme font remarquer que le recours à la culture est souvent un prétexte justifiant des pratiques qui contribuent à leur oppression. Comme le dit un médecin soudanais, Nahid Toubia, « comment se fait-il que c’est seulement quand des femmes veulent obtenir des changements à leur avantage que la culture et la coutûme deviennent sacrées et immuables ? » (211). Bien que la culture puisse renforcer la vulnérabilité des femmes, elle peut aussi devenir un moyen inédit d’intervention. Beaucoup de cultures traditionnelles ont des mécanismes — tels que la honte publique ou les séances curatives communautaires — qu’on peut mobiliser pour contrer les mauvais traitements. Des activistes du Territoire du Yukon, au Canada, par exemple, ont conçu le « cercle de jugement », nouvelle version des pratiques traditionnelles de jugement et de guérison des populations aborigènes canadiennes. Dans le « cercle », les victimes de crimes, les coupables, les agents de la justice et des services sociaux, ainsi que les membres de la communauté, écoutent les victimes raconter leur histoire et délibèrent sur la meilleure façon de « rendre justice » à la victime et à la communauté. Le jugement comporte souvent des indemnités, un service communautaire, l’emprisonnement, l’obligation de recevoir un traitement et des rites de guérison communautaire (22, 289). De même, des activistes de l’Inde et du Bangladesh ont adapté le salishe — système traditionnel de justice locale — pour contrer la violence domestique. Par exemple, quand une femme est battue, la Shramajibee Mahila Samity, une ONG du Bengale occidental, envoie dans le village une organisatrice pour consulter les personnes et les familles en cause. L’organisatrice met sur pied un salishe, et s’efforce d’orienter la discussion d’une façon favorable à la femme. Collectivement, la communauté arrive à un projet de solution, qui est officialisé par écrit et dont l’exécution est surveillée par un comité local (102). |
Programmes novateurs de santé reproductiveDans les pays en développement, un certain nombre de programmes de santé reproductive ont pris l’initiative pour s’attaquer à la violence contre les femmes. Les interventions de ces programmes ouvrent la voie à d’autres programmes qui veulent s’attaquer aux questions complexes de violence encore les sexes. Afrique du Sud : la lutte contre la violence dans le cadre des ateliers de « techniques de vie ». L’Association pour la planification familiale de l’Afrique du Sud (PPASA), de concert avec le programme des Partenaires masculins de AVSC International, a mis sur pied un programme qui intègre aux ateliers de « techniques de vie » de la PPASA des activités organisées sur une base de participation concernant la problématique hommes-femmes, le pouvoir sexuel et les rapports intimes. Ce programme a été entrepris après qu’une enquête portant sur 2000 sud-africains ait constaté que 58 % croyaient que la notion de viol ne s’appliquait pas à un mari qui contraignait sa femme à avoir des rapports sexuels, 48 % pensaient que la façon dont une femme s’habillait conduisait à un viol, et 22 % approuvaient qu’un homme batte sa partenaire (contre 5 % qui approuvaient qu’une femme batte son partenaire) (371). Amérique latine : intégration des questions de violence à d’autres soins de santé reproductive. La région Hémisphère occidental de l’IPPF travaille actuellement avec ses affiliés de la République dominicaine, du Pérou et du Venezuela pour intégrer les questions de violence fondée sur le sexe à d’autres programmes de santé sexuelle et reproductive. Par exemple, au Venezuela, la PLAFAM a formé des dispensateurs de services, a modifié les formulaires d’orientation des clients et a élaboré de nouveaux formulaires d’inscription des cas (12). Peru: Women listening to women's voices. ReproSalud, programme novateur de santé reproductive de l’organisation féminine péruvienne Manuela Ramos, aide les femmes rurales à s’organiser pour s’attaquer aux questions de santé reproductive qu’elles jugent les plus importantes. Sur les 51 communautés qui ont organisé des diagnosticos en mars 1998, 12 ont identifié la violence domestique comme l’un des trois problèmes les plus importants (262). Philippines : mesures d’organisation contre la violence. Le Conseil de coordination sur la violence contre les femmes de Davao City est intervenu pour réduire la violence à tous les niveaux de la société. Ses activités vont de spectacles de marionettes qui encouragent le dialogue communau-taire au sujet de la violence fondée sur le sexe à la formation, dans toute la ville, d’agents de police, d’agents de santé et de fonctionnaires publics (70). En 1997, le Conseil municipal de Davao City a adopté un document faisant date, le Code de développement des femmes, qui encourage et protège les droits des femmes et comporte des dispositions détaillées concernant la violence fondée sur le sexe, y compris un vaste programme de conseils, un soutien médical et juridique aux victimes, et l’ouverture de bureaux féminins dans tous les services de police de Davao City (109). Tanzanie : protection des réfugiées. Le Comité international de sauvetage (IRC) a entrepris un projet portant sur les mauvais traitements sexuels et la violence fondée sur le sexe parmi les réfugiées burundiennes qui vivent dans les camps du district de Kibondo, en Tanzanie. Ce projet a employé une formule de recherches basées sur la participation et a utilisé des animatrices pour organiser les collectivités des camps de manière à contrer la violence fondée sur le sexe. Ce projet offre des conseils, des services médicaux ouverts 24 heures par jour, et l’accès à la contraception dans quatre postes de visite (324). Liberia : formation des accoucheuses traditionnelles. En 1993, le Mother Patern College of Health Sciences de Monrovia, au Liberia, s’est allié à une ONG américaine, Women’s Rights International, pour traiter les séquelles de viols commis durant la guerre civile de sept ans qui avait ravagé le pays. Le personnel libérien du projet a mis sur pied un programme qui utilise la formule de participation pour former des accoucheuses traditionnelles. Ce programme emploie des exercices, tels que « Les ennuis de Kaymah », histoire d’une femme violée pendant la guerre, pour élargir le rôle des accoucheuses traditionnelles et en faire des animatrices communautaires qui s’attaquent au problème de la violence contre les femmes (474). Nicaragua : recherches sur les conséquences de la violence sur la santé reproductive. Entreprises en 1991, les recherches organisées par l’Université d’Umea, en Suède, et la Faculté de médecine de León, au Nicaragua, ont réuni des données qui comptent parmi les plus riches de celles qui concernent les conséquences de la violence contre les femmes sur la santé reproductive. Travaillant en liaison étroite avec le Réseau contre la violence des femmes du Nicaragua, les chercheurs ont intégré des questions sur la violence à une série d’études qui examinent la mortalité infantile, le risque de VIH, et le faible poids à la naissance. Comme l’indiquent de fréquentes références de ce rapport, ces études d’avant-garde ont réuni un important ensemble d’informations (129). |
Comment renforcer les réactions de services de santé : leçons apprisesDans l’ensemble, les systèmes et les dispensateurs de soins de santé n’ont commencé que récemment à s’attaquer au problème que posent les mauvais traitements physiques et sexuels. On n’a pas officiellement évalué la plupart des interventions contre la violence en milieu médical — exception faite d’un petit nombre d’études effectuées aux Etats-Unis — et on commence à peine à organiser des interventions pilotes dans des milieux pauvres en moyens (78, 277). Il est urgent d’organiser d’autres projets de démonstration, assortis d’une évaluation détaillée, pour établir ce qui donne ou ne donne pas des résultats dans des milieux différents. Néanmoins, on peut tirer quelques conclusions provisoires. 1. Ne pas se borner à la formation. S’il est vrai que la formation des dispensateurs de soins de santé est importante, elle suffit rarement, à elle seule, à modifier leur comportement à l’égard des victimes de violence domestique (298, 435). Bien que la formation puisse améliorer à court terme les connaissances et les interventions des dispensateurs, elle perd en général peu à peu de sa valeur à moins qu’on ne prenne une série d’autres mesures pour étayer et appuyer les nouvelles méthodes (203, 298). 2. Adopter une formule systémique. Pour obtenir des résultats durables, il faut transformer le système de santé lui-même, et modifier le comportement individuel des dispensateurs (40, 89). Lorsque les responsables, les administrateurs et le système de santé lui-même encouragent et récompensent un comportement attentif à l’égard des victimes de mauvais traitements, les dispensateurs se sentent alors mieux en mesure de reconnaître la violence, et de prendre des dispositions la concernant (61, 355, 398, 491). L’adoption d’une formule systémique en matière de violence signifie qu’on met au point des politiques et des protocoles dont on fait en sorte qu’ils deviennent la pratique dans l’ensemble du système de soins de santé, depuis les plus hauts responsables jusqu’aux dispensateurs de première ligne. (On trouvera une description des formules systémiques en matière de soins de santé reproductive dans Population Reports, Les programmes de planification familiale ; comment en améliorer la qualité, J-47, novembre 1998). 3. Apporter des changements à la procédure de soins des clients. Souvent, des changements de procédure, tels que l’utilisation de rappels à l’intention des dispensateurs sur les fiches médicales (par exemple, collants qui posent des questions au sujet des mauvais traitements, ou timbre qui incite les dispensateurs à faire un dépistage) ou inclusion de questions appropriées dans les formulaires d’admission et dans les calendriers d’entretiens peuvent appeler l’attention sur la violence domestique (329). Par exemple, aux Etats-Unis, dans une étude, les taux d’identification ont presque doublé après qu’on ait fait au personnel une présentation d’une heure à propos de la violence domestique et qu’on ait ajouté une question de dépistage de la violence à la fiche d’admission au service d’urgence. L’évaluation a montré que l’adjonction du rappel sur la fiche, plutôt que la formation, expliquait la différence (335). Dans une autre étude américaine, l’identification des femmes maltraitées qui se présentaient à un dispensaire de soins primaires est passé de zéro, quand les questions étaient laissées à la discrétion du personnel, à 12 % quand on a ajouté une question sur les mauvais traitements au formulaire d’antécédents de santé de la cliente (160). 4. Faire face aux attitudes et croyances sous-jacentes. La plupart des programmes de formation des agents de santé ont surtout porté sur la gestion clinique des victimes. Cette formule donne cependant des résultats limités parce que, de façon générale, les dispensateurs ont, à propos des mauvais traitements, les mêmes préventions, préjugés et craintes que l’ensemble de la société. Au fur et à mesure que les programmes ont acquis de l’expérience, il est apparu clairement que les dispensateurs doivent examiner leurs propres attitudes et croyances concernant les deux sexes, le pouvoir, les mauvais traitements et la sexualité avant d’être à même d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences professionnelles sur la façon de traiter les victimes (252, 277). En Afrique du Sud, par exemple, le Projet de prévention et de formation en matière de violence domestique d’Agisanang (ADAPT) et son partenaire, le Service de développement de systèmes de santé de l’Université de Witwatersand, ont mis sur pied un programme de formation portant sur la problématique hommes-femmes qui comportait, à l’intention du personnel infirmier, un programme d’études de quatre semaines en matière de santé reproductive. Au départ, ce programme considérait le personnel infirmier non pas comme des professionnels de la santé, mais plutôt comme de simples hommes et femmes. Il avait recours à des jeux de rôles, à des dictons et à des chansons de mariage pour aider les participants à analyser des notions communes concernant la violence et les rôles appropriés des hommes et des femmes. C’est seulement à ce moment-là que la formation abordait les responsabilités du personnel à titre de professionnels de la santé. Un enquête effectuée après la formation a constaté que les participants ne pensaient plus qu’il était justifié de battre une femme et que la plupart d’entre eux acceptaient la notion de viol conjugal (252). 5. Redéfinir la réussite. Souvent, les agents de santé hésitent à s’attaquer aux causes de la violence domestique ; en effet, c’est un problème qu’il n’est pas facile de résoudre, voire de compendre. Pour remédier à cette situation, certains projets de formation ont essayé d’aider le dispensateur à redéfinir son rôle ; au lieu de « régler » le problème et de donner des conseils, il s’agissait alors d’apporter un soutien. En modifiant ainsi les expectatives, on a aidé les dispensateurs à surmonter des sentiments de ressentiment et d’impuissance quand ils ont à faire face à la violence domestique (374). La redéfinition du rôle du dispensateur aide aussi à renforcer la volonté des femmes. Les conseils en matière de mauvais traitements, tout comme ceux en matière de contraception, doivent s’abstenir des donner des directives et respecter les choix des femmes. Comme l’a dit un promoteur : « Nous essayons de percer la barrière de la frustration des dispensateurs qui ne comprennent pas qu’il faut du temps à une femme maltraitée pour passer à l’acte. Quand on demande à une femme de prendre une décision en 10 minutes, on lui dit : ‘Nous savons ce qui est bon pour vous’. Il n’y a là aucune différence avec l’homme violent qui décide tout pour elle » (452). 6. Fournir des occasions de présenter un modèle de bon comportement. Deux grands obstacles empêchent de poser aux clientes des questions concernant les mauvais traitements : l’attitude des dispensateurs, qui croient que la violence est rare parmi leurs clientes, et leur crainte face à leurs réactions (151, 428). Des occasions de mettre en pratique un nouveau comportement peuvent aider à surmonter ces deux obstacles. Par exemple, un médecin pakistanais, Fariyal Fikree, lance souvent un défi à ses étudiants : « Allez poser à vos cinq prochains patientes, au dispensaire, une simple question de dépistage des mauvais traitements. Avec cette base d’expérience directe, vous serez mieux en mesure d’évaluer l’utilité de cette pratique ». Cet exercice brise la résistance des élèves, remplace des hypothèses par des expériences et conduit à vouloir mieux connaître la violence familiale. En règle générale, les élèves sortent de l’expérience étonnés du nombre de femmes qui révèlent des mauvais traitements et de la facilité avec laquelle elles en parlent (151). 7. Choisir un point de départ à bon escient. Il est difficile de modifier les systèmes de santé. C’est pourquoi la meilleure méthode consiste en général à commencer là où on a le plus de chances de succès. Souvent, cette stratégie signifie qu’on entreprend les premières interventions pilotes dans les milieux où existe un important mouvement interne et externe en faveur du changement. Sur le plan interne, il est important d’obtenir rapidement l’engagement et le soutien des cadres supérieurs. Les tentatives faites pour intégrer des éléments de sexualité aux programems de planification familiale ont montré qu’un soutien institutionnel est absolument essentiel pour la réussite du programme (24, 398). Sur le plan externe, il est préférable d’entreprendre des interventions pilotes là où existent déjà des services de soutien et de recours pour les victimes de sévices. Ce ne sera pas possible dans tous les cas mais, comme il y a tellement peu de nouvelles initiatives pilotes dans des milieux pauvres en ressources, il devient rationnel de commencer là où on peut faire appel à des moyens communautaires. 8. Prévoir le renouvellement du personnel. Dans la plupart des systèmes de soins de santé, et notamment dans les pays en développement, le personnel des dispensaires et autres centres de santé se renouvelle constamment. Il faut donc instituer des politiques en matière de violence, et il sera nécessaire de former de manière continue les nouveaux membres du personnel (329). 9. Suivi. Les programmes doivent fournir un soutien continu aux individus et aux institutions qui essaient de modifier leur réaction à la violence domestique. En règle générale, les projets qui ont essayé de déclencher le changement selon le modèle de la « formation du formateur » — en invitant les dispensateurs à participer à une formation centralisée, puis en leur demandant de reproduire cette formation dans leur cadre d’origine — ont constaté que cette formule ne donne pas de bons résultats en l’absence d’une solide continuité et d’un soutien important (61).
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