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Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA. Volume XXX, Numéro 13 |
Intervalles préférés entre les naissancesDans beaucoup de pays, on constate aussi que les intervalles que préfèrent les femmes entre les naissances s’allongent. Au fur et à mesure que l’usage de la contraception se répand et que les normes sociales évoluent, il y a plus de gens qui choisissent des intervalles plus longs. Par exemple, une analyse a constaté que, entre le milieu des années 1980 et le début des années 1990, les intervalles préférés entre les naissances ont augmenté dans 11 pays de quatre régions — de 9 mois ou plus dans 3 pays (15). Dans une étude de neuf pays d’Afrique sub-saharienne qui avaient fait l’objet d’enquêtes répétées, les intervalles préférés par les femmes ont augmenté dans tous les neuf pays (142). Les intervalles médians préférés ont augmenté en moyenne de 5 mois entre les premières enquêtes, qui avaient été effectuées surtout durant les années 1980, et les enquêtes les plus récentes des années 1990. Les pays où l’accroissement de la longueur de l’intervalle était le plus prononcé étaient le Sénégal, avec une majoration de 9,2 mois, et le Mali, l’Ouganda et le Zimbabwe, chacun avec un accroissement de 7,6 mois.
Comparaison des intervalles effectifs et préférés. Dans la plupart des pays en développement, les femmes ont, entre la naissance de leurs enfants, des intervalles plus courts que ceux qu’elles préfèreraient (15). Cependant, dans plusieurs pays, comme l’Egypte et le Pakistan, les intervalles effectifs sont proches des intervalles préférés (160). Les pays où les intervalles préférés moyens entre les naissances sont les plus longs sont ceux où il y a les plus grandes différences entre intervalles préférés et effectifs. L’existence de gros écarts entre intervalles préférés et effectifs signifie qu’on traverse une période de transition entre une fécondité élevée et une faible fécondité ; en d’autres termes, que les buts de procréation sont en train de changer mais que, en matière de contraception, le comportement n’a pas encore suivi une évolution paral-lèle (141). Dans beaucoup de pays de l’Afrique sub-saharienne, les femmes sont les plus éloignées de leur but en ce qui concerne les intervalles entre les naissances — notamment aux Comores, dans le Rwanda, au Kenya, au Zimbabwe et au Ghana (par ordre de la longueur de l’écart). Aux Comores, les femmes doivent allonger le plus (d’un peu plus de la moitié, 17 mois) l’intervalle effectif entre les naissances pour atteindre l’espacement qu’elles préfèreraient, soit 47 mois (142) (voir tableau 6). Dans presque tous les pays de l’Afrique sub-saharienne, les femmes qui préfèrent des intervalles plus longs sont plus susceptibles d’avoir leur enfant précédent encore en vie, d’être plus âgées (jusqu’à 40 ans, quand le rapport se stabilise), d’avoir plus d’enfants vivants, de connaître et de pratiquer la contraception, d’approuver la planification familiale, et d’être mariées à un homme mieux éduqué (142). Si les femmes des pays où existent les différences importantes entre espacement de naissances effectifs et préférés attaignaient leurs objectifs, l’on enregistrerait un déclin important de la mortalité infantile. Au Kenya, la mortalité neonatale diminuerait de 11 %, la mortalité infantile de 13 % et la mortalité des moins de 5 ans de 17 % (142). | |||||
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