Table des matières
Chapitres
- Nouvelles preuves
- Espacement effectif ou préféré
- La contraception et l’espacement des naissances
- Qui a des intervalles plus courts ?
- Comment les programmes peuvent aider les couples à espacer les naissances
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA.
Volume XXX, Numéro 13
Eté 2002
Série L, Numéro 13
Questions de santé mondiale
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Pourquoi des intervalles
plus longs sont-ils préférables ?
On cite souvent plusieurs mécanismes biologiques et de comportement pour expliquer comment de brefs intervalles entre les naissances se répercutent sur la mortalité infantile et maternelle. Il est difficile d’identifier les mécanismes qui font que des intervalles plus longs entre les naissances sont préférables pour la santé des nouveau-nés et des mères. En effet, de nombreux facteurs — tels que le nombre d’enfants précédents et l’âge de la mère à l’accouchement exercent une influence sur les intervalles entre les naissances et agissent de façon indépendante sur la santé de l’enfant et sur celle de sa mère. En outre, un intervalle entre les naissances touche plus d’un enfant — l’enfant précédent tout comme l’enfant suivant — et, dans les deux cas, pourrait être responsable de sa mort (10, 45, 134, 201).
- Syndrôme de déplétion maternelle. Une vieille hypothèse voudrait que de brefs intervalles entre les naissances ne donnent pas à une mère suffisamment de temps pour reconstituer ses réserves nutritionnelles après l’accouchement et la lactation (80). Bien qu’on ne soit pas encore d’accord au sujet du rôle — voire même de l’existence — du syndrôme de déplétion maternelle (67, 202, 203), des études récentes confirment que de brefs intervalles se répercutent sur l’énergie de la mère (107), son poids (83, 171) et son indice de masse corporelle (83). A son tour, une nutrition médiocre de la mère se répercute sur la nutrition et la croissance du fœtus (19, 81, 121) et, partant, sur la survie de l’enfant (32).
- Accouchement prématuré. Certaines études ont constaté que des intervalles plus courts sont associés à un acccroissement du risque de naissance prématurée (36, 56, 110, 213), mais d’autres n’ont pas décelé une telle corrélation (51, 81, 94, 169). Un accouchement prématuré et un retard de croissance fœtale peuvent dans les deux cas se solder par des enfants à faible poids à la naissance, qui courent plus de risques de mort à un très jeune âge (210).
- Diminution de la lactation. Si des mères ont un enfant alors qu’elles allaitent, elles sont souvent moins en mesure de produire suffisamment de lait pour nourrir le premier enfant (2). Quand on sèvre les enfants trop tôt, leur croissance en pâtit, ils risquent davantage d’avoir des maladies diarrhéiques et des infections cutanées (26), et ils courent donc un plus grand danger de mort (186). La diminution de la lactation est plus susceptible de se produire quand les femmes ont d’autres enfants et sont sous-alimentées (57). Les avantages d’un plus grand espacement des naissances ne diminuent pas sensiblement quand les statistiques tiennent compte de la durée de l’allaitement, ce qui semble indiquer que, si l’espacement des naissances est bénéfique pour les enfants, c’est grâce à l’existence d’autres mécanismes, qui s’ajoutent aux bénéfices tirés d’un allaitement prolongé (112, 159).
- Rivalités fraternelles. Quand les enfants sont nés à des dates rapprochées, ils sont en concurrence pour obtenir des ressources et recevoir des soins de leur mère (128). En effet, les mères peuvent ne pas être en me-sure de bien nourrir les enfants plus âgés parce que leur production de lait se ralentit ou parce que le nouveau-né accapare toute leur attention. Il se peut aussi que les mères ne puissent pas convenablement nourrir le nouveau-né, ce qui fait courir à ce dernier un plus grand risque de carence nutritionelle, de maladies contagieuses contractées auprès des aînés ou d’autres problèmes de santé, par exemple une baisse d’immunité (23, 165). On ne sait pas très bien si la concurrence fraternelle pour les ressources joue un rôle important pour expliquer les effets d’un bref espacement. Le risque de mortalité de l’aîné reste le même quand le nouveau-né meurt (42, 175), mais le risque de mortalité du nouveau-né diminue quand c’est l’aîné qui meurt (7) ou quand l’aîné a cinq ans ou plus (159).

Harvey Nelson |
En Zambie, une femme donne le sein à ses deux enfants d'âge différent. Les rivalités fraternelles commencent dès l'allaitement. Quand les jeunes enfants sont d'âge très rapproché, ils entrent en concurrence pour recevoir les soins de la mère et obtenir des ressources. |
Pourquoi des intervalles de plus de 5 ans sont moins bons pour la santé. On ne sait pas très bien pourquoi des intervalles de plus de cinq ans sont moins bons pour la santé des mères et de leurs enfants. Les chercheurs des EDS et du CLAP pensent qu’un intervalle de cinq ans ou plus après la dernière naissance fait perdre aux femmes la protection acquise à la suite de l’accouchement précédent, par exemple une réduction du risque de pré-éclampsie et d’éclampsie. Elles risquent donc d’avoir les problèmes de santé qui sont associés à une première grossesse. Pour leur part, leurs enfants pourraient aussi avoir des problèmes de santé, ou courir un plus grand risque de mort, tout comme les nouveau-nés.
Dans les pays en développement, beaucoup de femmes ont des problèmes de santé reproductive — par exemple une salpingite aigue et des fibromes utérins, et sont donc moins fécondes. Ces femmes ne peuvent tomber enceintes qu’à de longs intervalles (95, 140, 193), et leur plus grand risque de complications de la grossesse pourrait être imputable à des problèmes sous-jacents de santé reproductive, et non pas à des intervalles plus longs (1, 13, 20). |