TABLE DES MATIERES
Chapters
- Le monde prend acte
- Sévices causés par un
partenaire intime
- Contrainte sexuelle
- Répercussions sur la
santé reproductive
- Menaces sur la santé
et le développement
- Les dispensateurs de
soins de santé jouent un rôle fondamental
- Un programme de changements
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA.
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Le Center for Health and Gender Equity (CHANGE) est une organisation de recherche et de plaidoyer qui se donne pour mission d'intégrer la recherche de l'égalité entre les sexes et de la justice sociale aux politiques et pratiques internationales en matière de santé. On peut contacter les services de CHANGE par courrier électronique à change@genderhealth.org or at http://www.genderhealth.org .
Volume XXVII, Numéro 4
Décembre, 1999
Série L, Numéro 11
Problèmes mondiaux de santé |
Les sévices ont des conséquences négatives qui vont bien au-delà de la santé sexuelle et reproductive des femmes ; ils touchent en effet l’ensemble de leur santé, le bien-être de leurs enfants, voire le tissu économique et social des nations. En minant l’énergie des femmes, en sapant leur confiance et en compromettant leur santé, la violence entre les sexes prive la société de la pleine participation des femmes. Comme l’a fait observer le rapport de l’UNIFEM sur la violence : « Les femmes ne peuvent pas faire pleinement partager leur travail et leurs idées si elles portent le poids physique et psychologique de sévices » (73).
La victimisation est un facteur de risque qui intervient dans toute une série de situations malsaines. Non seulement la violence cause immédiatement des blessures physiques et mentales, mais elle fait aussi augmenter les risques que court une femme d’avoir plus tard des ennuis de santé. Des études très diverses montrent que les femmes qui ont été l’objet de sévices physiques ou sexuels, que ce soit durant l’enfance ou à l’âge adulte, courent plus de risques d’avoir plus tard des problèmes de santé (111, 148, 181, 260, 273, 291, 292, 455).
On a lié la violence à un grand nombre de problèmes de santé, aussi bien
dans l’immédiat qu’à long terme : problèmes de santé physique, tels que
lésions, syndrômes de douleur chronique et troubles gastrointestinaux,
et une série de problèmes de santé mentale, dont l’angoisse et la dépression.
La violence mine aussi la santé en intensifiant divers comportements négatifs,
tels que le tabagisme, l’alcoolisme et l’abus de drogues (voir figure
3).
Comme la plupart des études des sévices et de la santé portaient au début sur des femmes qui recherchaient un traitement médical, il est possible que leurs conclusions aient exagéré le rapport entre la violence et une santé médiocre. Cependant, des études récentes ont confirmé les liens entre la victimisation et la mauvaise santé dans des groupes plus représentatifs, dont des échantillons aléatoires de femmes vivant dans la communauté et de femmes qui venaient consulter dans des établissements de soins de santé primaire.
Une de ces études, effectuée dans une grande organisation de maintenance sanitaire (HMO) de l’état de Washington a constaté que les femmes qui avaient été maltraitées durant leur enfance — qu’il s’agisse de sévices physiques, sexuels ou émotionnels, ou de négligence — avaient un état de santé nettement plus mauvais que leurs homologues. Elles avaient plus de problèmes sexuels et reproductifs, se trouvaient dans un état physique moins bon, avaient un comportement plus dangereux et présentaient plus de symptômes physiques que les autres femmes. En outre, la femme maltraitée durant son enfance avait ordinairement reçu des diagnostics faisant état de toute une série de problèmes de santé, dont des maladies contagieuses, des problèmes de santé mentale et des pathologies chroniques tels que hypertension, diabète et asthme (455).
Les études portant sur des femmes affiliées à des HMO offrent d’excellentes occasions d’examiner l’impact cumulatif de la violence sur la santé de la femme parce que, en règle générale, les HMO prennent à leur charge tous les soins de santé de leurs membres (y compris les produits pharmaceutiques, les interventions chirurgicales, les visites de médecin et les séjours à l’hôpital) (148, 260). Collectivement, ces études
des HMO semblent déboucher sur trois conclusions à propos des conséquences des sévices physiques et sexuels sur la santé des femmes :
- l’influence des sévices peut perdurer bien après que les sévices aient cessé (148, 261) ;
- plus les sévices sont graves, plus leur impact est profond sur la santé physique et mentale des femmes (273) ;
- l’impact de diverses catégories de sévices et d’épisodes multiples semble être cumulatif dans le temps (148, 260, 291, 455).
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