TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA
Décembre 1997 |
Durant la plupart des 50 dernières années, la production alimentaire a dépassé l'accroissement de la demande. La population mondiale a doublé depuis la Deuxième guerre mondiale, mais la production alimentaire a triplé (22, 47, 83). Dans les pays en développement, le volume quotidien de calories disponible par personne est passé d'une moyenne de 1.925 calories en 1961 à 2.540 en 1992 (128). La production alimentaire mondiale s'est accrue depuis le début des années 1960, grâce surtout à la Révolution verte — adoption de l'assolement, production et emploi d'engrais à base de pétrole et de pesticides chimiques, expansion de l'irrigation et utilisation de cultivars (cultures) génétiquement supérieurs et résistants aux maladies (83, 94, 98, 99, 130). Il est possible cependant que la tendance évolue désormais vers le pire. Depuis 1990, environ, la production mondiale de céréales n'a que légèrement augmenté et, malgré le ralentissement de la croissance démographique, les approvisionnements en céréales par personne ont diminué. L'Afrique, qui est la région où la situation est la plus mauvaise, obtient actuellement près de 30 % de produits alimentaires de moins qu'en 1967 (54, 117). Les raisons de ce revirement de tendance sont non seulement une croissance démographique rapide, sur le plan de la demande, mais aussi de plus fortes densités de population dans les zones agricoles traditionnelles, la fragmentation des petites exploitations agricoles, une médiocre gestion des terres et des politiques agricoles et économiques peu appropriées, soit autant d'éléments qui font diminuer l'offre (47, 117). Comme le tiers de la population mondiale ne jouit pas actuellement de la sécurité alimentaire, la FAO estime que la production mondiale devrait doubler pour assurer la sécurité alimentaire aux 8 milliards d'habitants que doit compter la planète en 2025 (98, 99). En 2050, date à laquelle on prévoit une population mondiale de plus de 9 milliards, la situation serait encore plus difficile. Aux niveaux de consommation actuels, et même en tenant compte d'importations alimentaires supplémentaires, l'Afrique devrait augmenter sa production alimentaire de 300 % pour offrir des régimes alimentaires tout juste suffisants aux 2 milliards d'habitants qu'on prévoit en 2050. L'Amérique latine devrait augmenter sa production alimentaire de 80 % pour nourrir une population qu'on chiffre à 810 millions d'habitants ; et la production alimentaire de l'Asie devrait progresser de 70 % pour nourrir les 5,4 milliards d'habitants qui sont prévus. Même l'Amérique du Nord devrait augmenter sa production alimentaire de 30 % pour nourrir une population chiffrée à 384 millions d'habitants en 2050 (36, 85). Non seulement la croissance rapide de la population fait augmenter la demande de nourriture mais elle pourrait aussi commencer à faire diminuer l'offre (8, 33, 35, 99). Au fur et à mesure qu'on tire de meilleurs rendements de ressources naturelles utilisées à une cadence accélérée, les sols s'épuisent, l'eau douce se fait rare et la pollution s'intensifie. Dans ces conditions, il est fort possible que la capacité d'expansion de la production alimentaire diminue dans le monde en développement, au lieu d'augmenter (8, 22, 53, 65, 97, 199). |