TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA
Décembre 1997 |
Dans beaucoup de pays en développement, la croissance rapide de la population a entraîné, ces dernières années, une réduction brutale de la superficie arable par personne (voir Figure 3, Population et terres arables des pays en développement). En 1961, par exemple, l'ensemble des pays en développement disposaient en moyenne d'environ 0,3 hectare de terre arable par personne ; en 1992, ce chiffre était tombé à moins de 0,2 hectare. Si l'évolution actuelle de la croissance démographique et de l'utilisation des terres se poursuit, la superficie arable par personne en 2050 dépassera à peine 0,1 hectare (119). Au début des années 1990, lorsque la FAO a procédé à une enquête dans 57 pays en développement, plus de la moitié de toutes les exploitations avaient moins d'un hectare — soit une superficie insuffisante pour nourrir une famille de quatre à six enfants et produire un excédent pour la vente (98). En Inde, près des trois cinquièmes de toutes les exploitations ont moins d'un hectare (76). En Inde et dans d'autres pays où les fils reçoivent en héritage une part égale des terres, la dimension des exploitations diminue avec chaque génération. En outre, les terres sont de plus en plus concentrées entre les mains de quelques propriétaires terriens au détriment des exploitations familiales. Au Guatemala, par exemple, 3 % des exploitants contrôlent 65 % des terres agricoles les plus riches — et ces pourcentages sont caractéristiques de toute l'Amérique latine (89). Bien que la concentration des terres débouche souvent sur de meilleurs rendements, il y a de nombreux cas où des cultures d'exportation ont remplacé les cultures vivrières destinées à la consommation nationale. On a estimé la superficie susceptible d'être cultivée à 2 milliards d'hectares, soit environ 40 % de plus que les terres actuellement labourées. Cependant, les terres non cultivées sont surtout des terres marginales, aux sols pauvres, qui reçoivent trop de pluie, ou pas assez. Pour mettre ces terres en production, il faudrait mettre en place des réseaux d'irrigation ou prendre des mesures de bonification, qui coûtent cher. La FAO conclut que, en l'absence de nouveaux investissements financiers importants ou d'améliorations imprévisibles de la technologie, les accroissements de la production alimentaire devront se faire sur des terres qui sont déjà cultivées (19, 98, 99). Entre-temps, cependant, on est en train de perdre une grande partie des terres qui sont actuellement cultivées. On estime en effet que 5 à 7 millions d'hectares de terres arables disparaissent chaque année dans le monde (98) ; elles cessent de produire à cause de l'accélération de la dégradation des terres ou d'une urbanisation rapide. Au fur et à mesure que les superficies agricoles voient s'accroître la densité de leur population, les terres arables vont sans doute être l'objet de pressions grandissantes. Les rendements agricoles pourraient reculer au fur et à mesure que la terre se dégrade, compromettant ainsi l'existence de millions de producteurs qui pratiquent une agriculture de subsistance (56, 98, 99).
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