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Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA. Volume XXX, Numéro 13 |
Résultats de l’étude du CLAPUne étude effectuée en 2000 en Amérique latine apporte de nouvelles preuves que des intervalles de 3 à 5 ans entre les naissances sont également préférables pour la santé des mères (38). L’étude du Centre latino-américain de périnatologie et de développement humain (Centro Latino-americano de Perinatologia y Desarollo humano) (CLAP) est la plus importante étude qui, sur la base de données concernant plus de 450.000 femmes, ait évalué comment l’espacement des naissances affecte la santé des mères. Elle utilise une série d’indicateurs détaillés de la santé maternelle et explique par des statistiques un grand nombre de facteurs de con-fusion. Dans les recherches précédentes, les avantages que les mères retirent de l’allongement de l’intervalle entre les naissances étaient apparus moins clairement que les avantages dont bénéficiaient les enfants. Certaines études avaient constaté que des intervalles de moins de 2 ans faisaient courir des risques à la santé de la mère (44, 101, 167, 173). D’autres n’ont pas abouti aux mêmes conclusions (55, 154). L’étude du CLAP a groupé et analysé des données receuillis dans des dossiers d’hôpitaux établis entre 1985 et 1997 dans 19 pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Ces données comportent toute une série d’indicateurs, dont les caractéristiques sociodémographiques des mères, leurs antécédents reproductifs, les soins de santé qu’elles ont reçus durant la grossesse et à l’accouchement, et leur santé et leur survie après l’accouchement. L’étude est basée sur des données hospitalières et représente moins de 2 % de toutes les naissances de l’Amérique latine et des Caraïbes. Bien que les données proviennent d’hôpitaux divers et aient été recueillies par de nombreux agents de santé, leur collecte a été normalisée dans chaque hôpital par un agent spécialisé qui les a mises dans une banque de données et, avec l’aide des médecins ou des infirmières de l’établissement, a immédiatement apporté des corrections pour tenir compte des problèmes qu’elles posaient (38). Une autre étude du CLAP renforce les conclusions de l’étude des EDS concernant l’espacement des naissances et la santé du nouveau-né (36, 39). En se servant de données des mêmes dossiers d’hôpitaux concernant plus d’un million de grossesses qui avaient eu lieu entre 1985 et 2000, l’étude a examiné comment les intervalles entre les grossesses peuvent se répercuter sur la santé de la 28e semaine de gestation à la première semaine de l’existence. L’étude a représenté par des statistiques les caractéristiques démographiques et socioéconomiques des femmes, ainsi que l’état de santé et la survie de leurs enfants précédents. L’étude du CLAP fournit des données concernant les intervalles entre les grossesses — temps écoulé entre l’accouchement et le début de la grossesse suivante — au lieu d’indiquer les intervalles entre les naissances, comme le fait l’étude des EDS. Comme l’étude du CLAP porte sur les grossesses plutôt que sur les naissances, elle tient compte des grossesses qui se soldent par de fausses couches ou un avortement provoqué. En ajoutant 9 mois à un intervalle entre les grossesses, on rend les données comparables à celles qui portent sur les intervalles entre les naissances. Population Reports a systématiquement converti ces intervalles entre grossesses en intervalles entre les naissances pour assurer l’homogénéité de l’ensemble du rapport. L’étude du CLAP a également fourni des données exprimées en mois, plutôt qu’en années ; cette convention est conservée dans le présent rapport. Les études des mères et des nouveau-nés ont comparé les intervalles de 27 à 32 mois entre les naissances et des intervalles plus courts et plus longs (36, 38). Survie et santé de la mère. Les femmes qui ont leurs enfants de 27 à 32 mois après un enfant précédent ont plus de chances de survivre à la grossesse et à l’accouchement que les femmes qui ont un enfant après des intervalles soit très courts (9 à 14 mois) soit très longs (69 mois et plus). Ces femmes sont aussi en meilleure santé pendant et juste après la grossesse (voir tableau 3). Lesfemmes qui ont des enfants à intervalles de 27 à 32 mois sont moins susceptibles que les femmes qui ont leur enfant suivant à peine 9 à 14 mois plus tard d’avoir une hémorragie au troisième trimestre, y compris un placenta praevia (quand le placenta se trouve au fond de l’utérus et saigne) et un décollement placentaire (quand le placenta saigne, où qu’il se trouve), une rupture prématurée des membranes (déchirure du sac amniotique qui entoure le fœtus), de l’anémie et une endométrite puerpuréale (infection de l’utérus après la grossesse). En outre, les femmes qui ont un enfant après 27 à 32 mois risquent moins que les femmes qui ont un enfant après 69 mois ou davantaged’avoir une prééclampsie (hypertension provoquée par la grossesse et niveaux élevés de protéine dans l’urine), une éclampsie (convulsions ou crise avec hypertension provoquée par la grossesse et des niveaux élevés de protéine dans l’urine), et un diabète sucré gestationnel (niveaux élevés de glucose dans le sang durant la grossesse).
Bien que la différence ne soit pas importante au plan statistique, les femmes qui ont des enfants après un intervalle de 27 à 32 mois semblent moins risquer une éclampsie que les femmes qui ont un enfant après un intervalle de 9 à 14 mois. Elles peuvent aussi courir moins de risques de mourir durant la grossesse ou à l’accouchement ou d’avoir une hémorragie au troisième trimestre et un diabète sucré gestationnel que les femmes qui attendent 69 mois ou plus pour avoir un autre enfant. Les femmes qui ont un enfant 27 à 32 mois après leur enfant précédent semblent risquer davantage que les femmes qui attendent 9 à 14 mois ou 69 mois ou plus d’avoir une hémorragie de la délivrance (après l’accouchement) (38). Survie et santé postnatales. Les enfants nés 27 à 32 mois après leur aîné ont plus de chances que les enfants nés à intervalles de 9 à 14 mois de survivre à la période périnatale, définie comme étant de la 28e semaine de gestation jusqu’à la première semaine de l’existence. Bien que la différence ne soit pas importante au plan statistique, ils semblent aussi plus susceptibles de survivre à la période périnatale que les enfants nés après un intervalle de 15 à 20 mois ou de 21 à 26 mois. Par ailleurs, les enfants nés 27 à 32 mois après leur aîné ont plus de chance de survivre à la période périnatale que les enfants nés après un intervalle de 69 mois ou plus (36, 39) (voir tableau 4). L’étude estime que, si les femmes espaçaient leur enfants d’au moins 27 à 32 mois, la mortalité périnatale pourrait enregistrer, en Amérique latine, un recul pouvant aller jusqu’à 14 % — tombant de 39 morts aux alentours de 32 morts pour 1.000 naissances. Le total de morts périnatales pourrait diminuer de 60.500 par an. Quand ils naissent après un intervalle de 27 à 32 mois, les nouveau-nés sont aussi en meilleure santé que lorsque l’intervalle est de 9 à 14 mois ou de 15 à 20 mois. Ils risquent moins d’avoir un poids faible (<2.500 grammes) ou très faible (<1.500 grammes) à la naissance, de naître avant terme (avant 37 semaines de gestation) ou très avant terme (avant 32 semaines de gestation), d’être de petite taille pour leur âge gestationnel, ou d’avoir un faible indice Apgar cinq minutes après la naissance. L’indice Apgar est un indice composite de l’état du nouveau-né. Il exprime la respiration, le rythme cardiaque, le tonus musculaire, les refléxes et la couleur de la peau à la naissance. En outre, les enfants nés après un intervalle de 27 à 32 mois sont en meilleure santé que ceux qui sont nés après un intervalle plus long, notamment après 69 mois ou plus. Ils risquent moins d’avoir un poids faible ou très faible à la naissance et d’être prématurés ou très prématurés (36). | |||||
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