TABLE DES MATIERES

        Chapitres
  1. Croissance démographique et besoins alimentaires
  2. La faim dans l'abondance
  3. Limites et obstacles
  4. Vers la sécurité alimentaire
  5. Coordination des politiques démographiques et agricoles

FAITS SAILLANTS


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXV, Numéro 4,
Décembre 1997
Distribution alimentaire

On pourrait améliorer la sécurité alimentaire de millions de gens si les vivres en provenance des pays excédentaires étaient mieux distribués aux pays déficitaires — en d'autres termes, aux pays dont la production ne suffit pas aux besoins (59, 98, 99, 117). Or, le système de commerce international n'aide guère les pays pauvres à couvrir leurs besoins alimentaires avec des importations.

La plupart des pays riches génèrent suffisamment de produits alimentaires pour se nourrir et aussi pour exporter. Les pays manufacturiers nantis qui ne produisent pas assez pour se nourrir ont les moyens d'importer au moins autant, sinon plus, de produits alimentaires qu'ils n'en ont besoin. Par ailleurs, les pays développés protègent leurs secteurs agricoles grâce à divers stimulants économiques et à des barrières commerciales — prix de soutien de produits clés, tels que blé et maïs et droits de douanes qui mettent les producteurs nationaux à l'abri des importations meilleur marché.

Par contre, les pays les plus pauvres, et notamment ceux à déficit alimentaire, n'exportent d'ordinaire qu'un ou deux produits bruts, tels que le caoutchouc et le cacao. Quand les prix des produits d'exportation diminuent sur les marchés mondiaux ou quand les prix des produits d'importation indispensables augmentent, ces pays sont durement frappés (54). Pendant les années 1980, les produits bruts exportés par les pays en développement ont perdu 40 % de leur valeur par rapport aux produits manufacturés qu'importaient ces pays (98). Entre 1982 et 1992, la valeur réelle du cacao a diminué de 60 %, celle du coton de 40 % et celle du caoutchouc naturel de 45 % (54). En 1991 — en un an à peine — on estime que l'Afrique a perdu 5,6 milliards de dollars à la suite des reculs des prix des produits de base (50). Cependant, les prix de certains de ces produits viennent de remonter, apportant un peu de répit aux balances commerciales des pays en développement (83).

D'ordinaire, la baisse des prix des produits est une bonne chose pour les consommateurs des pays riches ; par contre, elle est catastrophique pour les petits producteurs des pays pauvres (108). Durant les années 1970 et 1980, par exemple, tandis que les revenus agricoles réels augmentaient sensiblement dans la plupart des pays développés, ils diminuaient pour le producteur moyen des pays en développement (98). Pour maintenir leur pouvoir d'achat, ces agriculteurs pauvres essaient souvent de mettre en culture de nouveaux terrains marginaux, même si leur rendement à l'hectare est inférieur. Il peut arriver que les agriculteurs soient littéralement chassés de leurs terres, pour faire place à une agriculture axée sur l'exportation, quand les gouvernements essaient de contrebalancer la contraction de leurs recettes du commerce international (50, 82).

Les gouvernements nationaux et les organisations internationales peuvent aider à améliorer les systèmes de distribution alimentaire et peuvent adopter de nouvelles politiques qui rendent les produits alimentaires plus accessibles et moins onéreux. A long terme, estime la FAO, l'intensification de la coopération et du commerce régionaux est importante pour relever les niveaux de vie des pays pauvres (99) et offrir une alimentation à un prix plus modeste. En outre, une amélioration des marchés mondiaux au bénéfice des produits agricoles provenant des pays en développement pourrait aider à faire augmenter l'emploi dans ces pays, à relever les revenus, à réduire la faim et à atténuer les pressions que l'agriculture de subsistance exerce sur la base des ressources (83).

Cependant, la FAO estime en même temps qu'à lui seul le commerce international « ne peut pas résoudre les problèmes de pauvreté et d'accès (aux aliments) qui sont les clés de la sécurité alimentaire » (99). Etant donné les tendances actuelles de la croissance démographique et les modes de dégradation des terres, la FAO a averti que « les futures demandes nutritionnelles représentent un défi...aussi bien pour la production alimentaire que pour les moyens dont dispose l'environnement » (100).


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