TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA
Décembre 1997 |
C'est la croissance démographique qui, avec les changements du niveau de vie et l'évolution des préférences alimentaires, conditionne pour une large part la demande d'aliments (3, 69, 99). Tout au long de l'histoire, les sociétés ont lutté pour maintenir l'offre alimentaire égale, voire supérieure, à la croissance démographique. Elles n'ont pas toujours remporté la victoire, témoin l'étendue des ravages de la malnutrition et des famines (69). A l'heure actuelle, la population mondiale augmente à raison de plus de 80 millions d'habitants par an — en d'autres termes, d'un milliard d'habitants tous les 12 à 13 ans (121). Une telle évolution est sans précédent. Il fallut attendre vers 1800 pour voir la population mondiale atteindre la barre d'un milliard. Il a fallu environ un autre siècle pour qu'elle passe à 2 milliards. L'accroissement de la population mondiale a, pendant les 50 dernières années, dépassé son chiffre des 4 millions d'années précédentes. On s'attend à voir la population mondiale atteindre 6 milliards d'habitants en 1999 (36). Selon les projections de l'ONU, le monde compterait en 2025 plus de 8 milliards d'habitants, dont 6,8 milliards dans les pays en développement (120, 121). Depuis les années 1960, le taux de la croissance démographique se ralentit. Aux termes de que les démographes ont appelé une révolution de la procréation, la fécondité a reculé dans les pays en développement au fur et à mesure que se répandait la pratique de la contraception. Les programmes de planning familial ont aidé des millions de couples à éviter les grossesses non souhaitées et ont donc contribué de façon importante à la réduction des taux de fécondité (30, 74, 80). Grâce aux programmes de planning familial qui ont été mis en place dans le passé, le monde a désormais 400 millions d'habitants de moins qu'il n'en aurait sans eux (7).
La population mondiale augmente à raison de 1,5 % par an aujourd'hui, contre 2 % par an durant les années 1960. Cependant, dans certains pays en développement, surtout en Afrique subsaharienne, la population continue de s'accroître de 2 % à 3,5 % par an, ce qui signifie que leur population doublera en 20 à 35 ans (72, 120, 121). Même des taux de croissance de 2 % ou moins contribuent puissamment à la croissance démographique, notamment parce qu'ils s'appliquent à une population plus nombreuse. Evolution des régimes alimentaires. Comme les niveaux de vie ont progressé dans de nombreuses parties du monde, il y a eu de plus en plus de gens qui ont décidé de consommer régulièrement de la viande et des produits laitiers au lieu de vivre entièrement de céréales telles que le riz, le maïs et le blé. Au fur et à mesure que la population consomme de la viande et des produits laitiers au lieu de consommer directement des céréales, il faut produire davantage de ces dernières pour maintenir la même valeur calorique. Quand on s'en sert pour nourrir le bétail, les céréales fournissent aux humains la moitié moins d'énergie alimentaire que dans le cas où la population les consomme directement (11, 31). Sous l'effet de l'évolution des régimes alimentaires et de la croissance démographique, la consommation mondiale de viande a presque quadruplé durant la seconde moitié de notre siècle — passant d'un chiffre estimé à 44 millions de tonnes en 1950 aux alentours de 200 millions de tonnes en 1995. Aujourd'hui, près de 40 % de la production mondiale de céréales sert à nourrir le bétail (11, 12). Cette évolution rend plus difficile de nourrir les pauvres de ce monde, qui n'ont souvent pas les moyens de consommer la moindre viande. |